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Emballement médiatique autour des boites noires du vol AF 447

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Emballement médiatique autour des boites noires du vol AF 447

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Aucun signal émanant des balises acoustiques des enregistreurs de vol n'a été validé à ce jour. C'est ce qu'a indiqué, hier, le Bureau d'Enquêtes et d'Analyses, chargé des investigations sur le crash du vol AF 447 d'Air France. Cette réaction fait suite aux informations diffusées dans la matinée par un quotidien national. Ce dernier affirmait qu'un signal très faible, émanant des enregistreurs de l'Airbus A330-200 qui s'est crashé le 1er juin, avait été détecté au large du Brésil. Il n'en est donc rien, ont affirmé le BEA et l'Etat-major des Armées. Le sous-marin nucléaire d'attaque Emeraude, le bâtiment océanographique Pourquoi Pas ? et deux remorqueurs équipés de sonars continuent de ratisser la zone à la recherche des signaux émis par les boites noires. Chaque jour, les différents moyens, notamment le SNA, détectent des signaux. Certains peuvent s'approcher de la signature acoustique d'un enregistreur de vol. C'est pourquoi, pour chaque détection jugée « intéressante », le signal est retraité et vérifié. A plusieurs reprises déjà, le sous-marin Nautile, embarqué sur le Pourquoi Pas ?, aurait déjà été mis à l'eau. « Des travaux sont régulièrement entrepris dans le cadre des recherches en cours pour lever tout doute sur des bruits perçus et tout fait établi sera rendu public », précise le BEA. C'est donc une simple détection « routinière », dont l'origine n'avait pas été confirmée, qui aurait provoqué l'emballement médiatique d'hier matin. Suite à cet « incident », les enquêteurs et les militaires appellent à la prudence.

Au milieu du vacarme sous-marin

La détection, la classification et la localisation d'un signal sont, d'ordinaire, déjà très ardues. Les capacités de détection dépendent notamment de la pression, de la salinité et de la température de l'eau, le tout étant soumis à différentes variables. S'ajoutent à cela le « vacarme » de l'Atlantique. Car, contrairement à ce que laissait penser le « monde du silence » du commandant Cousteau, l'océan est particulièrement bruyant. Allant des mouvements tectoniques aux rayonnements des machines de navires, sans oublier bien entendu l'intensité de la vie biologique marine... Les bruits ne manquent pas. Certaines baleines, sur lesquelles sont posées des balises pour étudier la migration des cétacés, pourraient aussi leurrer les sonars, les fréquences émises par ces balises étant proches de celles recherchées par la marine. Le travail de tri des analystes n'est donc pas simple. Outre les paramètres déjà évoqués, les bâtiments doivent également composer avec le la nature des fonds et le relief sous-marin. Dans la zone du crash, il est très accidenté, avec des pics, des pleines, des crevasses et des dénivelés de plusieurs milliers de mètres. Les boites, qui ont aussi pu se déplacer avec le courant, sont peut être enfouies, tombées dans une faille ou masquées par un morceau de carlingue. Enfin, personne ne savait hier si, à l'issue de l'accident, elles étaient encore en état de fonctionner.
C'est donc dans cet environnement peu favorable que la course contre la montre se poursuit encore pour quelques jours. Les enregistreurs sont conçus pour émettre 30 jours, ce qui impose de les retrouver dans la semaine qui vient.
Le vol AF 447 a disparu entre Rio et Paris avec 228 personnes à bord.

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