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EMR : Saipem se rapproche des entreprises ligériennes

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EMR : Saipem se rapproche des entreprises ligériennes

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Mercredi 6 juin, Saipem et le cluster EMR de Neopolia ont signé une convention de partenariat pour le secteur des énergies marines renouvelables. Il s’agit pour eux de préparer le développement des EMR en France, notamment dans l’éolien offshore posé et flottant.

Le parc éolien de Fécamp en ligne de mire

Saipem est en lice équiper plusieurs parcs. Son offre concerne notamment les marchés liés aux fondations, aux câbles ou encore au transport et à la manutention des turbines d'éoliennes. Aujourd’hui, il est en bonne position avec Bouygues TP pour les fondations gravitaires du parc éolien de Fécamp. Il s’agit de réaliser en béton de larges piles creuses. Ces dernières flottent et sont remorquées jusqu’au site de pose. Une fois arrivées, elles sont ballastées et servent ensuite de support pour les mâts d’éoliennes. Elles ne reposent que part leur poids, ce qui limite les opérations sur place. Leur fabrication doit se faire localement, au Havre. Le parc éolien de Fécamp, (consortium composé d’EDF EN, Enbridge Inc et wpd Offshore) doit accueillir 83 éoliennes Haliade 150 (6 MW par éolienne, 498 MW au total) de General Electric. Les turbines doivent être produites à Saint-Nazaire et les pales à Cherbourg.

 

La nacelle d'une turbine d'éolienne Haliade 150 (© GE RENEWABLE ENERGY)

La nacelle d'une turbine d'éolienne Haliade 150 (© GE RENEWABLE ENERGY)

 

Pour Saipem, il faut déjà se préparer. C’est notamment le cas pour la manutention sur les plateformes de jonction entre les fondations et les éoliennes. La société a besoin d’une grue et d’une potence par édifice. Plusieurs entreprises de Neopolia pourraient les réaliser. Pour l’instant, le groupe italien ne peut pas lancer d’appel d’offres pour ces équipements. Il passe donc par appel à manifestations d’intérêt (AMI). Cela permet aux entreprises intéressées de mûrir leurs offres. Saipem rappelle également que ces plateformes intermédiaires se retrouvent sur tous les types de fondations. D’autres marchés sont donc potentiellement jouables.

 

Pièces de transition d'éoliennes offshore avec leur grue de service (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Pièces de transition d'éoliennes offshore avec leur grue de service (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Entretenir des liens avec les PME

Saipem va avoir besoin de sous-traitants dans de nombreux domaines. Son objectif, à l’heure où la filière française des EMR souhaite se développer, est de faire appel le plus possible à des entreprises locales. Pour le groupe italien, Neopolia est un bon relais vis-à-vis des PME et des ETI en Pays de la Loire. « Pour les entreprises de Rang 1 comme la nôtre, cela n’est pas forcément pratique et facile de trouver les bons sous-traitants au bon endroit. Avec Neopolia, on peut plus facilement trouver ce qui nous intéresse. De même, on peut dialoguer et amener de plus petites entreprises à améliorer leurs offres. C’est l’objectif de cette convention de partenariat », explique Thierry de l’Aulnoit, directeur Développement EMR à Saipem.

La convention, renouvelable, porte sur une durée initiale de trois ans. Une feuille de route pour la période 2018-2019 devra être actée dans les trois prochains mois. Un comité de pilotage se réunira tous les trimestres et un comité de suivi tous les mois.

Saipem mise sur son expérience du secteur parapétrolier

Le groupe dispose de solides compétences issues en particulier de son activité dans l’industrie pétrolière et gazière. Il dispose notamment de navires de pose de grande capacité. Avec Bouygues, Saipem a déjà des références dans ce domaine. À Tanger au Maroc, elles ont réalisé en 2003, 2007 et 2010 des digues de protection sur le même principe technique (caissons flottants en béton qui finissent par être immergés) que les futures fondations gravitaires du parc de Fécamp. Les caissons ont été réalisés localement, comme cela devrait être le cas dans la Manche.

 

Le navire Saipem 3000 et sa grue de forte capacité (© SAIPEM)

Le navire Saipem 3000 et sa grue de forte capacité (© SAIPEM)

 

Pour l’instant, la décision finale d’investissement pour le Parc éolien de Fécamp n’est pas tombée, des suites de l’amendement de mars dernier du gouvernement sur la renégociation des tarifs de rachats de l'électricité. Pour Thierry de l’Aulnoit : «  Nos prix sont les bons. Nous avons déjà quatre fois réajusté nos coûts ». 

Des débouchés potentiels très intéressants pour Neopolia

Pour le cluster EMR de Neopolia, les possibilités d’affaires sont réelles. D’autant qu’après l’éolien offshore posé, se posera la question de l’éolien flottant. Pour Alain Leroy, président de Neopolia, « Nous sommes capables d’offrir des solutions qui ne se trouvent plus en France. L’enjeu est de développer le chiffre d’affaires de nos adhérents ».

 

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