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Eaux de ballast: BIO-UV a le vent en poupe

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Eaux de ballast: BIO-UV a le vent en poupe

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BIO-UV Group, une PME basée à Lunel dans le sud de la France, profite pleinement du marché nouveau lié au traitement des eaux de ballast (estimé à 7.5 milliards de dollars par la société). Entrée en bourse cet été, elle réalise un chiffre d’affaires sur ce secteur supérieur de 50% en 2018 par rapport à l’année précédente. Son produit phare est le BIO-SEA, un système de filtration à deux niveaux. Elle vient d’en équiper le super porte-conteneurs Antoine de Saint-Exupéry de CMA CGM. Ce mastodonte de 20.600 EVP et 400 mètres de long effectue des rotations entre l’Europe et la Chine. La capacité de filtrage du BIO-SEA installé est de 2000m3/h.

Avec l'entrée en vigueur, en septembre 2017, de la convention de l'OMI sur le traitement des eaux de ballast, les armateurs sont tenus de disposer d'un système approprié. On assiste actuellement à des investissements répétés dans ce sens de la part des compagnies devant se conformer à la réglementation.

 

 

 

Un système de filtrage dual

BIO-SEA est un système à deux niveaux. En premier lieu, l’eau captée passe dans un filtre mécanique avec un tamis. Elle est ensuite dirigée vers des réacteurs à UV-C. Les ultra-violets C détruisent l’ADN des micro-organismes sans aucun ajout de produit chimique. Dans le sens inverse, lors d’un déballastage, seule une désinfection UV est entreprise. La machine est automatisée et prévue pour s’adapter à la quantité d’eau à traiter.

Pour BIO-SEA, la société a reçu deux certifications, l’une de l’OMI en 2013 et l’autre de l’US Coast Guard en 2018. De fait, l’outil est conforme au niveau mondial et américain. Selon BIO-UV Group, seules trois sociétés dans le monde disposent de cette double certification dans le domaine des UV.

 

Le système BIO-SEA peut traiter de 30 à plus de 2000 m3/h (© BIO-UV GROUP)

Le système BIO-SEA peut traiter de 30 à plus de 2000 m3/h (© BIO-UV GROUP)

 

Double commande avec CMA CGM

Le système sur le Saint-Exupéry a visiblement séduit CMA CGM qui a décidé de garder le même fournisseur pour deux autres commandes.

La première concerne ses futurs géants de 22.000 EVP, construits en Chine par CSSC. Les navires fonctionnant au GNL seront donc nativement équipés. Ils doivent être mis en service à partir de 2020.

Quant à la seconde, il s’agit du retrofitage de 8 porte-conteneurs de la série Opéra (CMA CGM Tosca, Nabucco, le Parsifal, La Traviata, Don Carlos, Don Giovanni et Carmen). Ceux-ci mesurent 334 mètres de long pour une capacité de 8500 EVP environ et ont été construits en Corée par Hyundai Heavy Industries. C’est une très belle réussite pour la petite entreprise héraultaise.

D’autres clients en France et à l’international

BIO-UV Group a aussi remporté des contrats avec d’autres clients en France et à l’international. La firme va notamment équiper trois barges de Damen mobilisées en Asie et en Russie dans le cadre de la construction d’une usine gazière. Le canadien MacAsphalt va aussi faire appel à elle pour un transporteur d’asphalte naviguant sur les Grands Lacs canadiens. Enfin, le Ciudad de Cadiz, un RoRo qui effectue des liaisons pour Airbus via LD Seaplane, doit lui aussi recevoir un BIO-SEA.

 

Le Ciudad de Cadiz à Brest en 2017 (© MICHEL FLOCH)

Le Ciudad de Cadiz à Brest en 2017 (© MICHEL FLOCH)