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Drones de surface : une nouvelle approche du combat naval
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Drones de surface : une nouvelle approche du combat naval

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Dans le domaine militaire, la dronisation des bâtiments de surface (USV[1]) est en route. Des projets sont initiés un peu partout dans le monde comme en Grande-Bretagne (projet « NavyX ») ou en Turquie (projet « Ulaq »). Le plus souvent, ils visent à la construction d’USV de petite taille, de l’ordre de 15m, avec des ambitions limitées aux domaines de la guerre des mines et de la défense maritime du territoire ou de sites.

Comme souvent, ce sont aux États-Unis que se trouvent les projets les plus aboutis. L’ambition de la marine américaine est d’avoir, d’ici 10 à 20 ans, des USV déployés sur tous les océans et capables de durer plusieurs mois en mer sans intervention extérieure. Une escadre, le SURFDEVRON ONE[2] a même été créée en mai 2019 avec pour double mission d’intégrer les nouvelles technologies au sein de l’US Navy et d’accélérer le développement de nouveaux concepts de guerre navale. Dotée pour le moment de quatre USV (deux de taille moyenne[3] « MUSV » et deux de grande taille[4] « LUSV »), elle poursuit des expérimentations autour de ces deux objectifs. Une aubaine pour avoir une idée de la place que prendront les USV dans le futur !

Techniquement, de nombreux défis se posent encore :

- Tout d’abord, l’architecture de ces bâtiments sans marins sera bouleversée. Il faudra notamment la redéfinir en prenant en compte la suppression des espaces de vie et un agencement centré sur les tâches de maintenance.  

- Ensuite, le partage et les modalités de ce qui relève de l’auto-entretien (par l’USV lui-même) et de ce qui relève de l’entretien par l’homme devra être précisé.

- La place du C2[5] et notamment les modalités d’intégration à la chaîne de commandement et la place de la station de contrôle (à terre aux Etats-Unis, sur une base avancée ou bien embarquée à bord d’un bâtiment habité) se pose également.

- Enfin, la résilience des moyens de communications apparait primordiale : une liaison permanente doit pouvoir être établie avec l’USV pour pouvoir le télé-opérer ou a minima le télé-superviser et lui permettre de diffuser au sein de la force les données qu’il recueille. D’une manière plus générale, la maîtrise du spectre électromagnétique et la résistance face à des agressions cyber (ou plus simplement à la prise de contrôle par vol) doivent donc être garanties.

Ces problématiques sont étudiées de manière empirique par le SURFDEVRON. A ce jour, un des LUSV a déjà parcouru 4700 Nq, en un transit, entre la côte Ouest et la côte Est des États-Unis (en passant par Panama). Fin 2020, il a également participé à l’exercice amphibie « Dawn Blitz » aux côtés de bâtiments armés par des marins et sous les ordres directs du commandant de la force. Dans les deux cas, il a navigué 97% du temps en autonomie dans le total respect du RIPAM[6]. Ces expérimentations prennent d’autant plus d’importance