Défense

Actualité

Encore un niveau d’activité record pour la flotte française

Défense

Depuis plusieurs années, la Marine nationale connait une activité particulièrement soutenue, marquée notamment par une augmentation des opérations sur 5 théâtres opérationnels maritimes, contre 2 prévus par le dernier Livre Blanc sur la Défense. 2017 a suivi la tendance des trois années précédentes, avec un niveau record de sollicitation. Et même une extension géographique de l’activité navale française puisqu’avec la mise en service du patrouilleur polaire L’Astrolabe, qu’elle arme, la marine retourne en Antarctique pour la première fois depuis 50 ans.

 

L'Astrolabe (© MARINE NATIONALE)

 

Les sous-marins comme les appareils de l'aéronautique navale sont sur tous les fronts, y compris pour les Rafale Marine qui, en l'absence du Charles de Gaulle, ont été déployés à plusieurs reprises au Levant en 2017 pour intervenir contre Daech depuis des bases terrestres.

La Force d’Action Navale, qui regroupe les 98 bâtiments de surface de la flotte et compte 10.200 marins, dont 8874 embarqués, a quant à elle maintenu en moyenne 33 bateaux en permanence à la mer, soit un tiers de ses effectifs.

Preuve de cette activité très soutenue, la FAN a comptabilisé en moyenne 104 jours de mer et 131 jours d’absence du port base pour ses unités hauturières en 2017. C’est un peu moins qu’en 2016 (108 JDM pour 135 JABP), ce qui s’explique en fait par l’indisponibilité durant toute l’année dernière du porte-avions, en refonte à Toulon et qui avait en 2016 effectué 117 jours de mer.

Pour l’an dernier, la palme du bâtiment le plus actif revient à la frégate de défense aérienne Forbin, avec 158 JDM pour 198 JAPB. Suit le bâtiment de projection et de commandement Mistral (153 JDM, 197 JABP) et la frégate antiaérienne Jean Bart (142 JDM, 187 JAPB).

 

 

Le B2M Bougainville en Polynésie (© MARINE NATIONALE)

 

Les missions demeurent très variées, allant de l’engagement contre le terrorisme en Méditerranée orientale et au Moyen-Orient à la lutte contre le narcotrafic aux Antilles, en océan Indien et en Polynésie, en passant par l’immigration clandestine en Méditerranée, mais aussi à Mayotte et en Guyane, ou encore la police des pêches en Nouvelle-Calédonie et dans le canal du Mozambique. Des missions d’action de l’Etat en mer qui sont aussi conduites dans d’autres zones. Dans le même temps, la marine doit faire face au retour des Etats-puissances, marqué par un développement des capacités et/ou des déploiements des marines chinoise, russe ou encore indienne. Cela se traduit par exemple par un regain d’activité sous-marine en Atlantique nord, où la France a par conséquent renforcé sa présence navale. Par ailleurs, les tensions en Asie et les actions en faveur du maintien de la liberté de naviguer dans certaines zones se poursuivent, avec par exemple le déploiement l'année dernière de la frégate multi-missions Auvergne en mer de Chine. S’y ajoutent des missions permanentes, comme le maintien d’une présence dans le golfe de Guinée.

 

Intervention de la frégate Ventôse après le passage d'Irma (© ARMEE DE TERRE)

 

L’intensification de l’activité de la Marine nationale porte donc sur l’ensemble du spectre opérationnel, y compris les opérations de sauvetage en mer ou les interventions humanitaires puisque ses unités basées aux Antilles ainsi que le BPC Tonnerre ont été mobilisés suite au passage de l’ouragan Irma à Saint-Martin et Saint-Barthélemy en septembre dernier.

Cette catastrophe a d’ailleurs mis en lumière l'insuffisance des moyens navals Outre-mer, ce qui a conduit le ministère de la Défense à commander un patrouilleur supplémentaire du type PLG, qui ralliera la Martinique en 2019. Mais cela ne sera pas suffisant car ce sont tous les territoires ultramarins qui manquent de bateaux malgré l’arrivée des nouveaux bâtiments multi-missions. Considérés comme de véritables « bêtes de somme », les B2M, particulièrement adaptés aux missions d’action de l’Etat en mer, offrent un très fort taux de disponibilité grâce à un armement par deux équipages qui se relaient à bord. Mais ils ne compensent pas le déficit de moyens d’interception et de coercition, plus rapides et dissuasifs. Un besoin qui devra être comblé avec la commande de six nouveaux patrouilleurs pour l’Outre-mer, une douzaine d’autres, plus gros, devant être construits ensuite pour remplacer les avisos et PSP en métropole.

 

Le PLG La Résolue en Guyane (© MARINE NATIONALE)

 

En matière de renouvellement, on notera que l’année 2017 a été marquée par la mise en service de la FREMM Languedoc, des PLG La Confiance et La Résolue, ainsi que des B2M Champlain et Bougainville. Ont également été réceptionnés l’an dernier la FREMM Auvergne, L’Astrolabe et La Loire (premier des quatre nouveaux bâtiments de soutien et d’assistance hauturiers - BSAH), qui seront admis au service actif cette année. La flotte a dans le même temps enregistré le retrait du service de la frégate anti-sous-marine Montcalm, du bâtiment de transport léger Dumont d’Urville ainsi que des patrouilleurs du type P400 La Capricieuse et La Gracieuse.

 

 

La FREMM Bretagne, actuellement en essais (© NAVAL GROUP)

 

En 2018, la flotte doit prendre livraison de sa cinquième FREMM, la Bretagne, ainsi que de deux BSAH.

En termes d’activité l'année s’annonce encore très intense, même si la Marine nationale, faute de second porte-avions, devra pour l’essentiel se passer pour la seconde année consécutive de son groupe aéronaval. Le Charles de Gaulle, qui sortira de cale sèche au printemps, ne devrait pas être de nouveau pleinement opérationnel avant la fin d’année.

 

Le Charles de Gaulle entrant en cale sèche à Toulon en février 2017 (© MARINE NATIONALE)

Marine nationale