Marine Marchande
Emmanuel de Oliveira : quel avenir pour la SNSM ?

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Emmanuel de Oliveira : quel avenir pour la SNSM ?

Marine Marchande

Alors que la journée des sauveteurs en mer s'est déroulée dimanche 28 juin, Emmanuel de Oliveira, à la tête de la SNSM depuis septembre, confie avoir « eu besoin de ressouder la famille » après le drame des Sables d’Olonne et faire des 8 500 bénévoles de l’association sa « priorité ». Il y a un an, « la SNSM avait été très secouée après le drame des Sables et j’ai eu besoin de ressouder la famille », explique-t-il dans un entretien à l’AFP, disant avoir entamé une démarche pour fixer les orientations de l’association pour les dix ans à venir. « En recentrant les sauveteurs sur la finalité, sur le sens (de leur mission), je les remotive aussi », explique l’ancien préfet maritime.

Le drame des Sables-d’Olonne

La SNSM est la seule organisation agréée dédiée au sauvetage en mer en France. Trois sauveteurs avaient péri le 7 juin 2019 au large du port vendéen des Sables-d’Olonne après le chavirage de leur vedette, sortie en pleine tempête pour secourir un bateau de pêche. Le drame avait suscité une vive émotion et mis en lumière les difficultés rencontrées par cette association, qui vit essentiellement grâce aux dons. Une commission sénatoriale avait rendu en octobre ses préconisations après le drame : améliorer la formation, poursuivre le renouvellement de la flotte et faciliter le travail des bénévoles. Le gouvernement s’était engagé lui à augmenter de 4,5 millions d’euros sa subvention annuelle.

Dès son arrivée à la tête de la SNSM, Emmanuel de Oliveira a souhaité renforcer la cohérence interne de la structure via la mise en place d’une « démarche collégiale ». Une consultation par e-mail des 8 500 bénévoles a ainsi été organisée, après l’élaboration d’un questionnaire par une commission de bénévoles. « Cela va nous donner nos valeurs et nos orientations fondamentales pour poursuivre », assure l’ancien préfet maritime de l’Atlantique. Au terme de cette consultation, la commission de bénévoles a défini treize propositions qui seront débattues au cours de l’été dans les stations SNSM.

Les sauveteurs attachés au bénévolat

Parmi les questions posées, celle de savoir si les sauveteurs étaient toujours attachés au bénévolat ou s’ils préfèreraient être indemnisés comme peuvent l’être les pompiers volontaires. « La réponse a été à 82 % pour le bénévolat pur », assure Emmanuel de Oliveira. « Le bénévolat va de pair avec la générosité du public », estime-t-il, assurant que « ce qu’attendent les bénévoles c’est bien sûr des sourires et de l’admiration, mais aussi des dons ». L’association née en 1967 va ainsi évoluer, mais sans changement radical. « Ce n’est pas une réforme » qui est en route, assure Emmanuel de Oliveira, qui souhaite plutôt « faire évoluer la SNSM tout en accentuant son caractère associatif ».

Parmi les autres points relevés par la consultation, la volonté de mettre en place des structures de proximité visant à soutenir les stations et les centres de formations ou encore l’augmentation des offres de formation, et ce partout sur le territoire. Actuellement, les sauveteurs embarqués sont principalement formés au pôle national de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Les statuts de l’association devraient également évoluer et l’autonomie des stations perdurer.

En quête de ressources

En attendant la mise en place des nouvelles orientations, dont les sénateurs se sont félicités vendredi dans un communiqué, l’association compte sur la journée des sauveteurs en mer, baptisée le Mille SNSM, dimanche, pour renflouer ses caisses. « On est toujours en quête de ressources », rappelle Emmanuel de Oliveira, assurant que la journée, virtuelle cette année en raison de la crise sanitaire, sert aussi à diffuser des « messages de prévention » avant la saison estivale.

L’épidémie de Covid-19 va avoir un fort impact sur les ressources de l’association, du fait principalement de l’annulation des grands rassemblements publics. Actuellement, 80 % des ressources de l’association proviennent de dons privés, le reste étant financé par l’État. Et l’association doit encore trouver les fonds nécessaires au renouvellement en cours de 140 de ses embarcations sur dix ans pour un montant total de 100 millions d’euros.

Un article de la rédaction du Télégramme

 

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