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En pleine tempête : Jean Bulot raconte la perte du Tanio, en 1980

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En pleine tempête : Jean Bulot raconte la perte du Tanio, en 1980

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A l'occasion de la parution de « Tempête, témoignages de marins » aux Editions Laville, nous vous proposons de découvrir plusieurs extraits de ce livre qui, sous forme d'entretiens, raconte les parcours de 11 hommes et une femme qui ont, sur toutes les mers du globe, dû composer avec les éléments. Aujourd'hui, le journaliste Grégoire Laville, qui a écrit cet ouvrage, illustré de portraits signés Julien Le Coq et Titus Huyghe, nous emmène à la rencontre de Jean Bulot, ancien commandant du remorqueur de sauvetage Abeille Flandre. Des souvenirs de mers démontées, le marin en a des centaines. Mais certains demeurent particulièrement marquants, comme cette intervention, en 1981, suite au naufrage en Manche du pétrolier Tanio. Une opération épique et à hauts risques, à une époque où le dispositif de sauvetage au large des côtes françaises n'était pas aussi rôdé qu'aujourd'hui.
Témoignage...

- Quelle a été votre opération la plus importante ?


Je commandais l'Abeille Languedoc. C'était en 80, deux ans après l'Amoco. C'était le Tanio, un petit bateau, un ancien pétrolier français de 28 000 tonnes, qui était passé sous pavillon malgache avec un état-major français. Il était chargé, comme l'Erika (pétrolier qui fit naufrage le 12 décembre 1999, polluant 400 km de côtes du Finistère à la Charente), de fuel lourd, de saloperie. Il venait d'Allemagne et allait en Italie. Il s'est cassé en deux. C'était dans le nord de Morlaix, par là.

C'est un bateau qui avait la passerelle à l'avant et la machine à l'arrière. Il s'est cassé en deux. L'avant est parti avec huit hommes d'équipage qui ont tous disparus. Les autres sont partis