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EDF sélectionne Saint-Nazaire pour les sous-stations de ses parcs français

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EDF sélectionne Saint-Nazaire pour les sous-stations de ses parcs français

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Excellente nouvelle pour les chantiers de Saint-Nazaire, qui entrent en négociations exclusives avec EDF Energies Nouvelles pour la conception et la réalisation des sous-stations électriques destinées aux futurs parcs éoliens offshore de Guérande, Courseulles-sur-Mer et Fécamp.

L’offre présentée par STX France, à la tête d’un groupement comprenant également General Electric et SDI (filiale française de l’armateur belge DEME), a été retenue par EDF EN à l’issue d’un appel d’offres international. Les discussions se poursuivent en vue de la signature prochaine du contrat.

Une commande espérée au printemps

Alors que les trois champs développés par l’énergéticien font encore l’objet d’ultimes recours, les chantiers nazairiens espèrent conclure la commande dans les tous prochains mois. « Si l’on veut installer ces sous-stations en 2020, il faut que la commande intervienne au printemps. Nous devons en effet composer avec des échéances industrielles et les conditions météorologiques, qui empêchent d’effectuer les opérations de pose en mer durant la période hivernale », explique Laurent Castaing, directeur général de STX France. Ce dernier se félicite évidemment du choix annoncé le 1er mars par EDF. « La compétition internationale est actuellement difficile sur le segment des sous-stations et le fait que nous ayons été retenus à l’issue d’un appel d’offres est la preuve que nous sommes désormais reconnus sur ce marché grâce à des solutions innovantes et compétitives ».

En groupement avec GE et DEME

Alors que STX France a déjà réalisé trois sous-stations électriques pour des champs situés au Royaume-Uni (P33 de 210 MW pour le parc Westermost Rough en 2014), en Belgique (Q34 de 309 MW pour Rentel installé fin janvier) et en Allemagne (P34 de 385 MW pour Arkona avec installation prévue au printemps), le chantier français adopte le même schéma industriel que celui retenu pour Rentel. Il se chargera de la conception et de la réalisation des sous-stations, d’une puissance de 450 à 498 MW, l’infrastructure électrique étant confiée à GE et le transport comme l’installation à SDI.

Destinées à transformer l’énergie produite par les éoliennes en courant haute tension avant de l’injecter sur le réseau électrique terrestre, tout en accueillant le système de contrôle-commande permettant un fonctionnement totalement automatique des parcs, les trois sous-stations représenteront un investissement d’environ 300 millions d’euros.

Des modules de plus de 2000 tonnes et des fondations jacket

Bénéficiant des derniers programmes de R&D de STX France permettant de réduire les coûts de ces installations, elles seront constituées d’un topside voisin d’un peu plus de 2000 tonnes, abritant notamment deux transformateurs fournis par GE. Chacune sera supporté par une fondation en treillis métallique de type jacket, adaptée à chaque champ.

Les trois parcs seront équipés d’éoliennes offshore Haliade 150 d’une puissance de 6 MW, dont les turbines seront produites par l’usine GE de Montoir-de-Bretagne, près de Saint-Nazaire, et les pales par le nouveau site LM Wind Power de Cherbourg.

Le parc éolien de Guérande, qui sera probablement le premier à être mis en chantier, comprendra 80 éoliennes pour une puissance totale de 480 MW. Celui de Courseulles, au large des côtes du Calvados, sera quant à lui constitué de 75 machines (450 MW) alors que le champ de Fécamp doit en compter 83 (498 MW).

