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Edeis est préssenti pour la gestion des ports de Saint-Malo et Cancale

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Edeis est préssenti pour la gestion des ports de Saint-Malo et Cancale

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Coup de tonnerre ! La Région Bretagne a placé Edeis en pole position pour prendre en main les destinées des ports de Saint-Malo et de Cancale détenues par la Chambre de commerce depuis 1957. La Chambre consulaire bretillienne est pour le moment la grande perdante de ce duel livré depuis le début d’année.

Le verdict doit officiellement tomber le 4 novembre. Les bruits de coursives font état depuis plusieurs jours de la bonne fortune d’Edeis, un groupe d’ingénierie et de gestion d’infrastructures. Exemple, un document de la CGT portuaire annonçant une assemblée générale pour ce jeudi 26 septembre avec à l’ordre du jour un sujet sur « l’attribution de la future DSP à la société Edeis au 1er janvier 2020 ».

Un port déclinant


La concession concerne quatre activités et deux sites : la pêche sur les ports de Saint-Malo et de Cancale et, seulement sur Saint-Malo, le trafic de marchandises, le transport de voyageurs depuis le terminal ferry du Naye et la réparation navale.

La CCI 35 a pourtant mis le paquet pour conserver son bien. D’autant qu’elle avait été retoquée une première fois, la Région Bretagne lui demandant de revoir sa copie. Elle avait mis au point avec ses partenaires, dont la CCI 29, le Crédit agricole et la Banque populaire Grand Ouest (BPGO), un plan ambitieux de 150 M€ d’investissement pour les 25 ans à venir afin de donner un coup de jeune et un nouvel élan aux infrastructures portuaires.

Ces bonnes intentions n’ont visiblement pas suffi à convaincre le Malouin Martin Meyrier, vice-président chargé de l’Économie et en charge du dossier. D’autant que le pavillon du port malouin, hissé depuis 62 ans par l’actuel délégataire, pique du nez avec une érosion constante de son trafic.


10 millions d'euros pour l’environnement


Edeis n’est pas un inconnu en Bretagne. Outre la construction d’usines et de bâtiments industriels notamment dans l’agroalimentaire, le groupe fort d’un millier de salariés assure la gestion de l’aéroport de Vannes.

En débarquant sur Saint-Malo, l’offre a tout de suite séduit. Fort habilement, l’entreprise a joué cartes sur table en y associant les forces vives locales et les Malouins intéressés à l’avenir du port lors d’une réunion le 11 avril en présence de Jean-Luc Schnoebeln, le patron d’Edeis. Tout en prenant bien soin de ne pas dépasser une ligne jaune et de respecter les règles du jeu imposées par l’appel d’offres.


« Même si tu t’appelles Saint-Malo, il faut aller chercher du trafic », avait confié au Télégramme le 10 août dernier Vincent Claudon. Le directeur du développement d’Edeis compte sur la capacité de sa société à gérer les aérogares pour mener à bien les travaux envisagés sur le Naye avec de nouvelles rampes. Côté environnement, Edeis envisage un effort financier important à hauteur de 10 M €. Edeis a entrepris un gros travail de terrain pour rencontrer et associer le monde associatif malouin et cancalais à son projet.

« Edeis est devant »


Bref, ce souffle de fraîcheur et de renouveau a visiblement fait pencher la balance de son côté. Interrogé sur l’état d’avancement de sa réflexion, le Conseil régional confirme avoir fait « l’analyste et la notation des deux offres sur la base des critères et sous-critères du cahier des charges. La candidature Edeis arrive devant. Maintenant, le Conseil régional va poursuivre des négociations avec le candidat pressenti afin de tenter de finaliser un contrat de concession. S’il est finalisé, et seulement à cette condition, il sera soumis le 4 novembre au vote de la commission permanente de la Région ».

On le voit, il reste encore une toute petite chance à la CCI 35 de revenir dans le jeu pour tenter de harponner la nouvelle concession de 10 ans, qui débutera le 1er janvier 2020.

Un article de la rédaction du Télégramme

Port de Saint-Malo