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Drones aériens pour la marine : Un démonstrateur du VSR700 va être réalisé

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Dans le cadre de la préparation du futur programme SDAM, grâce auquel la marine française disposera de ses premiers drones tactiques embarqués à voilure tournante, la Direction Générale de l’Armement a notifié le 29 décembre un contrat d’étude à Naval Group et Airbus Helicopters. « L’étude permettra d’instruire les principaux choix technologiques à réaliser sur le SDAM et de lever les risques techniques préalablement au lancement de la réalisation du programme. Le niveau de maturité technologique visé est un démonstrateur du système complet dans un environnement représentatif », expliquent les industriels. La DGA précise quant à elle que cette étude technologique de levée de risques s’étale jusqu’en 2021 et comprendra notamment des essais en vol depuis une frégate avec un démonstrateur.

 

Représentation du VSR700 avec des frégates FTI et FREMM (© NAVAL GROUP)

 

Sur la première FTI en 2023

Pour mémoire, le programme SDAM (Système de Drone Aérien pour la Marine) doit être lancé au cours de la prochaine loi de programmation militaire (2020-2025). L’état-major de la flotte française souhaite disposer d’une première capacité opérationnelle, complémentaire d'un l’hélicoptère embarqué, sur la première des cinq futures frégates de taille intermédiaire (FTI), dont la livraison par Naval Group est prévue fin 2023. Par la suite, les drones pourront bien entendu être embarqués sur les frégates du type FREMM, voire les La Fayette. 

Pour l’heure, la Marine nationale ne dispose que d’un seul drone, le petit Camcopter S-100 de la société autrichienne Schiebel, système de 200 kilos acquis en 2012 dans le cadre de l’expérimentation Serval. Celle-ci a permis de tester en conditions opérationnelles l’embarquement, la mise en oeuvre et le déploiement dans la durée d’un premier engin à voilure tournante. D'abord sur le patrouilleur hauturier L’Adroit, puis sur un bâtiment de projection et de commandement (BPC). Ce système, trop léger, ne répondait cependant pas aux besoins de la marine, qui veut un engin plus lourd. 

 

Le petit Camcopter S-100 sur le patrouilleur L'Adroit (© MARINE NATIONALE)

 

Une solution basée sur l’hélicoptère léger Cabri G2

Alliés depuis 2016 afin de proposer une offre commune pour le programme SDAM, mais aussi à l’export, Naval Group et Airbus travaillent sur le VSR700. Cette solution, développée par l’hélicoptériste européen, est basée sur la dronisation et l’adaptation d’un hélicoptère léger civil existant, le Cabri G2 de la société Guimbal. Une campagne de vols autonomes a débuté dès juin 2017 avec un prototype de cette machine de 700 kg, afin de valider l’intégration des systèmes de commandes de vol et la nouvelle installation motrice de l’appareil. Une expérience qui ouvre la voie au premier vol du VSR700 dès cette année. S’en suivra une longue période d’intégration et de tests, à terre puis en mer, en vue de disposer en 2021 d’un système complet, complètement intégré au système de combat du bâtiment porteur et disposant de l’ensemble de ses senseurs. 

 

L'hélicoptère Cabri G2 (© HELICOPTERES GUIMBAL)

 

Jusqu’à 10 heures d’autonomie et 150 kilos de charge utile

Agissant comme un capteur déporté, ce drone affichera une autonomie opérationnelle pouvant excéder 10 heures et aura une charge utile allant jusqu’à 150 kilos, « des performances jusqu’à présent dévolues aux appareils de classes et de tailles sensiblement supérieures » selon Naval Group et Airbus Helicopters. Le VSR700 pourra mettre en œuvre différents senseurs (radar, système électro-optique, AIS pour l’identification des navires…) et sera en mesure, le cas échéant, de déployer des effecteurs. 

Complémentarités entre Airbus et Naval Group

Dans le cadre du développement d’un système de drone embarqué à voilure tournante, Naval Group et Airbus Helicopters jouent d’évidentes complémentarités. Le premier, qui a commencé à travailler sur l’intégration de drones aériens sur des navires militaires dès 2005, s’est vu depuis confier par la DGA plusieurs études sur le sujet (PEA IND, PEA D2AD et Serval). Il assurera l’intégration de l’engin aux bâtiments qu’il conçoit et aux conditions d’emploi particulières dans un environnement marin et au sein d'opérations pouvant être interarmées et internationales. « L’intégration navale des systèmes de drones aériens nécessite une grande expérience des enjeux technico-opérationnels et des missions des marines afin de définir des architectures systèmes robustes, évolutives et adaptées à chaque besoin. Les systèmes de drones dialogueront avec le système de combat du navire et leurs missions seront opérées en tenant compte des informations des senseurs et de la situation tactique de référence du SDC. Véritable atout tactique, le système de drone est une composante organique du navire armé qui permet de démultiplier le potentiel opérationnel des forces navales », explique le leader européen du naval militaire.  

Airbus Helicopters, de son côté, amène évidemment, même si la plateforme retenue n’est pas la sienne, ses compétences aéronautiques, sur la base des nombreux modèles qu’il conçoit et produit dans les secteurs civils et militaires, en particulier les appareils intervenant en mer (hélicoptères militaires embarqués comme le Panther et le NH90 ou machines civiles exploitées à l’offshore telle la famille Super Puma). « Le système bénéficiera de tout le savoir-faire d’Airbus Helicopters en termes de pilotage automatique (gage d’une capacité unique d’appontage automatique par mers formées), de système de navigation autonome, de liaisons de données sécurisées, d’intégration de senseurs tels que radar et moyens optroniques, de gestion de systèmes de mission complexes et de certification d’aéronefs militaires. Cette expérience acquise depuis plus de 70 ans permet à Airbus Helicopters de concevoir un système de drone qui réponde parfaitement au besoin de la Marine nationale. Le véhicule aérien dispose d’une faible empreinte logistique limitant les opérations et les coûts de maintenance ainsi qu’un encombrement autorisant un emploi simultané avec un hélicoptère embarqué sur différents bâtiments de surface ».

Naval Group et Airbus Helicopters assureront la maîtrise d’œuvre Industrielle de l’étude que vient de notifier la DGA. Agissant comme autorité de conception, ils fédéreront d'autres acteurs français de la filière, avec comme principaux partenaires sous-traitants Hélicoptères Guimbal, Safran, Thales et l’ONERA.

 

Naval Group (ex-DCNS) Airbus Helicopters