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Edouard Philippe veut donner un coup d'accélérateur aux ports français

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« La France n’a pas un trafic portuaire à la hauteur de son marché, on le répète depuis tellement longtemps qu’on a fini par s’y habituer ». Edouard Philippe a ouvert son propos, hier aux Assises de la Mer au Havre, par ce constat. Petit-fils de docker et ancien maire du Havre, le premier ministre affiche une sensibilité particulière pour le domaine auquel il a consacré une bonne moitié de son discours.

Une gouvernance par "axe" et des ports régionaux

« A terme, je veux un seul port français avec trois portes d’entrée ». L’image est forte et symbolise la dynamique que le gouvernement souhaite impulser dans la matière. Les trois portes d’entrées évoquées ce sont l’axe Seine, l’axe Rhône-Saône-Méditerranée et Dunkerque que le premier ministre veut voir « renforcés dans leurs écosystèmes » et surtout davantage connectés entre eux et vers l’hinterland. Pour ces trois ports, des missions d'étude, dont les résultats devront être exposés début 2018, ont été confiées pourvoir comment renforcer cette gouvernance par axe. L'idée d'une intégration encore plus poussée d'Haropa, rassemblant Le Havre, Rouen et Paris, fait partie des pistes clairement posées. 

« Pour les autres ports nationaux, qui sont également essentiels au territoire, nous devons réfléchir, savoir si l’Etat est le mieux placé pour conduire la politique, peut-être les régions le sont-elles davantage, en partenariat avec d’autres collectivités. Les ports ne seront peut-être pas tous gérés de la même façon. Il nous faut considérer toutes les possibilités. C’est un débat qu’il nous faut mener, mais je préfère 1000 fois un débat sur les ports que l’ignorance des ports », souligne Edouard Philippe.

Améliorer la compétitivité des ports et de la connexion vers l'hinterland

Le premier ministre a également annoncé un chantier sur l’amélioration de la compétitivité des ports, alors que ceux ci sont actuellement victimes « d’un effet de ciseaux avec des charges fiscales en hausse et la rente pétrolière en baisse ». Elisabeth Borne, ministre des transports, a été chargée de travailler sur un rapport en ce sens et notamment « sur le changement de regard sur les ports, que ceux-ci deviennent un écosystème ».

« Il nous faut également améliorer la fluidité du passage portuaire ». Insistant sur l’amélioration du réseau fluvial, il a notamment évoqué le canal Nord Seine Europe, « dont il est important de faire un succès pour tous les ports français », mais aussi le raccordement du Havre à la Seine, « une consultation est en cours, toutes les possibilités d’amélioration seront étudiées, si cela doit passer par une extension du terminal multimodal, nous le ferons, si nous devons construire la chatière (canal reliant port 2000 à la Seine NDLR), l’Etat prendra aussi ses responsabilités ».

« Les ports français doivent être des ports européens. Viser moins haut ce serait viser trop bas », martèle Edouard Philippe. « Pour améliorer notre compétitivité, nous devons nous inspirer des meilleurs. Par exemple, à l’image de ce qui se fait à Singapour, nous devons effectuer une digitalisation complète des données portuaires ». Il a également annoncé la convergence des systèmes logistiques de chaque port et la création d’une plateforme nationale de données portuaires.

 

 

 

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