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Drones : Airbus met fin au programme Tanan

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Drones : Airbus met fin au programme Tanan

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Dévoilé en 2014, le drone aérien embarqué Tanan ne verra finalement pas le jour. « Après une étude approfondie avec nos ingénieurs, nos fournisseurs et nos clients potentiels, nous avons décidé d’arrêter le Tanan », explique-t-on chez Airbus Defence & Security. Comme d’autres industriels, le groupe européen a été forcé de constater que le marché des engins sans pilote du type VTOL (Vertical Take-off and Landing), présenté comme un nouvel Eldorado il y a quelques années, ne décolle toujours pas.

Contraintes budgétaires et engins jugés trop légers

Certes, les marines demeurent intéressées par le concept des UAV (Unmanned Aerial Vehicle), qui permettent de remplacer à moindre coût l’hélicoptère pour de nombreuses missions, en particulier la surveillance et l’identification. Mais les forces navales les plus modernes, clientes naturelles de ces engins, sont pour la plupart confrontées à des contraintes budgétaires qui les obligent à concentrer les moyens financiers sur des programmes plus sensibles.

Alors que de nombreux tests ont été réalisés ces dernières années, il apparait en outre que les drones actuellement proposés sont souvent trop légers. Il en résulte des restrictions de mise en œuvre par mauvais temps et des capacités réduites.

Evolution des besoins

Bien que plus imposant qu’un appareil comme le Camcopter S-100 de Schiebel, avec une masse de 300 à 400 kilos, le Tanan, avec sa charge utile de 80 kg, n’est pas suffisamment lourd pour répondre aux futurs besoins des marines, qui ont évolué depuis les études menées sur les premiers drones embarqués. Désormais, les militaires réfléchissent en effet à des engins de plus grand gabarit offrant d’importantes capacités, tant en matière de senseurs que d’effecteurs et de rayon d’action.

 

Le Tanan imaginé avec une Gowind (© DCNS)

Le Tanan imaginé avec une Gowind (© DCNS)

 

De nouveaux concepts à l’étude

C’est pourquoi, considérant le marché trop réduit pour cet engin, Airbus Defence & Security a décidé d’arrêter son développement. Cela étant, le groupe européen ne jette pas l’éponge sur les drones navals. Les bureaux d’études du groupe planchent sur de nouveaux concepts plus adaptés aux besoins tels qu’ils apparaissent désormais à l’horizon 10/15 ans, période où les industriels estiment que les drones prendront véritablement leur essor sur les bateaux. « Nous continuons de croire dans la technique des VTOL et nous étudions de très près des solutions plus proches du marché, dont nos projets doivent suivre l’évolution ». Il conviendra également de voir comment développer des engins pouvant répondre à des applications civiles ou militaires afin de réduire les coûts.

Capitaliser sur les développements réalisés

Pour se faire, les ingénieurs d’Airbus pourront notamment s’appuyer sur l’expérience acquise avec le Tanan, qui disposait d’atouts très intéressants, dont un moteur spécialement développé pour cette utilisation et fonctionnant au diesel, carburant identique à celui des navires et leurs embarcations rapides.

En attendant, le groupe continue de commercialiser le drone DVF 2000 Tracker, conçu par sa filiale Survey Copter. Mis en œuvre via une catapulte ou manuellement, ce petit système de surveillance avait été testé en 2014 à bord d’un aviso de la marine française. 

 

Le DVF 2000 (© MARINE NATIONALE)

Le DVF 2000 (© MARINE NATIONALE)

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