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Eolien offshore : La région des Pays de la Loire va soutenir trois projets

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Eolien offshore : La région des Pays de la Loire va soutenir trois projets

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Une diversification dans l'air du temps. Les chantiers STX de Saint-Nazaire, entourés par de nombreux acteurs du bassin industriel ligérien, ont signé le 12 mai trois conventions avec la région Pays de la Loire d'aide à ses trois projets d'innovation liés à l'éolien offshore. Poséole, Wattéole et Fondéole vont ainsi bénéficier d'une subvention régionale de 2.23 millions d'euros, dont 1.141 million d'euros pour le chantier STX. Un signe de plus de la politique très volontariste de la région Pays de la Loire en matière d'énergies marines renouvelables. Directement concernée par le premier appel d'offres national sur l'implantation des champs d'éoliennes offshores avec le site du banc de Guérande, la région Pays de la Loire pourrait également bénéficier du récent revirement politique en faveur du site des Deux Iles (au large de l'île d'Yeu et Noirmoutier). Ce alors que la région Pays de la Loire pousse les industriels à créer une filière locale et profiter des retombées potentielles de l'implantation, puis de l'entretien de centaines de machines au large de ses côtes.

30 millions d'euros sur 10 ans pour les EMR

« Grâce à une mobilisation exemplaire des acteurs ligériens qui ont su unir leurs forces pour tirer profit des atouts du territoire, la région a acquis une réelle longueur d'avance dans le domaine des EMR, tant sur le plan scientifique qu'industriel. La dynamique s'accélère encore et va nous permettre de concrétiser notre ambition, à savoir l'émergence d'une filière EMR leader en France et porteuse d'avenir pour notre région », se réjouit ainsi Jacques Auxiette, président du Conseil régional des Pays de la Loire. Outre les subventions pour les trois projets portés par STX, la région a cherché à développer une filière de formation, notamment en maintenance éolienne (Greta et au lycée Claude Chappe d'Arnage) et d'ingénierie, à l'image du développement du site d'essais en mer du Croisic et la plateforme R&D Technocampus de l'océan développée avec DCNS et inscrite dans l'IRT Jules Verne. La recherche dans le domaine est par ailleurs vivifié par l'École Centrale de Nantes, qui possède déjà des pôles de recherche de génie océanique. La région Pays de la Loire a déjà consacré 6 millions d'euros aux énergies marines renouvelables et compte y investir 30 millions d'euros dans les dix prochaines années.

Des projets industriels autour des éoliennes offshore

Les trois projets développés par STX portent sur les fondations d'éoliennes offshores, les bateaux de pose d'éoliennes et les sous-stations électriques pour les champs. Trois domaines industriels situés autour de la machine à proprement parler, mais qui peuvent sans doute trouver leur place dans le montage des consortiums pour remporter l'appel à projets. Devant l'ampleur des sommes en jeu pour implanter les champs d'éoliennes, les développeurs, comme Nass&Wind ou WPD pour les champs ligériens, vont s'associer à des industriels et des énergéticiens capables d'investir les sommes nécessaires et possédant le savoir-faire technique pour mener l'installation de bout en bout. STX, et toute la filière industrielle ligérienne, pourrait donc ainsi jouer sa carte au moment de la création de ces consortiums. À l'horizon 2020, cela pourrait signifier la création de près d'un millier d'emplois locaux.

Le projet Fondéole   (© : STX FRANCE)
Le projet Fondéole (© : STX FRANCE)

Fondéole, des fondations innovantes pour éoliennes

Le premier projet, Fondéole, vise à fournir le marché en fondations innovantes d'éoliennes offshore et ce, dès le premier appel d'offres français. Pour cela, les partenaires associés dans le projet (STX Solutions, STX France, Centrale Nantes et EMCC) ont adopté une démarche en trois axes : établir un état de l'art de l'ensemble des champs éoliens offshore en Europe et assurer une veille technologique tout au long du projet, développer les outils, méthodes et processus de calculs pour les fondations pour éoliennes (fondation gravitaire béton, mixte acier/béton, transportable et autoinstallables, une ou plusieurs fondations de type jacket, fondations mixtes). L'innovation consiste à proposer un ou plusieurs nouveaux types de fondations d'éoliennes offshore qui permettront l'installation facilitée par grande profondeur, en mer ouverte avec des conditions météorologiques contraignantes et sur des sols de natures différentes (fond rocheux...). Fondéole veut réduire les coûts des structures à travers une optimisation de plusieurs facteurs (poids, installation et ancrage, durée de vie et l'intégration de la phase de démantèlement). Grâce à ces différentes innovations, l'empreinte carbone des parcs éoliens en serait d'autant réduite.

Le projet Poséole   (© : STX FRANCE)
Le projet Poséole (© : STX FRANCE)

Poséole : des navires poseurs d'éoliennes complètes

Le second projet, Poséole, est mené par STX France, Centrale Nantes, le Bureau Veritas et Nov BLM. Le projet développe un concept de pose d'éoliennes innovant pour les champs éoliens offshores. Le concept dans sa version actuelle repose sur l'assemblage complet d'une éolienne sur sa fondation gravitaire dans un site portuaire. Le tout est assemblé avec la fondation partiellement immergée, ce qui réduit le poids apparent de l'ensemble. Le navire, à l'architecture adaptée et par ses caractéristiques semi-submersible, permet de saisir l'éolienne à son embase. Grâce à un système de levage sur le principe du « jacking » à pignon à crémaillère, le navire transporte l'éolienne avec une bonne tenue à la mer. Il est alors en mesure de déposer l'éolienne dans une profondeur de 45 mètres d'eau, rapidement et en toute sécurité, ce qui permet d'assurer une grande rotation. Les travaux d'assemblage de l'éolienne sont réalisés au port. En parallèle, le projet de conception de fondation gravitaire Fondéole permet de dimensionner correctement le colis pour le navire. A l'horizon 2020, le besoin en navires d'installation dédiés à l'éolien offshore pour l'Europe est estimé à 30 unités dont le coût moyen est environ 150 millions d'euros, soit 4.5 milliards d'euros.

Le projet Wattéole   (© : STX FRANCE)
Le projet Wattéole (© : STX FRANCE)

Wattéole, une sous-station électrique standardisée

Le troisième projet, Wattéole, est porté par STX France en collaboration avec l'école de design de Nantes, Centrale, les sociétés Gestal et Clarte, ainsi que le laboratoire nantais spécialisé dans l'électrotechnique de l'IREENA. Il vise à développer un nouveau concept de sous-stations électriques pour les champs offshores. Il s'agit notamment à en standardiser la fabrication, tout en en facilitant l'installation en mer et en sécurisant l'exploitation.

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