Défense
En manque de personnel, la Royal Navy embarque des officiers-mariniers français

Actualité

En manque de personnel, la Royal Navy embarque des officiers-mariniers français

Défense

Faute de personnels qualifiés dans des spécialités où elle peine à renouveler ses effectifs, la flotte britannique fait appel à ses plus proches alliées, dont la Marine nationale, pour lui prêter des marins. « Nous avons actuellement six officiers-mariniers embarqués sur le porte-hélicoptères HMS Ocean et une frégate du type 23 », a révélé lors d’une rencontre organisée par l’Association des Journalistes de Défense (AJD) l’amiral Prazuck, chef d’état-major de la marine française. L’expérience, en fait lancée en 2015, a été renouvelée cette année. Les marins français, qui rejoignent le Royaume-Uni pour trois ans et ont, selon le CEMM, été « particulièrement bien accueillis avec leurs familles », suivent sur place une période de formation, puis d’embarquement et doivent enfin travailler dans les ateliers à terre. Il s’agit notamment d’électriciens et de mécaniciens, des métiers dans lesquels les Britanniques connaissent actuellement un important déficit. La Royal Navy paye les coupes sombres réalisées il y a une dizaine d’années, avec une compression des effectifs et un arrêt brutal des recrutements pendant une longue période, mais est aussi confrontée à un problème conjoncturel, marqué par une baisse d’intérêt pour la carrière de marin. Comme dans d’autres pays européens, les jeunes britanniques semblent moins enclins, aujourd’hui, à supporter les contraintes de la vie embarquée, qu’il s’agisse de l’éloignement avec la famille ou de l’accès à Internet, totalement intégré à leur quotidien. Il en découle aussi, logiquement, un véritable problème pour fidéliser sur le long terme les jeunes qui s’engagent.

Les OM, « colonne vertébrale » de la flotte française

Doublé de cette « crise » des vocations, le contrecoup des anciennes réductions de personnel, qui n’ont pas permis aux matelots qui auraient dû être recrutés dans les années 2000 de monter en compétence pour être les techniciens d’aujourd’hui,  est d’autant plus sensible du fait de la physionomie des équipages. La Royal Navy, qui ne recrute pas à un équivalent français de bac + 2, compte dans ses rangs beaucoup d’officiers, de quartiers-maîtres et de matelots, mais relativement peu d’officiers-mariniers. Au contraire, ces derniers constituent au sein de son homologue française une population nombreuse : « Notre colonne vertébrale, ce sont les officiers-mariniers, qui ont une expertise technique très forte. Nous avons tout un système de progression basé sur la validation des acquis de l’expérience, au travers duquel nous délivrons 3000 diplômes par an, qui vont jusqu’à bac + 5 », rappelle l’amiral Prazuck. Un vivier qui a donc permis à la Marine nationale, dans le cadre de la coopération franco-britannique, de prêter temporairement des OM à la Royal Navy, le temps que celle-ci rétablisse la situation.

Alors que d’autres pays d’Europe connaissent des problèmes de ressources humaines, le CEMM, qui était auparavant directeur du personnel militaire de la marine, estime que « la situation n’est pas critique chez nous mais il faut être extrêmement vigilant ».

Royal Navy | Actualité des forces navales britanniques Marine Nationale | Toute l’actualité de la marine française