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Eolien offshore : les Etats-Unis veulent déployer 30 GW d’ici 2030

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Eolien offshore : les Etats-Unis veulent déployer 30 GW d’ici 2030

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L’administration Biden a annoncé, lundi 29 mars, ses objectifs pour relancer l’éolien offshore aux USA. Elle veut que les Etats-Unis déploient 30 GW d’ici 2030, pour ensuite atteindre 110 GW en 2050. La Maison Blanche prévoit que ce plan déclenche 12 milliards de dollars d’investissement dans des projets sur les deux côtes américaines, créant 44.000 emplois dans le secteur d’ici 2030.

Zone prioritaire, subventions et crédits, R&D

Une nouvelle « zone d’énergie éolienne prioritaire » a également été définie entre Long Island et le New Jersey, dans une zone d’eaux peu profondes. Elle a été choisie pour son potentiel dans le développement et la création des projets offshore et sa proximité avec de grands bassins de population urbaine.

Pour construire rapidement les nouveaux champs, le Bureau of Ocean Energy Management (BOEM, dépendant du département de l’intérieur) prévoit de faire progresser de nouveaux processus d’attributions. Il doit aussi achever l’examen de 16 nouveaux plans de construction et d’exploitation d’ici 2025, représentant 19 GW. L’administration Biden souligne que la réalisation de ces objectifs permettra de moderniser les ports, de créer des nouvelles usines pour les différents composants des éoliennes et des câbles, de construire des navires spécialisés…

Des subventions (230 millions de dollars) seront attribuées pour soutenir l’investissement dans la modernisation de l’infrastructure portuaire, ainsi que dans l’infrastructure terrestre (zones de stockage, de construction, de chargement des navires éoliens…). Le département de l’Energie accordera aussi des prêts sur une enveloppe de 3 milliards de dollars pour soutenir l’industrie éolienne offshore.

L’administration Biden entend aussi soutenir la recherche et le développement. 8 millions de dollars doivent être attribués par le National Offshore Wind Research and Development Consortium (NOWRDC) à 15 projets de recherche. Ces projets porteront sur l'innovation des structures de soutien offshore, le développement de la chaîne d'approvisionnement, l'innovation des systèmes électriques et l'atténuation des conflits d'utilisation afin d’aider à réduire les freins et coûts au développement de l’éolien offshore.

Enfin, un partenariat a été passé entre Ørsted et la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) pour partager des données physiques et biologiques dans les eaux américaines où le groupe danois exploite des champs. La NOAA envisage de faire de même avec d’autres entreprises pour améliorer ses connaissances océanographiques.

Un retard à combler

Aux Etats-Unis, le secteur de l’éolien offshore est encore à la peine, après quatre ans d’administration Trump. Si l’éolien terrestre représentait 8% de la production électrique dans le pays, il ne compte qu’un seul champ éolien offshore, Block Island, au large de l'Etat de Rhode Island, opéré par Ørsted avec cinq turbines Alstom Haliade de 6 MW.

A titre de comparaison, le Royaume-Uni, leader mondial, a déjà développé environ 10 GW et ambitionne d’atteindre 40 GW en 2030. La Chine frôle, elle aussi, les 10 GW. Plusieurs projets ont été lancés en France mais il n’y a, à ce jour qu’une seule éolienne en service, le démonstrateur flottant Floatgen sur le site d'essais du Croisic. La France souhaite atteindre 5.2 GW d’éolien posé et flottant en 2028. A l’échelle de l’Union européenne, ce sont 12 GW qui ont déjà été installés avec l’objectif d’atteindre 60 GW d’ici à 2030 et 300 GW d’ici à 2050.

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