Marine Marchande
Encore 8 jours pour tenter de retrouver les boites noires du vol AF 447

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Encore 8 jours pour tenter de retrouver les boites noires du vol AF 447

Marine Marchande

Les remorqueurs Fairmount Glacier et Fairmount Expedition ont rejoint les forces navales déployées dans la zone du crash de l'Airbus A330-200 d'Air France. Les deux navires, qui appartiennent au groupe Louis Dreyfus Armateurs, sont d'abord passés par la base brésilienne de Natal, où ils ont embarqué du matériel de détection acoustique. Ces équipements, qui appartiennent à l'US Navy, ont été installés sur la plage arrière des remorqueurs. « Les équipes américaines sont à bord et les navires ont commencé leurs opérations en début de semaine. Il y a un treuil et un petit portique, qui permettent de mettre en oeuvre des appareils de détection remorqués, ainsi qu'un conteneur, sur chaque bateau, qui sert au traitement des informations recueillies », expliquait-on vendredi chez LDA.
Affrétés par le Bureau d'Enquêtes et d'Analyses (BEA), chargé des investigations sur le crash du vol AF 447, les Glacier et Expedition complètent les moyens engagés par la Marine nationale pour repérer les boites noires de l'appareil, qui s'est abîmé en mer le 1er juin avec 228 personnes à bord.

Les fonds marins de la zone du crash (© SHOM)
Les fonds marins de la zone du crash (© SHOM)

Depuis le 10 juin, le sous-marin nucléaire d'attaque Emeraude ratisse le secteur. Le lendemain, le bâtiment océanographique Pourquoi Pas ?, doté d'hydrophones, arrivait à son tour. Mais, depuis, aucune trace des boites noires n'a été trouvée. Fallait-il s'y attendre ? Sans doute, tant cette mission est délicate. La cartographie des fonds sous-marins, réalisée par le Service Hydrographique et Océanographique de la Marine (SHOM), donne une idée de l'ampleur de la tâche. Les boites noires sont tombées au milieu d'une véritable chaine montagneuse sous-marine. Le relief, très accidenté, va de 864 mètres à 4606 mètres de profondeur. Les possibilités que les signaux des enregistreurs soient « cachés » sont donc multiples, sans compter qu'il faut compter avec les courants marins, que les boites noires sont peut être tombées dans une crevasse, ou peuvent aussi être masquées par des morceaux de l'épave. On ne sait pas, en outre, si elles sont en bon état et si elles peuvent encore émettre. Les chances de les retrouver sont donc minces et le temps joue contre les moyens de recherche. Les boites étant conçues pour émettre pendant 30 jours, un éventuel signal doit être capté avant le 1er juillet.

La dérive de l'A330 repêchée début juin (© ARMEE BRESILIENNE)
La dérive de l'A330 repêchée début juin (© ARMEE BRESILIENNE)

Les données contenues dans les enregistreurs pourraient permettre aux enquêteurs de mieux comprendre les raisons pour lesquelles l'A330 a disparu au cours de son vol entre Rio et Paris. Pour l'heure, le BEA ne dispose que des messages d'alerte envoyés automatiquement à la maintenance d'Air France, et des nombreux débris retrouvés en mer par les marines brésilienne et française. De nouveaux éléments de l'avion et des bagages ont encore été repêchés ce week-end par les navires présents sur zone, à quelque 1.400 km de Recife. Entre le 6 et le 11 juin, 49 corps ont été retrouvés en mer.

Pollution en mer et accidents