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Eolien offshore : Ailes Marines ne tremble pas

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Eolien offshore : Ailes Marines ne tremble pas

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Le projet de parc éolien offshore en baie de Saint-Brieuc va bientôt entrer dans une nouvelle phase. Le 1er août débutera l'enquête publique qui s'achèvera le 30 septembre. En attendant, Adwen (coentreprise détenue à parts égales par Areva et l'espagnol Gamesa), chargée de la conception, fabrication, installation, mise en service et maintenances des éoliennes a commencé à tester l'arbre principal de l'AD 8-180, nom de code du modèle qui sera implanté en mer. Pour mémoire, le parc sera constitué de 62 éoliennes de 216 mètres de hauteur (mât plus pales) développant 8 mégawatts et capables de subvenir aux besoins annuels de 850.000 habitants. « Nous allons produire 8 % de la consommation bretonne », souligne Emmanuel Rollin, directeur du projet chez Ailes Marines, maître d'ouvrage. Ce qui n'est pas négligeable lorsque l'on sait que la Bretagne ne produit que 12 % de ses besoins en électricité.

 

 

Recours attendus

Les éoliennes les plus proches seront situées à 16 km du continent et à 37 km au sud de Jersey, le tout couvrant une superficie de 75 km², sachant que chaque éolienne implantée sur une même ligne sera espacée de 1000 mètres et que 1300 mètres sépareront deux lignes d'éoliennes. Un chantier estimé à 2.5 milliards d'euros, avec à la clé 2000 emplois directs dans le Grand Ouest. La fabrication des éoliennes est prévue au Havre, les fondations seront conçues à Brest, alors que les sous-stations électriques pourraient être réalisées à Saint-Nazaire. Théoriquement, le chantier devrait débuter en 2018 pour une mise en service en 2020. Un calendrier qui bien entendu ne tient pas compte des recours probables que ne manqueront pas d'introduire les opposants. De quoi, bien évidemment, pouvoir retarder le projet.

 

Le projet d'usines havraises présenté en 2012 (© AREVA)

Le projet d'usines havraises présenté en 2012 (© AREVA)

 

Siemens entre dans le jeu

Un projet qui, ces derniers mois, a déjà suscité quelques inquiétudes du côté du Havre depuis que le groupe allemand Siemens a annoncé son intérêt pour Gamesa. Au passage, il deviendrait le numéro un mondial dans l'offshore. Seulement, outre Rhin, l'industriel n'intègre pas dans son projet de reprise les technologies développées par Areva avec son partenaire espagnol ni les usines de construction d'éoliennes en Normandie (annoncées par Areva dans le cadre de l'appel d'offres dont le groupe est sorti lauréat en 2012). Des soubresauts qui ne semblent pas inquiéter Ailes Marines. « L'État est aux manettes dans cette négociation. Des clauses ont été annoncées dans l'appel d'offres, les engagements doivent être respectés », insiste Emmanuel Rollin. L'enjeu étant de construire une filière industrielle complète en France. Après avoir raté le coche de l'éolien terrestre, l'État n'entend pas passer à côté de l'éolien offshore. Sur le terrain, Ailes Marine va devoir patienter jusqu'en mars 2017 pour obtenir les arrêtés préfectoraux d'autorisation. D'ici là, l'industriel s'attache à répondre aux recommandations de l'autorité environnementale qui, début mai, a demandé des précisions concernant l'impact, entre autres, sur les mammifères marins, la faune marine. Le maître d'ouvrage étudie même la possibilité, pour éviter les nuisances sonores lors du battage des pieux, de mettre en place un rideau de bulles d'air, jouant le rôle d'isolant phonique. Parallèlement, il réfléchit à l'éventualité d'ouvrir, sur la partie est de la baie de Saint-Brieuc, un pôle touristique autour de l'éolien et de la mer. Une dimension touristique auquel il croit particulièrement.

 

Un article de la rédaction du Télégramme

 

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