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Construction Navale

Reportage

Dubaï Drydocks veut se diversifier vers la croisière et les EMR

Construction Navale

Les infrastructures sont impressionnantes. En bordure immédiate du centre-ville, en face de Dubaï Maritime City qui regroupe une bonne partie des entreprises maritimes et navales de l’émirat, les bateaux s’alignent dans les formes de Dubaï Drydocks. « Ici, nous avons la capacité d’accueillir dix ULCC (pétroliers de plus de 300.000 tonnes) en même temps », dit Hashim Gardezi, directeur commercial du chantier.

 

(MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

(MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

 

Créée en 1983, en plein boom de l’offshore, Dubaï Drydocks est le plus grand complexe de réparation navale du Moyen-Orient : trois formes de radoub (411 x 80 mètres, 521 x 100 et 366 x 66), 3700 mètres de quais, un bassin entièrement dédié à la conversion (650 x 60 mètres avec une grue flottante de 2000 tonnes)… « Nous avons un historique lié aux navires de l’industrie pétrolière et parapétrolière ainsi qu’aux plateformes. Nous avons commencé par les réparer, puis à en construire des neufs (remorqueurs, navires sismiques) à partir de 1994 et ensuite nous nous sommes lancés dans les conversions de FPSO à partir de 1996 ». Sur les 8500 chantiers menés par le groupe depuis sa création, une très grande majorité concernait les unités offshores.

Même s’il s’agit encore du cœur de métier et que l’on croise encore beaucoup de FPSO et de pétroliers dans les cales de Dubaï Drydocks, les temps changent. Le groupe a été bien secoué par la crise financière qui a frappé Dubaï en 2008 puis par l’effondrement du prix du pétrole ces dernières années. En septembre dernier, il a été vendu par Dubaï World, le conglomérat public de l’émirat, à Dubaï Ports World. L’opérateur de terminaux portuaires, également filiale du gigantesque groupe public dubaïote, n’a déboursé que 225 millions de dollars pour l’acquérir.

 

(DROITS RESERVES)

(DROITS RESERVES)

 

Et depuis quelques mois, le vent de la diversification souffle. « Nous avons mis en place des capacités de constructions neuves, avec notamment un espace entièrement dédié à la fabrication de méga-blocs », précise Hashim Gardezi. Pour quelle industrie ? Les responsables du chantier sont discrets mais des récentes commandes témoignent de l’apparition d’une nouvelle clientèle : à côté de pièces pour le FLNG Prelude ou la plateforme Johan Carstby de Statoil, le chantier travaille également sur des modules destinés à l’éolien offshore et notamment les sous-stations électriques. Il a ainsi déjà réalisé la plateforme de la très grosse station Dolwin Beta, avec Aibel et ABB, qui va servir plusieurs champs allemands et BorWin 3, avec Siemens et Petrofac.

Plus récemment encore, le chantier a réalisé son premier arrêt technique de paquebot avec l’AIDAstella. « Le bateau s’est arrêté huit jours et nous avons accueilli plus de 500 personnes venues d’Europe pour travailler sur le chantier », détaille Hashim Gardezi. Deux autres demandes auraient déjà été formulées par le groupe Carnival, maison-mère de la compagnie allemande AIDA Cruises. « C’est un marché qui est très intéressant pour nous ». Dubaï entend aussi profiter de sa position favorable si le marché de la croisière confirme une tendance vers des positionnements orientaux.