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ECA et Mauric travaillent sur des bateaux-mères pour la guerre des mines robotisée
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ECA et Mauric travaillent sur des bateaux-mères pour la guerre des mines robotisée

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Repris fin 2016 par ECA Group, le bureau d’architecture navale Mauric s’est logiquement penché sur l’un des domaines de prédilection de sa nouvelle maison-mère : la guerre des mines. Sur ce marché, ECA propose toute une gamme de drones de surface (USV), de drones sous-marins (AUV) et de robots télé-opérés (ROV) chargés de détecter, identifier et neutraliser les mines. Des engins qui peuvent être mis en œuvre à partir de la terre ou depuis des bateaux-mères.

Pour ces derniers, Mauric a travaillé sur des designs de navires spécifiquement adaptés aux drones d’ECA et qui reprennent certaines caractéristiques de patrouilleurs précédemment conçus par l’entreprise. Deux modèles sont notamment commercialisés. Long de 32 mètres pour une largeur de 7.5 mètres, l’Octopeda 300 est un navire proposé en aluminium ou matériaux composites capable d’atteindre 20 nœuds et de franchir 1000 milles à 15 nœuds. Offrant une autonomie d’une semaine et mis en œuvre par un équipage de 8 marins, auxquels s’ajoutent 4 personnels dédiés à la mission,  il peut déployer différents drones. D’abord deux AUV légers de détection et de classification du type A9 (2 mètres de long, 23 centimètres de diamètre, 70 kilos), qui sont équipés d’un sonar latéral. S’y ajoutent deux ROV d’identification et d’inspection de type Seascan (1.6 mètre de long, 50 kilos) dotés notamment de caméras, ainsi que six ROV dédiés à la neutralisation des mines. Ces engins de type K-Ster C, dotés d’une charge se creuse, sont des consommables et se font exploser avec la mine.

 

 

(© : ECA GROUP)

(© : ECA GROUP)

 

Le navire embarque aussi un drone aérien du type IT180, également développé par ECA. Capable de résister à des vents de 50 nœuds, ce petit UAV (22 kg) peut notamment servir de relais radio entre le bateau-mère et les drones marins, en volant entre 100 et 150 mètres d’altitude.

 

L'Octopeda 500 (© : ECA GROUP)

L'Octopeda 500 (© : ECA GROUP)

 

Plus grand, l’Octopeda 500 mesure 50 mètres de long pour 10.6 mètres de large, avec une coque en acier et une superstructure en aluminium. Ce navire, capable de rester trois semaines en opération avec une distance franchissable de 2500 milles à 12.5 nœuds, est conçu pour un équipage de 14 marins et 8 personnels spécialisés. Il est doté sur l’arrière d’une rampe pour la mise à l’eau d’un USV du type Inspector 120. Version agrandie de l’Inspector 90 déjà vendu à plusieurs pays étrangers par ECA, ce drone de surface de 12.3 mètres de long pour 4.2 mètres de large met en œuvre plusieurs charges utiles via un changement de configuration. Par exemple un sonar tracté ou un AUV de taille moyenne du type A18 M (3.8 mètres de long, 50 centimètres de diamètre et 370 kilos) pour la détection de mines. Pour les missions d’identification et de neutralisation, l’Inspector 120 peut emporter deux ROV Seascan et jusqu’à huit ROV K-Ster C.

 

L'USV Inspector 120 avec un AUV léger (© : ECA GROUP)

L'USV Inspector 120 avec un AUV léger (© : ECA GROUP)

L'USV Inspector 120 avec deux ROV Seascan et huit K-Ster C (© : ECA GROUP)

L'USV Inspector 120 avec deux ROV Seascan et huit K-Ster C (© : ECA GROUP)

Sonar tracté sur un Inspector 90 (© : ECA GROUP)

Sonar tracté sur un Inspector 90 (© : ECA GROUP)

 

La capacité d’emport de l’Octopeda 500 est d’un Inspector 120, deux AUV légers du type A9, deux Seascan, 10 K-Ster C et un à deux IT180.

En dehors des design de navires, Mauric travaille également avec ECA afin de développer des systèmes de lancement et de récupération (LARS) des drones, équipements constituant un point critique des concept de guerre des mines basés sur des engins autonomes. En dehors des rampes pour les USV, des systèmes de cages ont notamment été testés pour les plus gros AUV de la gamme, à l’instar de l’A27, un drone lourd de 5 mètres de long pour plus de 70 centimètres de diamètre équipé d’un sonar SAMDIS (Thales) et capable de plonger à 300 mètres.

 

LARS en forme de cage présenté la semaine dernière par ECA lors d'un voyage de presse (© : MER ET MARINE)

LARS en forme de cage présenté la semaine dernière par ECA lors d'un voyage de presse (© : MER ET MARINE)

 

Ces LARS devraient en toute logique intégrer l’offre de Naval Group (allié à Piriou via Kership) dans le cadre de la compétition autour des futurs moyens de guerre des mines belges et néerlandais, pour lesquels la remise des offres intervenait le 2 octobre, jour où ECA a officiellement dévoilé l’Inspector 120, qui fait sans doute partie du package. Craignant une lutte fratricide, le ministère français des Armées n’est en effet pas parvenu à éviter une seconde proposition tricolore sur le projet belgo-néerlandais, où était déjà engagé le consortium Sea Naval Solutions comprenant les Chantiers de l’Atlantique, Socarenam et le belge EDR. Le tout avec Thales pour le système de drones, sur la base d’une déclinaison du programme franco-britannique MMCM, destiné à renouveler les moyens de guerre des mines de la Marine nationale et de la Royal Navy. Un programme dans lequel ECA n’a été retenu que pour l’A27, Paris et Londres choisissant d’autres fournisseurs pour l’USV et les ROV. La société de robotique française avait donc tout intérêt à se rapprocher de Naval Group pour tenter de vendre un système complet (USV – AUV – ROV), ce qui a du même coup probablement conduit Sea Naval Solutions à trouver pour son offre une solution alternative.

 

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