Marine Marchande
Ebba Victor : Affaire à suivre...

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Ebba Victor : Affaire à suivre...

Marine Marchande

Grâce à une forte mobilisation des « gens de mer » brestois, Claude Foko a pu enfin quitter son cargo immobile. L'affaire est cependant loin d'être résolue.
Lundi dernier, Claude Foko a enfin quitté Brest. Après 18 mois de galère sur le navire Ebba Victor, le marin mécanicien a pu rejoindre sa famille au Cameroun grâce à la solidarité des « gens de mer ». « L'affaire est gagnée mais en partie seulement puisque le propriétaire du navire doit de l'argent et doit rendre des comptes », a précisé, Jean-Paul Hellequin, porte-parole et secrétaire adjoint du syndicat CGT des Marins du Grand Ouest. dans un communiqué de presse.
Pour lui, la coque de l'Ebba Victor est désormais devenu un véritable casse-tête juridique : « Cet engin n'est enregistré sous aucun registre, il n'a donc ni pavillon, ni nationalité. Est-il seulement assuré ? Que se passera-t-il en cas d'incendie ou de naufrage ? Cet engin est en parfaite illégalité avec les lois internationales de l'Organisation Maritime Internationale et autres. Les autorités sont officiellement informées de la situation de cette coque depuis le premier octobre dernier, que comptent-elles faire ? ».
Dans un courrier adressé à Armand Fokam, propriétaire du navire (désormais considéré d'un point de vue administratif comme un engin flottant), Jean-Paul Hellequin a précisé ses ultimes exigences comme celle de saisir l'Ebba Victor le plus rapidement possible et de le détruire afin de récupérer l'argent nécessaire aux remboursements.
Soit, selon le porte-parole syndicaliste : « 5800 euros d'arriérés de salaires à verser à Claude Foko, 2000 euros de frais du Lamanage ainsi que les frais engagés par l'Association pour la Gestion des Institutions Sociales Maritimes, l'AGISM ».
Au propriétaire du navire Ebba Victor, le syndicat CGT des Marins du Grand Ouest a également exigé qu'aucun marin ne puisse rejoindre bord avant le paiement de tous les salaires dus à Claude Foko, le marin oublié.
Des copies de ce courrier ont aussi été adressées aux administrations françaises concernées afin qu'elles puissent jauger la situation. Déterminés, Jean-Paul Hellequin et ses amis vont continuer de suivre, avec attention, cette affaire jusqu'à son dénouement. « C'est une affaire de principe et d'engagement ! » selon eux.
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Stéphane DUGAST

Port de Brest