Construction Navale
Energy Observer Developments : une société pour développer des solutions hydrogène

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Energy Observer Developments : une société pour développer des solutions hydrogène

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« Après le temps de l’expérimentation, des premières mondiales, vient le temps de l’innovation, de la mise en pratique, puis du développement de solutions hydrogène ». Energy Observer Dévelopments, une filiale d’Energy Observer SAS, créée par Victorien Erussard, capitaine et fondateur du projet du navire éponyme pionnier de l’hydrogène, en association avec ses partenaires historiques Accor, Thélem assurances, Delanchy et Accor Invest, a été officiellement présentée hier. Et la toute nouvelle société, spin-off de l’aventure du navire, affiche de belles ambitions dans le domaine de l’hydrogène. Composés d’ingénieurs, d’architectes navals, de spécialistes des foils, de la transition énergétique ou encore d’ingénieurs experts en mécanique des fluides, en mécanique de précision, en batteries innovantes, en architecture énergétique, et en intégration de motorisations à hautes performances, les effectifs totaux rassemblés autour d’Energy Observer Developments devraient dépasser les 200 personnes d’ici à 2020, basées à Paris, en Bretagne et en Rhône Alpes. Une seconde levée de fonds est prévue fin 2019, ainsi que des acquisitions de compétences complémentaires et indispensables.

 

(© ENERGY OBSERVER)

(© ENERGY OBSERVER)

 

Capitaliser sur l’expérience d’Energy Observer, plus de 15.000 milles au compteur, pour convaincre l’industrie maritime de la viabilité de l’hydrogène comme combustible de propulsion. Pour cela, la jeune société compte travailler sur plusieurs fronts. L’accessibilité du combustible d’abord : « les grands acteurs de l’énergie, comme Engie ou Air Liquide, ont besoin d’une demande suffisamment soutenue pour engager des investissements conséquents dans des stations de production d’hydrogène et d’électricité propre. Or, les transports maritimes sont parmi les premiers consommateurs d’énergie, au moins par unité. Il faut donc convaincre les énergéticiens que cette demande maritime sera une clé leur permettant d’atteindre des volumes de production suffisantes pour pouvoir investir dans des stations littorales ». Une disponibilité nécessaire pour atteindre tous les usagers de la mer, professionnels et plaisanciers, mais aussi un volume critique qui doit permettre d’atteindre un objectif de 8 euros à la pompe. Pour cela, Energy Observer Developments veut développer des stations qui peuvent fournir tous les usagers, non seulement ceux de la mer mais également les transports routiers, les voitures ou tout autre utilisateur intéressé. Et qui puissent s’adapter à tous types de territoires, ceux qui peuvent être raccordés à un réseau et une production centralisée, et ceux qui ont besoin d’une installation indépendante.

 

(© ENERGY OBSERVER)

(© ENERGY OBSERVER)

 

Pour cela, la société développe le concept Ecosystème H2 360, pour proposer des solutions de ravitaillement « robustes et viables ». Et qui pourront reposer sur différentes technologies. « Vaut-il mieux investir sur une technologie d’électrolyse par PEM (Proton exchange membrane), plus modulable, ou alcaline, validée par des milliers d’heures et un coût à priori plus bas ? Quel type de stockage est le plus cohérent en fonction des volumes consommés aux différents niveaux de compression ? Comment alimenter en haute pression un ponton flottant exposé à la corrosion et fluctuant sur près de 10 mètres de marnage ? » Pour une solution adaptée, la société veut « mettre le curseur d’innovations au bon réglage et sur chaque projet ».

Deuxième credo dans la philosophie Energy Observer, « associer les énergies plutôt que les opposer ». La société a donc créé Energy Designer, un bureau d’études ENR qui regroupe des ingénieurs spécialistes de l’éolien, de l’hydrolien, du solaire mais aussi des spécialistes d’autres sources potentielles comme les turbines sous-marines, la méthanisation ou la géothermie. « Dans presque chaque projet, la disponibilité des ENR est spécifique et impose une diversité maximale des sources d’énergie pour répartir les risques de pénurie, lisser les pics de besoins, minorer les inconvénients de l’alternance des ENR ». A l’image du navire Energy Observer qui utilise le vent, les courants et le soleil, la société estime « qu’il est devenu urgent d’apprendre à associer toutes les énergies plutôt que de les comparer ou de les opposer ».

 

Le groupe GEH2 (© ENERGY OBSERVER)

Le groupe GEH2 (© ENERGY OBSERVER)

 

Dernier axe de travail concret, la création de GEH2, un groupe électrogène reposant sur une pile à combustible, capable de s’adapter au besoin réel de la propulsion marine. « Les motorisations marines électriques sont souvent limitées à une centaine de kilowatts. Le poids des batteries à embarquer pour nourrir cette puissance devient conséquent d’une part, entraînant un cercle vicieux de besoin de puissance pour emmener plus de poids qui lui-même demande plus de puissance ». Energy Observer Developments veut donc utiliser une pile à combustible pour « casser ce cercle vicieux poids puissance ». Pour la développer, la société va donc s’appuyer sur son réseau de partenaires avec « une société d’engineering mécanique et électrique, capable de concevoir tous systèmes performants grâce aux derniers outils de CFD », « le premier spécialiste français de la motorisation électrique et de la conception de batteries de très haute performance » et un «  des leaders de la fabrication de groupes électrogènes custom, spécialiste des solutions hybrides ». Avec comme but de présenter les premiers développements concrets et des solutions pour des embarcations allant « du semi-rigide en passant par les bateaux taxis évoluant dans des zones protégées jusqu’aux vedettes à passagers aux trajets captifs »  d’ici quelques mois.