Energies Marines
EDF retenu pour le parc éolien de Dunkerque

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EDF retenu pour le parc éolien de Dunkerque

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A l’occasion de sa visite à Saint-Nazaire vendredi dernier, François de Rugy, ministre de la Transition écologique, a annoncé le lauréat de l’appel d’offres pour le développement d’un parc éolien offshore au large de Dunkerque. C’est le consortium emmené par EDF Energies Nouvelles, allié à l’allemand Innogy et au canadien Enbridge qui a été retenu. Il va construire un champ composé de 45 machines de très forte puissance (au moins 12 MW) situées à plus de 10 kilomètres de côtes. Prévu pour entrer en service en 2026, ce projet, d’une puissance de près de 600 MW, permettra selon EDF EN de produire l’équivalent d’environ 40% des besoins en électricité du département du Nord. « La concertation engagée avec les acteurs locaux en phase d’appel d’offres va se poursuivre encore plus activement. A ce titre, les partenaires prévoient la saisine de la Commission Nationale du Débat Public dans les mois à venir », explique le consortium.

Cette attribution porte à quatre le nombre de champs éoliens dont EDF EN pilote le développement au large des côtes hexagonales. Les trois autres sont issus du premier appel d’offres français pour l’éolien offshore, dont les lauréats ont été choisis en 2012. Il s’agit de Guérande-Saint-Nazaire (80 éoliennes Haliade de 6 MW fournies par GE pour une capacité installée de 480 MW),  Fécamp (83 machines, 498 MW) et Courseulles-sur-Mer (75 machines, 450 MW), les deux derniers allant être équipés de turbines Siemens-Gamesa en lieu et place des Haliade initialement prévues, conformément à un accord conclu avec General Electric en avril dernier.

Après sept années de parcours du combattant, tant sur le plan administratif que juridique, le premier de ces parcs, celui du banc de Guérande, va enfin pouvoir voir le jour. Début juin, le Conseil d’Etat a en effet rejeté l’ultime recours déposé contre ce projet, qui va maintenant pouvoir être mené à bien avec un objectif de mise en service en 2022. Les autres projets sont quant à eux toujours en attente de voir les derniers recours purgés.

Tirant les leçons des déboires des premiers projets et des retards considérables dont ils souffrent, différentes mesures ont été prises par le gouvernement. D’abord, un encadrement strict dans le temps des possibilités de recours et des délais d’instruction des dossiers par un tribunal compétent sur ces questions, en l’occurrence celui de Nantes. Ensuite la création d’un « permis enveloppe ». Calqué sur le modèle juridique prévalant en Allemagne et aux Pays-Bas, il prévoit que c’est désormais l’État qui sélectionne le lieu d’implantation des futurs champs et obtient l’autorisation environnementale en amont de la procédure d’appel d’offres. Celle-ci est ensuite transférée au lauréat afin que ce dernier puisse plus facilement lancer la construction des parcs concernés.

Le projet de Dunkerque bénéficie de ce dispositif. Et constitue une avancée importante pour les projets français d’éoliennes en mer puisqu’EDF et ses partenaires se sont engagés sur 20 ans à produire une énergie à un coût inférieur à 50 euros par mégawattheure, au meilleur niveau européen et surtout très en deçà du prix des premiers projets en 2012 (autour de 200 euros). « La filière française était confiante sur sa capacité à prouver la compétitivité de l’éolien en mer, à l’image de nombreux voisins européens. L’incertitude pesant sur les prix futurs est désormais dissipée : l’éolien maritime vient de démontrer sa capacité à proposer des prix très compétitifs. Le projet lauréat, retenu à un tarif inférieur à 50€/MWh, est le nouveau marqueur d’une filière d’avenir, mature et prête à contribuer largement à la transition énergétique du pays », s’est félicité France Energie Eolienne.

De quoi, normalement, donner un coup d’accélérateur à la filière, alors que le premier ministre Edouard Philippe a annoncé le 12 juin que les objectifs assignés à l’éolien en mer dans la Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE) vont être relevés. D’ici 2024, 1 GW d’appels d’offres en moyenne devraient être attribués par an, au lieu de 750 prévus jusqu’ici. Cela couvrira les prochains projets de parcs posés, notamment au large de la Normandie et d’Oléron,  mais aussi le développement de fermes flottantes, François de Rugy ayant notamment annoncé l’attribution d’un projet pour une vingtaine de machines (250 MW) au sud de la Bretagne en 2021. Deux autres d’un gabarit équivalent suivront en Méditerranée.