D’autres contrats attendus à l’export

Parallèlement à la poursuite des discussions avec EDF EN, STX France se positionne sur les autres parcs français et est actuellement en lice sur plusieurs projets en Europe du nord, en particulier en Allemagne et en Belgique. Le chantier se trouve en compétition avec tous les grands acteurs du secteur, comme le Danois Bladt, le Belge Fabricom ou encore le Néerlandais HSM. Présent depuis moins longtemps sur le marché, STX France mise sur ses solutions innovantes et originales, qui ont déjà convaincu les groupes chargés de développer Rentel et Arkona, avec lesquels le constructeur français mène à bien, cette année, ses deux premiers contrats EPCI (Engineering Procurement Construction and Installation). Des références extrêmement précieuses, doublées par les effets de ses nouveaux programmes de R&D ayant abouti au développement de SeeOs. Selon le chantier, cette nouvelle gamme de sous-stations offre « une solution modulable qui s’adapte à toute puissance, de 200 MW à 900 MW, et qui s’installe sur tout type de fondation, monopile, jacket ou flottante, en fonction du site. Grâce à sa conception, SeeOs diminue le temps de construction ainsi que le coût de l’investissement de 20% et réduit les coûts d’opérations et de maintenance ».

Diversification et retombées pour la sous-traitance locale

S’appuyant au travers de sa Business Unit Energies Marines sur une ingénierie dédiée et avec l’usine Anemos sur un outil industriel spécialement conçu pour la réalisation de topsides et jackets, STX France voit depuis cinq ans cette activité se développer en parallèle de la construction de navires. Une diversification bienvenue pour limiter les baisses de charge lorsque la croisière, premier marché de Saint-Nazaire, connait des trous d’air. Alors qu’un projet comme le P34 a mobilisé quelques 200 personnes au chantier et de nombreux sous-traitants (242 entreprises impliquées, en majorité de la région), STX France se fixe pour objectif de livrer deux sous-stations par an.  « C’est là que se situe la rentabilité économique de cette activité, pour laquelle nous avons développé toutes les compétences nécessaires et qui s’inscrit parfaitement dans ce que nous savons faire dans la navale. Les énergies marines apportent également une diversification intéressante à nos sous-traitants puisque sur un projet comme le P34, qui représente 500.000 heures de travail, la moitié est en sous-traitance », explique Laurent Castaing.

Un marché qui repart et de belles prévisions de croissance

Après une période plus calme dans les nouveaux projets de fermes éoliennes en Europe du nord, le marché semble en tous cas se redresser. « Le secteur va voir une reprise des installations en mer vers 2020/2021 au niveau que nous avons connu cette année, avec une quinzaine de sous-stations posées en mer, alors qu’il n’y en aura qu’une demi-douzaine l’année prochaine », explique Lionel Josse,  responsable commercial de BU Energies Marines de STX France. Il faut dire que le potentiel de développement de l’éolien en mer, qui constitue l’une des grandes réponses aux politiques de transition énergétique, est énorme. En plus de l’Europe, où il va continuer à se développer, ce marché devrait maintenant monter en puissance dans d’autres régions de la planète. Ainsi, les projections de croissance tablent sur un passage de 17 à plus de 100 MW de puissance installée dans les 12 prochaines années.

Anemos mobilisé sur les constructions de paquebots

Une croissance dont entend bien bénéficier Saint-Nazaire, en Europe et ailleurs, que ce soit sur l’éolien posé puis l’éolien flottant. Si le P34 est à ce jour le dernier projet en commande ferme, en attendant signature de nouveaux contrats, Anemos n’est en tous cas pas à l’arrêt, loin s’en faut. Car la nouvelle usine, inaugurée en 2015, n’est pas uniquement apte à travailler sur les EMR, comme le souligne Frédric Grizaud, directeur de la BU Energies Marines : « C’est l’un des grands avantages de cet atelier et de son alvéole de peinture. Ils ont justement été dès le départ pensés et conçus pour être flexibles et polyvalents afin de ne pas rester cantonnés aux énergies marines. En attendant la réalisation de nouvelles sous-stations, ils tournent aujourd’hui à plein régime au profit des paquebots que nous avons en construction ».

 

Chantiers de l'Atlantique (ex-STX France)