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Eolien offshore : les six projets confirmés et le prix de rachat fortement baissé

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Eolien offshore : les six projets confirmés et le prix de rachat fortement baissé

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C’est Emmanuel Macron lui-même qui s’est chargé de l’annonce lors de son déplacement en Bretagne hier. Les six premiers projets de parcs éoliens offshore (Saint-Nazaire, Saint-Brieuc, Courseulles, Fécamp, le Tréport et Yeu-Noirmoutier) des deux premiers appels d’offres sont confirmés. Un certain soulagement pour la filière industrielle offshore alors que les dernières semaines ont vu la crainte de l’abandon pur et simple de certains de ces projets.

Les tensions n’ont cessé depuis le 9 mars et le dépôt, par le gouvernement, d’un amendement au projet de loi pour une société de confiance prévoyant la possibilité de renégocier les tarifs de rachat sur les champs déjà attribués, voire même de reprendre les procédures à zéro. Retoqué par le Sénat, le principe du texte a quand même été repris par la commission mixte paritaire en vue des débats en dernière lecture du projet de loi qui doivent se tenir la semaine prochaine.

La logique du gouvernement est de comparer les prix de rachat négocié en 2012 et 2014, 200 euros/MWh, avec ceux actuellement pratiqués dans les parcs du Nord de l’Europe qui, pour certains, se passent de subventions publiques. Face à eux, les industriels ont expliqué, avec notamment un rapport détaillé du Syndicat des Energies Renouvelables, que l’on ne peut aligner le prix de l’électricité d’une filière émergente, où les infrastructures sont en cours de création, avec celui de pays, comme le Danemark ou l’Allemagne, où le secteur est mûr, implanté et amorti depuis une quinzaine d’années. Les inquiétudes ont culminé avec la signature, le 12 juin, par une soixantaine d’industriels et de collectivités locales de l’« appel de Cherbourg » s’élevant contre la remise en cause des six premiers parcs éoliens.

Un prix de rachat qui passe de 200 à 150 euros/MWh

C’est dans ce contexte qu’intervient l’annonce du président de la République. Immédiatement accompagnée de l’annonce d’une baisse du prix de rachat de 200 à 150 euros/MWh, soit une économie de 15 milliards d’euros pour les comptes publics. Ainsi, la facture totale pour l'Etat sur la durée des projets doit passer de 40 à 25 milliards d’euros. Le bras de fer engagé par le gouvernement a payé, les industriels, face à la menace de l’abandon des projets, ont dû renégocier. « La réalité économique de l’éolien en mer a fortement évolué en dix ans. Les industriels ont proposé des économies significatives entrainant une réduction de 30 % des tarifs à la mise en service, ce qui permet de réduire le coût de soutien public de 40 % », dit Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire.

Du côté des industriels, de la Fédération de l’Energie Eolienne et du Syndicat des Energies Renouvelables, ainsi que des collectivités locales, l’annonce est saluée, comme il se doit. Mais, en coulisse, on s’interroge sur le signal donné : le pire a été évité, certes, mais à quel prix ? Ce schéma d’intervention gouvernementale a posteriori, un précédent dont on peut craindre qu'il fasse jurisprudence, pourra-t-il se reproduire dans d’autres projets ? Et dans ce cas, comment établir des business plans solides et surtout, comment instaurer la confiance des investisseurs français comme étrangers ?

Pour l’instant, cette annonce devrait permettre la mise en chantier des six parcs concernés, qui vont peut-être devoir faire l'objet d'évolutions compte tenu de ces nouvelles contraintes économiques. Le calendrier donné par le gouvernement prévoit des mises en service en 2021 pour Saint-Nazaire, 2022 pour Fécamp, 2023 pour Courseulles, Saint-Brieuc et Le Tréport et 2024 pour Noirmoutier.

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