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Eolien en mer : Engie et EDP vont fusionner leurs activités

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Eolien en mer : Engie et EDP vont fusionner leurs activités

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Le groupe français Engie et EDP Renewable, filiale de l'énergéticien portugais EDP, ont annoncé hier la signature d’un protocole d’accord stratégique en vue de regrouper leurs activités dans l’éolien offshore posé et flottant. Cet accord doit voir la création, dans les prochains mois, d’une société commune détenue à 50% par chacun des partenaires. Cette future joint-venture est présentée comme « l’instrument d’investissement exclusif » d’EDP et Engie dans le développement de champs éoliens en mer à travers le monde. Pour le lancement, le CEO de cette société sera nommé par EDP alors qu’Engie choisira le COO et un président non exécutif. Puis, au bout de trois ans, une rotation sera effectuée entre français et portugais. La localisation du siège de cette future entreprise, ainsi que l’organisation entre les équipes des deux sociétés (Engie emploie une quarantaine de collaborateurs en France dans ce secteur), ne sont pas encore connus. « Cela fait partie des sujets que nous devrons affiner dans les prochains mois lorsque nous construirons cette société commune. Mais il est clair que notre objectif est de croître au fil du développement de nos projets communs, sachant que nos équipes devront monter en puissance à chacune des grandes étapes de ces projets, que sont le développement, la construction puis l’exploitation et la maintenance », explique la directrice générale adjointe d’Engie en charge des énergies renouvelables.

Etre dans les deux premiers mondiaux d’ici 2025

Selon Gwenaëlle Avice-Huet, ce rapprochement « va permettre d’accélérer les objectifs de notre plan stratégique, qui prévoit de développer 3 GW de projets par an ; développer un savoir-faire de spécialité dans une industrie très technologique, technique et sophistiquée ; et pouvoir atteindre une position de leader mondial, c’est-à-dire faire partie du Top 2 à l’horizon 2025 ». Un objectif très ambitieux quand on sait que le numéro 1, le groupe danois Orsted, a déjà plus de 6 GW de champs éoliens en exploitation et 2 GW supplémentaires en développement. 

Taille critique, synergies et complémentarité

Dans une industrie en pleine croissance, où ceux qui ne grossissent pas assez vite risquent de se faire distancer, il s’agit pour Engie et EDPR d’atteindre une taille critique, notamment pour supporter des projets dont le coût de développement est extrêmement important, soit 2 à 3 milliards d’euros par GW. « Le marché est en pleine évolution et nous savons que nous verrons émerger de plus en plus de compétiteurs de grande taille. Nous devons nous y préparer », note Paulo Almirante, directeur général adjoint d’Engie en charge des opérations. Selon lui, le rapprochement avec EDPR est assez naturel : « Nous nous connaissons très bien car nous travaillons déjà ensemble depuis plusieurs années sur certains projets. Et nous sommes très complémentaires dans nos business models ». Gwenaëlle Avice-Huet ajoute : « Nous allons rassembler nos compétences et créer une équipe commune pour accélérer notre développement et avoir plus de projets. Cela, en jouant de nos complémentarités. L’une des grandes forces d’Engie est par exemple l’energy management, la valorisation de l’énergie produite sur les champs, ce qui est atout quand on voit que les projets éoliens évoluent de plus en plus vers des contrats passés directement entre Etats et industriels. EDPR, de son côté, est très fort dans le procurement, qui est un levier d’optimisation important, et a des spécificités géographiques, avec une forte présence au Royaume-Uni et maintenant aux Etats-Unis, où il apportera à la JV sa connaissance du territoire, tout comme Engie le fera pour la France notamment ».

Un portefeuille commun de plus de 5 GW de projets

L’accord est évidemment exclusif, les deux partenaires s’engageant à travailler ensemble sur les futurs développements et mettre en commun leurs participations dans des projets en cours, qu’ils soient déjà menés conjointement ou séparément. Engie met notamment dans la corbeille les futurs parcs français de Dieppe-Le Tréport et Noirmoutier-Yeu (496 MW chacun), le projet de ferme pilote d’éoliennes flottantes à Leucate (24 MW), ou encore sa participation de 17.5% dans le champ belge SeaMaid (487 MW). EDPR apporte de son côté plusieurs gros projets, par exemple au Royaume-Uni avec Moray East (950 MW) et Moray West (800 à 950 MW), ainsi qu’aux Etats-Unis avec Mayflower (éoliennes posées pour une puissance pouvant atteindre 1500 MW). Côté éolien flottant, il y a le parc WFA (Wind Float Atlantic, 25 MW) en cours de construction au Portugal et un projet de 100 à 150 MW en Californie. S’y ajoutent d’autres perspectives en Europe, aux Etats-Unis et en Asie, notamment au Japon et en Corée. « A l’heure actuelle, nous avons 5.5 GW de projets en construction (1.5 GW, ndlr), sécurisés ou en passe de l’être ». Ce qui va représenter un investissement d’une quinzaine de milliards d’euros. A horizon 2025, EDPR et Engie visent l’exploitation de 5 à 7 GW et avoir en développement, à cette date, jusqu’ 10 GW de projets.

Posé et flottant

Eolien posé comme éolien flottant seront les deux piliers stratégiques de la JV, le premier étant plus avancé que le second, qui va cependant arriver bientôt à maturité et ouvre de nouvelles perspectives. « Nous continuerons de privilégier ces deux technologies car elles ne s’adressent pas aux mêmes sites. Le flottant sera plus cher car il y aura plus de câbles sous-marins mais il est pertinent pour les zones où les fonds descendent rapidement, au-delà de ce que l’on peut faire avec l’éolien posé. Notre objectif sera donc de proposer l’énergie la plus compétitive en fonction des caractéristiques de chaque site ».

Engie (ex-GDF Suez)