Divers
Entretien avec Philippe Louis-Dreyfus, président de LDA

Interview

Entretien avec Philippe Louis-Dreyfus, président de LDA

Divers

Inquiétudes sur une éventuelle crise dans le fret maritime, autoroutes de la mer, développement dans le transmanche et l'offshore, arrêt de l'activité GNL, réduction de la part du vrac dans le portefeuille du groupe... Philippe Louis-Dreyfus a accordé à Mer et Marine un long entretien durant lequel nous avons fait le point sur les activités et les ambitions de LDA, ainsi que sur les grands enjeux auxquels sont actuellement confrontés les armateurs. Cette rencontre fut également l'occasion d'aborder le retour d'expérience de l'Ile de Bréhat, un câblier utilisé depuis plus de deux ans dans le cadre du renforcement des moyens européens de lutte contre la pollution. Le président de Louis Dreyfus Armateurs nous explique pourquoi le contrat n'est pas renouvelé. Mais, pour débuter cette interview, nous sommes revenus sur le baptême, le 11 juin, du City of Hamburg. Quatre ans après le Ville de Bordeaux, ce roulier construit à Singapour viendra, en novembre, renforcer les moyens maritimes d'Airbus pour le transport des composants d'A380 entre les différentes usines du groupe aéronautique.
_______________________________________________

Mer et Marine : Louis Dreyfus Armateur est une compagnie qui a plus de 150 ans d'existence et, à ce titre, a exploité des centaines de navires. Vous-même avez assisté à de nombreux lancements. Pourtant, au moment du baptême du City of Hamburg, vous expliquiez que ce n'était pas un navire comme les autres. Pourquoi ?

Philippe Louis-Dreyfus : Tout bateau est une aventure, qui intègre beaucoup de parties prenantes. Mais ce bateau là tout particulièrement car il participe d'une approche de la logistique par un industriel qui est nouvelle et qui va sans doute se développer. Cette approche consiste à sortir de la route et à utiliser de plus en plus la mer comme moyen de transport ou comme solution logistique.

Historiquement, pour acheminer les éléments d'avions depuis les sites de production vers la chaine d'assemblage de Toulouse, Airbus utilisait des avions de transport. Est-ce que ce fut difficile de les convaincre de passer par la mer ?

Oui, ca a été très clairement un challenge, dans lequel on s'est lancé avant même qu'Airbus décide de lancer un appel d'offres pour une solution maritime. Il y a 7 ou 8 ans, on était allé leur proposer de regarder la voie maritime et la voie fluviale comme une solution à leur problème logistique. Au début, la plupart des interlocuteurs chez Airbus ont considéré cette approche complètement folklorique et même un peu folle. Puis l'idée a fait son chemin. Ils ont commencé à la mettre en parallèle avec la solution aérienne, qui était de très loin celle qui était pour eux la seule envisageable. Il y avait bien sûr les Beluga mais aussi d'autres pistes. A cette époque, ils pensaient passer par des dirigeables et ont étudié ce projet très sérieusement. Et puis il y avait bien entendu la solution de passer par la route avec des super camions. Ils ont renoncé au dirigeable après quelques temps, se rendant com

Interviews Louis Dreyfus Armateurs