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Éolien flottant : La Bretagne mise sur Groix

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Éolien flottant : La Bretagne mise sur Groix

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La Bretagne mise sur l'éolien flottant. Une ferme pilote de six machines pourrait voir le jour à l'horizon 2019-2020 au large de Groix. Ce serait la première ferme océanique en France. Si les pouvoirs publics donnent leur feu vert. On pourrait alors rêver d'export. 

« On attend avec impatience que les ailes tournent », commente Jean-Paul Aucher, délégué à l'énergie de Lorient Agglomération. Il va, en effet, falloir un peu de patience. Le calendrier : le consortium porté par Eolfi Offshore France, associé à DCNS et à Vinci, a déposé son dossier lundi, répondant ainsi à un appel d'offres de l'Ademe. La réponse sera connue avant la fin de l'année. Si elle est positive, fin 2019, les éoliennes flottantes de Groix pourraient fonctionner. Les responsables de la région, les industriels y croient dur comme fer. Pourquoi ? Le site de Groix est, selon eux, « le plus pertinent ». La ferme pilote d'éoliennes, au Sud de Groix, sur un espace de 17 km², à 15 km de la côte, « est un terrain idéal pour valider la technologie ». Cette zone offre « les conditions de houle parfaitement représentatives du marché potentiel mondial », assure le directeur général d'Eolfi Offshore, Nicolas Paul-Dauphin. Car l'idée, c'est d'aller à l'export à l'horizon 2025 avec des fermes commerciales. Autre atout : la ferme d'éoliennes permet de s'éloigner des côtes et d'aller là où la profondeur est trop importante pour l'éolien posé. Le flottant, on le met où on le veut. Les machines bénéficient de vents réguliers et plus importants et un avantage énorme : il n'y a pas d'impact sur le paysage. « Les pêcheurs soutiennent le projet », insiste Dominique Ramard, délégué à la transition énergétique de la région Bretagne. Ce qui, il est vrai, n'est pas toujours le cas ailleurs. Le dossier paraît bien ficelé. La ferme de Groix pourrait compter jusqu'à six machines d'une puissance unitaire de 6 MW soit 36 MW au total. C'est l'équivalent de la consommation énergétique de la ville de Lorient. Les études, ainsi engagées depuis plusieurs années par DCNS et la Région, « en confiance », dit-on, permettent de respecter « un planning court ». Un atout pour une mise sur le marché rapide.

 

 

200 millions d'euros d'investissements

Au total et au global, l'investissement est de 200 millions d'euros. Eolfi Offshore France est le maître d'ouvrage du projet. Il va finaliser le développement du site et assurer l'exploitation et la maintenance de la ferme. GE-Alstom Wind fournira la turbine éolienne. DCNS, maître d'oeuvre, prendra en charge les flotteurs et assurera l'assemblage final des éoliennes sur le port de Brest. Cela tombe bien : des travaux démarrent et quand les éoliennes arriveront, le quai sera prêt. Vinci prendra en charge la partie béton, DCNS assurera également l'installation en mer. Une machine installée et ballastée pèse tout de même 11.600 tonnes. L'expérience de Groix, la pionnière, est donc capitale. Si le projet aboutit, c'est sur l'export que les partenaires miseront. Avec un potentiel de 6 GW en France et de 80 GW dans le monde, l'éolien flottant est une énergie d'avenir. La Bretagne, les industriels sont prêts à jouer cette carte à fond avec à la clé, dit-on, des milliers d'emplois.

Un article de la rédaction du Télégramme

 

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