Marine Marchande
ENSM :  forte hausse du recrutement à la rentrée 2014

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ENSM : forte hausse du recrutement à la rentrée 2014

Marine Marchande

180 élèves rentreront en première année de la filière polyvalente / ingénieur de l’Ecole Nationale Supérieure Maritime, dans le centre de Marseille, à la rentrée prochaine. C’est beaucoup plus que les 128 de la promotion  2013 et des 160 des promotions précédentes.

Et ce alors même que le secteur est toujours sévèrement ralenti, que la filière du transport pétrolier est toujours paralysée par le retard de l’adoption de la réforme de la loi de 1992 et que plusieurs armements, notamment  de ferries, retiennent toujours leurs souffles pour connaître leurs sorts.

Dans un communiqué paru la semaine dernière, les élèves officiers de 5ème année écrivaient leur désarroi quant à leurs perspectives de carrière en faisant état de statistiques de chômage préoccupantes. Une inquiétude immédiatement relayée par le syndicat CGT qui demande aux armateurs « une obligation d’embarquement sous pavillon français ». « L’Etat doit imposer des obligations aux armateurs français recevant des aide d’état (exonération charges patronales et taxe au tonnage), contreparties obligatoires en terme d’embauche de jeunes marins et officiers afin de pérenniser la profession ».

 

 

120 places sur la flotte sous pavillon français

 

 

Chez Armateurs de France, on rappelle que « les dernières difficultés qu’ont connues les élèves des années passées étaient principalement liées à un calendrier pédagogique qui faisait embarquer tout le monde en même temps. Ce problème a été résolu. Actuellement, dans un contexte difficile, les armateurs se sont beaucoup engagés : sur la période d’hiver 2013 sur les 185 élèves à embarquer, seuls 18 n’ont pu encore l’être ». Reste que ce chiffre de 180 élèves, décidé par un arrêté visé par la seule administration de tutelle, à la prochaine rentrée interroge. « Il y a un an, nous avions réalisé, à notre initiative, un audit nous permettant d’évaluer le nombre d’élèves que nous pouvions nous engager à embarquer dans de bonnes conditions. Nous sommes arrivés au chiffre de 120 que nous avons communiqué à l’ENSM et à l’administration ».

 

 

Deux profils de recrutement : navigants et para-maritimes.

 

 

Entre 120 et 180, il y a 60 élèves, un tiers de l’effectif. Un tiers qu’Armateurs de France sait déjà ne pouvoir embarquer. Qui pourrait correspondre aux candidats envisageant une carrière para-maritime . « La réduction à 120 a été nécessaire pour l'année scolaire 2013-2014 pour régler le problème des embarquements des L1, L2, L3. Cette mesure accompagnée d’un aménagement du cursus a été efficace, même si aujourd’hui, une dizaine d’élèves n’ont toujours pas d’embarquements », explique François Marendet, directeur de l’ENSM « La réforme en cours lissera encore les embarquements du premier cycle. Nous revenons donc à 180, comme cela se faisait les années antérieures, mais avec une différence notable: ce niveau de recrutement est en phase avec les objectifs de l’école  qui sont notamment  de former des ingénieurs maritimes et para maritimes qui seront diplômés dans cinq ans. Il convient d’anticiper les besoins du marché et de préparer les nouvelles formations avec les professionnels concernés. Il faut comprendre que désormais, l’ENSM ne recrute pas seulement pour former des officiers navigants, ingénieurs maritimes, mais aussi dans le champ para maritime ». Un véritable changement culturel. « C’est ce que nous comprenons aussi », constate Eric Banel, d’Armateurs de France, « nous ne sommes plus les seuls employeurs des élèves de l’ENSM ». 

 

 

Un delta entre le nombre d’élèves et les places sous pavillon français

 

 

Sauf que. Même si tous n’auront pas à vocation à naviguer à l’issue de leur cursus, ils devront tous embarquer pendant les trois premières années de formation, dite « tronc commun ». Donc le problème de capacité d’embarquement se posera bien, avec toujours ce delta de 60 places qui ne peuvent être garanties sous pavillon français.

Plusieurs solutions sont à l’étude à l’ENSM. « Nous allons étudier avec l’administration la possibilité d’embarquements sur des bateaux des adhérents du groupement des armateurs côtiers de navires à passagers (ARMAN), et développer ceux avec les membres du groupement des armateurs de services publics maritimes des passages d’eau (GASPE) », indique François Marendet. Et puis il y a la flotte « contrôlée » sous pavillon étranger, qui a déjà embarqué des élèves ces dernières années. « Il faut aussi prendre conscience que l’ENSM forme certes pour le pavillon français, mais pas seulement. Pour ces élèves, il ne faut pas oublier qu’il existe une flotte française sous pavillon étranger, qui embarque très peu d’élèves, seulement 8% en moyenne ces trois dernières années. Il y a donc une belle marge de manœuvre ».

 

 

« Préparer les élèves à naviguer à l’international »

 

 

« L’ENSM souhaite préparer ses élèves à naviguer à l'international, sous pavillon étranger, parce que c’est là que se font les développements de flottes. Il s'agit aussi de mettre au service d'autres flottes, l'excellence de la formation française de la marine marchande, même si nous partageons résolument l'objectif de promouvoir et développer le pavillon français », poursuit François Marendet. « L’Ecole doit s’ouvrir à l‘international, c’est un de ses chantiers prioritaires. Elle doit être notamment présente sur le marché de la croisière où les officiers français polyglottes ont toute leur place, d'autant que le potentiel de développement de ce marche reste élevé en France pour les armateurs de croisière ».

 

Une position dont prend acte Armateurs de France, « tout en rappelant que les navires sous pavillon étranger embarquent souvent déjà des élèves des pays dont ils relèvent.

Ecole Nationale Supérieure Maritime (ENSM)