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Efforts budgétaires : La défense s'en sort plutôt bien

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Efforts budgétaires : La défense s'en sort plutôt bien

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Dans le cadre des efforts budgétaires destinés à maîtriser les dépenses publiques françaises, la Défense s'en sort plutôt bien. Il s'agit, en effet, de l'un des rares ministères (avec notamment la Recherche) dont le budget ne devrait être que relativement peu impacté par la rigueur imposée par la nécessité de contrôler la dette galopante du pays. Sur les trois prochaines années, l'effort des armées devrait s'élever à, environ, 2.5 milliards d'euros. « C'est absorbable. Nous sommes vraiment dans l'hypothèse la plus basse sur laquelle nous avons travaillé. Et nous ne devrions finalement pas trop être touchés grâce aux recettes exceptionnelles que nous attendons sur cette période », explique-t-on au ministère de la Défense, où l'ion précise que certains scénarios envisageaient des coupes à hauteur de 5 milliards d'euros d'ici 2013! Compte tenu des efforts déjà consentis en matière de réduction d'effectifs (54.000 postes sur la loi de programmation militaire), l'Elysée n'a pas opté pour de nouvelles coupes dans les troupes, solution politiquement très délicate car elle se serait traduite par la fermeture de nouveaux régiments. « Il n'y aura pas de nouvelle réductions d'effectifs en plus de ce qui est déjà prévu. Les économies se feront essentiellement sur le fonctionnement et, probablement, sur quelques programmes », assure-t-on dans les couloirs du Mindef. Le programme Scorpion de l'armée de Terre semble bien parti pour faire les frais des restrictions budgétaire, son report étant prévisible. Pour mémoire, ce projet majeur de l'armée de Terre vise à moderniser les groupements tactiques interarmes (GTIA) par le renouvèlement du parc de véhicules blindés, l'amélioration de la protection et la mise en réseau des systèmes d'information et de combat. Ce programme, dont le coût est estimé à 5 milliards d'euros, devrait subir un glissement calendaire.

Vers un retour de la bosse budgétaire ?

Côté naval, aucun grand programme ne semble devoir être impacté, la Marine nationale ayant, pour reprendre la formule de certains militaires, rongé ses marges de manoeuvre « jusqu'à l'os ». Mais la flotte n'est, évidemment, pas à l'abri d'éventuels décalages pour les projets la concernant. De manière générale, le ministère de la Défense compte sur différentes recettes exceptionnelles pour préserver au mieux les objectifs de la LPM, qui découle du livre blanc de 2008. La cession d'empruntes immobilières viendra compenser partiellement la baisse de crédits, de même que la libération de fréquences. Celle-ci, qui permettra l'installation d'un nouvel opérateur et le passage à la génération 4G, devrait rapporter une somme assez coquette aux armées. Mais, au ministère de la Défense, on ne se fait pas d'illusion. Les efforts consentis depuis trois ans pour assainir le budget des armées (plombé par les reports cumulés de dépenses, la fameuse « bosse ») risquent d'être mis à mal si une conjoncture économique peu favorable perdure et que la croissance reste molle. « La LPM a été élaborée avec beaucoup de sérieux et la Défense a bénéficié du plan de relance. La bosse laissée les gouvernements précédents commençait à être résorbée et permettait d'envisager de laisser, en fin de LPM, des finances assainies. Maintenant, personne n'avait prévu la crise et il faut composer avec. Si la situation ne s'améliore pas, le ministère n'aura d'autre choix que de faire comme les autres : Créer une bosse et la passer aux suivants ».
Pour mémoire, l'Etat compte réaliser 40 milliards d'euros d'économies en trois ans.