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Eolien offshore : Le CMF s'inquiète du retard pris par les projets français

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Eolien offshore : Le CMF s'inquiète du retard pris par les projets français

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Le Cluster Maritime Français s'inquiète des retards « répétés et inquiétants » dans le développement de champs éoliens offshores au large des côtes hexagonales. Le 7 janvier 2010, l'Etat annonçait le lancement imminent de l'appel à propositions pour la construction, à l'horizon 2020, de 6 Gigawatts de puissance éolienne en mer, dans le but d'une part de satisfaire les objectifs européens de la Directive Energie et Climat, et d'autre part de lancer la filière française de l'industrie des énergies marines, le tout devant permettre la création de quelques 8000 emplois. Un an après cette déclaration, les professionnels concernés s'inquiètent d'un nouveau report du lancement de l'appel à propositions et alertent l'Etat sur les conséquences de ce report sur l'emploi industriel et sur l'avenir de la filière française des Energies Marines Renouvelables (EMR). « De nombreux acteurs de la construction et des activités navales, membres du Cluster Maritime Français, sont inquiets des rumeurs qui circulent et des propos ambigus tenus par certaines autorités, notamment sur le report du lancement de l'appel à propositions pour l'installation de parcs éoliens en mer, ainsi que sur le nombre limité et la taille restreinte des zones dites "propices" dans lesquels les projets seraient autorisés. Ils souhaitent que ces zones propices, dont ils espèrent la publication imminente, permettent, par leur taille et leur nombre, la réalisation des projets les plus matures en cours de développement », explique le CMF. Ce dernier estime que, les opérateurs et acteurs économiques locaux, répondant au souhait gouvernemental de janvier 2010 de privilégier des projets industriels rapidement opérationnels (et) qui se sont impliqués de longue date, ne comprendraient pas que leurs projets soient écartés ou que leur puissance soit diminuée, surtout lorsque qu'ils ont fait l'objet d'une concertation large, voire ont franchi le stade du débat public et lorsqu'ils satisfont, entre autres par le choix de zones éloignées proposées et judicieusement choisies, les critères esthétiques les plus sévères » .

18 milliards d'euros d'investissements

Les professionnels de la filière, soutenus par le Cluster, estiment que les EMR, au premier rang desquelles l'énergie éolienne offshore, « ont un très fort potentiel, tant énergétique qu'environnemental, industriel, ou encore social, tous points correspondant aux priorités de la politique maritime française réaffirmée dans le discours de la ministre du développement durable aux Assises de la mer de Toulon le mois dernier ». Pour parvenir à développer une véritable filière en France, les acteurs des différents projets demandent à l'Etat une visibilité à court et moyen terme, seule à permettre de réaliser les investissements nécessaires. Car, pour parvenir aux 6000 MW envisagés en 2020, il faudra investir 18 milliards d'euros, dont les deux tiers pour les entreprises françaises. Fortes du développement de projets le long du littoral, celles-ci pourraient ensuite se positionner à l'international, notamment en Europe du nord, où le marché est estimé à 130 milliards d'euros, pour lequel les professionnels estiment que 10% « pourraient aisément être captés par les entreprises françaises en s'appuyant sur le socle national de l'appel à projets ».

Des parcs de grande dimension

C'est pourquoi la filière attend que le premier appel à projets couvre, comme indiqué à la fin de l'été par Jean-Louis Borloo, alors ministre de l'Ecologie, des parcs d'une puissance cumulée de 3000 MW. Les professionnels souhaitent aussi que « le cahier des charges de l'appel à projets encourage les dossiers les plus matures, et que les zones propices issues de la planification soient les plus grandes possible, permettant par exemple de construire des parcs de 600 MW ou plus (condition sine qua non pour permettre l'émergence de réalisations structurantes, éviter l'essaimage, favoriser par l'effet d'échelle une forte diminution des coûts pour la collectivité, et enfin pour atteindre les objectifs de 6 GW à l'horizon 2020) ». Ils ajoutent que « cela n'est pas contradictoire, et donc ne doit pas être opposé à l'existence de projets de taille modeste, qu'ils soient expérimentaux ou justifiés économiquement et/ou appropriés à des contextes particuliers ». Enfin, le CMF pense que « ces parc éoliens marins devront être suffisamment nombreux pour permettre un développement équilibré, notamment entre les différentes grandes places portuaires prêtes à travailler ensemble, comme l'a récemment montré l'alliance stratégique signée par les ports du Havre et de Saint-Nazaire sur ce sujet de l'éolien en mer ».

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