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Eolien flottant de Groix-Belle-Île: une nouvelle configuration pour le futur parc pilote

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Eolien flottant de Groix-Belle-Île: une nouvelle configuration pour le futur parc pilote

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Suite à la décision de General Electric d’arrêter la production de ses éoliennes offshore de 6 MW pour privilégier sa nouvelle Haliade-X de 12 MW, le consortium en charge du développement du parc pilote d’éoliennes flottantes de Groix Belle-Ile a été contraint de changer son fusil d’épaule. Le plan initial portait en effet sur l’implantation de quatre machines GE de 6 MW. En lieu et place, les porteurs du projet, EOLFI, CGN Europe Energy et la Banque des Territoires, réunis au sein de la société Ferme Eolienne Flottante de Groix & Belle-Ile (FEFGBI), ont décidé d’opter pour des éoliennes plus puissantes tout en réduisant leur nombre à trois. Un accord en ce sens a été signé le 7 octobre avec le turbinier MHI Vestas, qui fournira pour le parc breton ses V164 de 9.55 MW et d’un diamètre de 164 mètres. Des turbines qui seront réalisées au Danemark et assemblées à Brest.

 

Signature le 7 octobre du contrat de fournisseur exclusif entre MHI Vestas Offshore Wind et FEFGBI lors de la visite officielle de la famille royale du Danemark en France

Signature le 7 octobre du contrat de fournisseur exclusif entre MHI Vestas Offshore Wind et FEFGBI lors de la visite officielle de la famille royale du Danemark en France

 

Rester dans le cadre de l’empreinte environnementale et même la réduire

Chez FEFGBI, on explique qu’il n’était pas possible d’envisager l’option d’une Haliade-X pour maintenir une fabrication en France. La nouvelle éolienne géante de GE, produite à Montoir-de-Bretagne, n’a en effet pas encore été déclinée pour une application dans l’éolien flottant. Se posait de plus un problème de gabarit, cette machine allant culminer à 260 mètres de hauteur avec un rotor d’un diamètre de 220 mètres. Soit beaucoup plus que les 180 mètres de hauteur prévus avec l’Haliade-150 de 6 MW. « Nous n’aurions plus été dans les limites de l’impact environnemental prévu pour ce projet, alors que la machine de Vestas, bien que nettement plus puissante, aura une hauteur limitée à 185 mètres, très proche donc de ce que nous avions avec les éoliennes prévues au départ. Nous allons ainsi rester dans le cadre et même diminuer de manière sensible l’impact puisqu’il n’y aura plus que trois éoliennes au lieu de quatre », explique Christophe Chabert, directeur du projet de parc pilote de Groix-Belle-Ile. L’empreinte définitive sur l’espace marin, en cours de finalisation, devrait être au maximum de 9 km², avec un léger éloignement des îles d’environ 1 km, pour une distance d’une quinzaine de kilomètres de Groix et Belle-Ile, et une vingtaine de kilomètres du continent.

Un parc plus en phase avec les nouvelles machines sur le marché

Une évolution qui permet aussi au consortium d’être plus en ligne avec le marché, marqué par une croissance rapide de la puissance des éoliennes. « Avec ce parc pilote équipé de machines de 9.5 MW, nous pourrons démontrer que l’éolien flottant est adapté aux turbines de forte puissance ». Ce changement nécessite évidemment de reprendre une partie des études, notamment sur le flotteur, une structure développée par Naval Energies, filiale de Naval Group, qui aura la même forme mais sera un peu plus imposante et finalement intégralement réalisée en acier (elle devait être initialement hybride, avec une partie en acier et l’autre en béton). « Il y a de l’ingénierie à reprendre et nous sommes actuellement en plein dans ces études pour finaliser le projet. Mais déjà, on se rend compte que le passage de 6 à 9.5 MW aura un impact assez limité sur le poids, qui devrait être de l’ordre de seulement 10 à 15% de plus ». Quant au surcoût de la modification, il sera selon Christophe Chabert en bonne partie absorbé du fait que la puissance globale du parc va passer de 24 à plus de 28.5 MW, soit une production électrique plus importante.

Installation en mer prévue au printemps 2022

Côté calendrier, les délais supplémentaires liés à l’évolution du projet faisaient glisser la phase d’installation à l’hiver 2021/2022. Une saison qui en Bretagne n’est bien sûr pas très opportune pour des travaux en mer. Il a donc été décidé de renvoyer la mise en place des éoliennes au printemps 2022. « C’est une période plus favorable au niveau de la météo et cela nous permet de conserver un calendrier compatible avec le développement de futures fermes commerciales. Nous bénéficierons en effet de deux à trois ans de retour d’expérience à Groix-Belle-Ile avant les parcs commerciaux, pour lesquels, selon les décisions prises dans le cadre de la PPE, le lancement des appels d’offres est espéré en 2021 pour la Bretagne et en 2022 pour la Méditerranée ».

Brest : les discussions se poursuivent sur le modèle industriel

Sur le plan industriel, FEFGBI prévoit toujours de se servir de Brest pour la réalisation des flotteurs puis l’assemblage des éoliennes dont les éléments viendront donc du Danemark. La construction devrait débuter en 2021. « Nous travaillons avec la Région Bretagne et les partenaires industriels locaux pour l’utilisation du polder, avec comme objectif de finaliser le modèle industriel dans les prochains mois ». Un modèle qui devra en particulier déterminer la manière dont seront réalisées les fondations flottantes des futures éoliennes. Plusieurs solutions sont possible, avec par exemple une construction dans l’une des formes de radoub du port de commerce de Brest, l’emploi de barges flottantes ou encore une fabrication modulaire.

Pour mémoire, du temps où le projet de Groix-Belle-Ile était axé sur des machines de 6 MW, Naval Energies prévoyait une fondation avec une embase en forme de « Y » dont les côtés mesuraient entre 60 à 70 mètres, le tout pour un poids compris entre 7000 et 8000 tonnes sur un modèle hybride (dont les deux tiers environ pour l’embase en béton) contre près de 3000 tonnes pour une solution exclusivement en acier. En fin de construction, la structure devait avoir un tirant d’eau inférieur à 8.5 mètres, compatible avec la plupart des ports, et être ensuite ballastée sur son lieu d’exploitation, la partie immergée atteignant alors 18 mètres. Ces chiffres vont bien sûr évoluer suite au changement d’éolienne mais ils donnent un ordre idée du gabarit de ces flotteurs.

 

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