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Eolien offshore : Alstom lance la construction de ses usines à Saint-Nazaire

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Eolien offshore : Alstom lance la construction de ses usines à Saint-Nazaire

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La construction des deux premières usines Alstom dédiées à la fabrication de turbines d’éoliennes offshore a officiellement débuté hier. La cérémonie s'est déroulée en présence du premier ministre, Jean-Marc Ayrault, ainsi que de Pierre Moscovici, Arnaud Montebourg et Delphine Batho, respectivement ministres de l'Economie et des Finances, du Redressement productif, ainsi que du Développement durable et de l'Energie. Implantés sur un site de 14 hectares dans la zone industrialo-portuaire de Montoir-de-Bretagne, près de Saint-Nazaire, les deux nouveaux bâtiments s’étaleront sur 25.000 m² et auront une capacité de production de 100 machines par an. Ces usines seront spécialisées dans la fabrication de la nacelle et de l’alternateur d’Haliade 150, la nouvelle turbine de très forte puissance (6 MW) développée par Alstom et dont le prototype a été érigé l’an dernier sur le site du Carnet, à quelques kilomètres de là.

Le site, qui débutera  son activité en 2014, remplacera l’atelier temporaire d’Alstom installé à Saint-Nazaire, près des chantiers STX France, et qui travaille actuellement sur les préséries d’Haliade 150. Il vient aussi d’achever la seconde turbine de ce type, qui va rejoindre dans les prochains jours Ostende, en Belgique, pour être installée et testée en conditions réelles dans un environnement marin (ce premier prototype d’Haliade 150 implanté en mer sera intégré au champ Belwind, qui compte 55 éoliennes).

 

 

Vue du futur site d'Alstom à Montoir (© : ALSTOM)

Vue du futur site d'Alstom à Montoir (© : ALSTOM)

 

Vue du futur site d'Alstom à Montoir (© : ALSTOM)

Vue du futur site d'Alstom à Montoir (© : ALSTOM)

 

Le prototype installé au Carnet (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le prototype installé au Carnet (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

240 machines prévues pour les parcs français

 

 

Les Haliade 150 doivent être livrées à 240 exemplaires à EDF EN, leader d’un consortium comprenant également Alstom et qui a été retenu pour développer trois champs (Guérande, Courseulles-sur-Mer, Le Tréport) dans le cadre du premier appel d’offres français sur l’éolien offshore. Les industriels en sont actuellement à la période levée de risques, qui doit permettre de valider la viabilité technique et financière de leurs projets. L’objectif demeure aujourd’hui d’implanter les premières machines au large des côtes hexagonales en 2016. Au-delà du marché « domestique », Alstom vise également l’export et convoite notamment les très nombreux projets en cours de développement en Europe du nord, plus particulièrement dans les eaux britanniques.

En plus du site nazairien, deux autres usines doivent être implantées à Cherbourg afin de réaliser les pales et les mâts des éoliennes de type Haliade 150. Alstom, qui n’avait pas construit d’usine en France depuis près de 30 ans, s’est engagé à créer 1000 emplois directs sur le territoire national dans le domaine des énergies marines renouvelables (EMR). Devraient s’y ajouter 4000 emplois au sein de la sous-traitance et des fournisseurs du groupe,  ainsi que 2000 emplois supplémentaires liés aux activités du consortium emmené par EDF EN, essentiellement pour les fondations, l’installation et la maintenance des éoliennes.

 

 

 

 

 

Vague de recrutements en perspective

 

 

A elles seules, les usines de Saint-Nazaire et Cherbourg doivent, respectivement, employer 300 et 500 personnes. Alors que les effectifs seront constitués à 60% d’ouvriers qualifiés des métiers de l’électromécanique et la manutention, 15 à 20% d’ingénieurs seront recrutés afin d’occuper des fonctions liées aux méthodes de production, au suivi de la qualité ou encore à la logistique. Les recrutements se feront progressivement entre 2014 et 2018, l’activité débutant à Montoir avec le transfert des personnels de l’atelier temporaire de Saint-Nazaire. Alstom confirme, par ailleurs, la création dans la métropole de Nantes Saint-Nazaire d’un centre d’ingénierie spécialisé dans les EMR. Cette structure emploiera 200 personnes, dont 80% d’ingénieurs, les recrutements étant actuellement en cours.

 

 

Dans l'atelier temporaire de Saint-Nazaire (© : ALSTOM)

Dans l'atelier temporaire de Saint-Nazaire (© : ALSTOM)

 

 

Construire une nouvelle filière industrielle

 

 

Le groupe insiste également sur la nécessité du développement d’un réseau de fournisseurs locaux, une part très importante des volumes produits devant être sous-traités. Dans cette perspective, Alstom a rencontré, depuis 2011, plus de 500 entreprises. Les premiers contrats avec les fournisseurs de composants ou de services aux nouvelles usines devraient être signés en 2014, Alstom comptant notamment, dans la région nazairienne, s’appuyer sur le réseau Neopolia.

En ajoutant au programme d’Alstom les développements prévus par son concurrent Areva, qui travaille au sein du consortium emmené par Iberdrola (lauréat sur le premier appel d’offres du champ de Saint-Brieuc) et va implanter deux usines de fabrication d’éoliennes M5000 (5 MW) au Havre, avec à la clé la création de 700 emplois directs et de nombreux autres dans la sous-traitance, l’objectif des industriels et des pouvoirs publics, collectivités locales en tête, est de voir émerger une nouvelle filière.  

Un objectif de développement économique et de création de nouveaux emplois, mais aussi destiné à voir émerger de nouvelles technologies. A ce titre, le secteur va bénéficier du soutien de l'Etat à travers notamment le Plan d'Investissements d'Avenir, qui vise à renforcer la recherche et l’innovation, à mettre au point de nouvelles technologies, à accroître la compétitivité des entreprises. Dans le domaine de l'éolien offshore, Coriolis bénéficiera par exemple du PIA. Ce projet, présenté hier matin au premier ministre, a pour objectif de concevoir un outil industriel performant pour produire des composants d’éoliennes offshore et les assembler. « Le PIA accompagnera ainsi le développement d’une nouvelle filière technologique qui permettra d’atteindre les objectifs ambitieux fixés en matière d’énergies renouvelables d’ici 2020 », note Matignon.

 

 

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