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SCAF : les enjeux de la navalisation du NGF
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SCAF : les enjeux de la navalisation du NGF

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Comme le Charles de Gaulle avec les anciens Super Etendard Modernisés (SEM), qu’il a embarqués de 2000 à 2016, le porte-avions de nouvelle génération (PANG) débutera sa carrière à la fin des années 2030 avec un groupe aérien embarqué (GAé) comprenant des Rafale Marine, qui continueront d’évoluer dans les prochaines années. Puis ces appareils, dont les premiers furent mis en service en 2001 (à l’époque uniquement dans une version air-air retrofiée ensuite), seront remplacés par les New Generation Fighters (NGF), avec une période plus ou moins longue de cohabitation. Le GAé comprendra également des avions de guet aérien et de commandement E-2 D Advanced Hawkeye, dont trois exemplaires vont être commandés pour succéder aux actuels E-2C à la fin de cette décennie, ainsi que des hélicoptères et des drones.

Le NGF est l’un des éléments du programme de système de combat aérien futur (SCAF) lancé en 2017 par la France et l’Allemagne, auxquelles s’est associée l’Espagne l’année suivante. Aussi appelé FCAS (future combat aerial system), il permettra d’interconnecter les moyens aériens actuels de chaque pays avec le NGF mais aussi un ensemble de nouveaux drones et armements mis en œuvre par les avions, depuis la terre ou des plateformes navales. Parmi eux, les Remote carriers, drones dotés de différentes charges utiles suivant les missions (attaque, guerre électronique, surveillance…) et qui pourront agir en essaims. Avant d'embarquer sur le NGF, ils devraient être intégrés à de futures versions du Rafale. 

Concept de Remote Carrier (1.8 m de long, 180mm de diamètre, 150 kg) (© MBDA)

Concept de Remote Carrier (1.8 m de long, 180mm de diamètre, 150 kg) (© MBDA)

Concept d'essaim de drones déployé depuis un Rafale (© MBDA)

Concept d'essaim de drones déployé depuis un Rafale (© MBDA)

 

Un système en réseau pour contrecarrer les stratégies de déni d’accès

Conçu pour fonctionner comme un réseau intelligent, le SCAF est présenté comme une réponse aux stratégies de déni d’accès combinant à grande échelle les moyens sol-air et air-air. Il doit permettre de garantir une supériorité aérienne localement et temporairement pour assurer le passage des raids d’avions et d’effecteurs aériens. En complément des NGF et de leurs nouveaux armements (dont des missiles supersoniques et à longue portée), les Remote carriers, déployés par des avions ou depuis d’autres plateformes, contribueront à pénétrer les dispositifs de défense adverses. Pour cela, ils apporteront des effets multiples létaux et non létaux (renseignement, ciblage, confusion des senseurs de l’ennemi). Le programme, dont le premier contrat cadre a été notifié en février 2020, est industriellement porté par Airbus et Dassault Aviation, avec comme grands partenaires Safran, MTU, Thales et MBDA. Un démonstrateur doit voler à partir de 2026. Le lancement de la phase de développement du démonstrateur interviendra l’année prochaine, 3 milliards d’euros étant prévus à cet effet dans le projet de loi de finances 2021.

Intégrer dès l’origine les spécificités d’un emploi sur porte-avions

Appelé à succéder progressivement au Rafale et à l’Eurofighter à partir de 2040, le NGF devra, dès l’origine, intégrer sa navalisation pour permettre une mise en œuvre sur le ou les futurs porte-avions français. Le dimensionnement du PANG et son orientation capacitaire seront d’ailleurs étroitement liés

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