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Eolien offshore : Près de 10.000 emplois pourraient être créés en France

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Eolien offshore : Près de 10.000 emplois pourraient être créés en France

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Après l'annonce vendredi des résultats de l'appel d'offres pour l'implantation des premiers parcs éoliens offshores en France, les industriels lauréats ont confirmé leurs projets pour développer cette nouvelle filière. Pour mémoire, ces plans ne sont pas encore figés. Il s'agit pour l'heure de projections partant du principe que les perspectives envisagées jusqu'ici seront encore d'actualité à l'issue de la période de levée de risquez, qui se déroulera sur les 18 prochains mois. Sur ce laps de temps, les consortiums retenus vont mener d'importantes études techniques et financières afin de valider la faisabilité de leurs projets. Des campagnes de carottages en mer seront ainsi menées afin de connaitre avec précision la nature des fonds marins et, par exemple, entériner les types de fondations pouvant être mis en place. L'un des enjeux sera notamment de vérifier, à l'issue de ces études, que les solutions envisagées sont, en termes de technologies à mettre en oeuvre et de coûts inhérents, en adéquation avec le prix de rachat de l'électricité annoncé dans les dossiers de candidature.

 Le prototype d'Haliade 150   (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)
Le prototype d'Haliade 150 (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

EDF EN annonce 7500 emplois, notamment à Saint-Nazaire et Cherbourg

A l'issue de l'appel d'offres, le consortium emmené par EDF Energies Nouvelles et Alstom (alliés à l'énergéticien danois Dong Energy ainsi que les développeurs Nass & Wind et WPD Offshore) a emporté le gros de la mise puisqu'il a été retenu pour les sites de Guérande, Courseulles-sur-Mer et Fécamp. L'ensemble totalise un volume d'environ 240 éoliennes pour une puissance installée allant jusqu'à 1.5 GW. EDF EN estime que pour mener à bien ces projets, 7500 emplois seront créés. Alstom, qui doit équiper les trois champs avec son Haliade 150, une turbine de 6 MW, dispose d'un marché potentiel de 2 milliards d'euros. Le groupe prévoit de créer 1000 emplois directs et 4000 emplois indirects, avec l'implantation de quatre usines et un investissement de l'ordre de 100 millions d'euros dans cette nouvelle filière. La mise en oeuvre de ce plan industriel débutera en 2013 avec le lancement du recrutement et de l'installation des premières usines à St-Nazaire et Cherbourg. Le démarrage de la production est prévu en 2014. Le groupe précise qu'il a, par ailleurs, déjà mené des échanges avec plusieurs centaines d'entreprises implantées localement afin d'identifier et d'organiser une chaîne de sous-traitance française qui permettrait de porter à 5000 au total le nombre d'emplois pérennes générés par ce projet. A Saint-Nazaire, les usines d'assemblage des nacelles et de fabrication des alternateurs seront localisées en bord de quai sur 14 hectares de la zone portuaire de Montoir-de-Bretagne. Elles emploieront 300 personnes.

Haliade 150 (© : ALSTOM)
Haliade 150 (© : ALSTOM)

La production des pales, en partenariat avec LM Wind Power, ainsi que la fabrication des mâts se feront à Cherbourg, où les deux usines représenteront 500 emplois directs supplémentaires. 200 emplois additionnels viendront compléter ce dispositif au sein d'un centre d'ingénierie et de R&D Alstom dédié aux énergies marines et implanté dans la région des Pays de la Loire.
En parallèle des sites pour la construction des fondations, l'assemblage des éoliennes et l'installation en mer seront menés à partir de certains ports, le consortium n'ayant pas précisé les lieux retenus. Initialement, le port de Brest avait été avancé par EDF EN mais cette localisation se faisait pour le groupe dans la perspective d'emporter également le site de Saint-Brieuc. Or, ce dernier a été attribué à son concurrent Iberdrola. La partie pourrait donc finalement se jouer entre Saint-Nazaire, Cherbourg et Le Havre. Concernant l'exploitation et la maintenance des parcs une fois ceux-ci en service, des centres doivent être créés à La Turballe, Caen-Ouistreham et Fécamp.

 (© : AREVA)
(© : AREVA)

Iberdrola prévoit la création de 2000 emplois en Normandie et en Bretagne


Le second consortium lauréat de l'appel d'offres est emmené par le groupe espagnol Iberdrola, allié aux Français Eole-RES, Areva, Technip et Neoen Marine. S'il n'a pas obtenu le champ de Guérande, sur lequel il postulait, le groupement a décroché le site de Saint-Brieuc. Bien qu'il n'emporte que la moitié des projets convoités, Areva, qui mise beaucoup sur les opportunités futures sur les marchés internationaux, notamment au Royaume-Uni, a confirmé vendredi la création de deux usines au Havre. L'une de ces usines assurera la fabrication de sa turbine M5000, de 5MW, jusqu'à 100 machines de ce type devant équiper le parc de Saint-Brieuc, pour une puissance installée de 500 MW (permettant d'alimenter en électricité l'équivalent d'une ville de 650.000 habitants, chauffage compris). La seconde usine havraise d'Areva sera dédiée à la fabrication des pales. Au total, l'activité éolienne en mer d'Iberdrola et ses partenaires permettra la création de quelque 2000 emplois à travers un réseau étendu de partenaires et de fournisseurs dans toute la France, particulièrement en Bretagne. A titre d'exemple, la ferme éolienne permettra la création de 140 emplois directs dans la baie de Saint-Brieuc pendant toute la période d'exploitation, soit 20 ans au minimum. De son côté, Technip prévoit de consacrer aux projets 300 emplois - majoritairement localisés en Bretagne - pour l'ingénierie et l'installation en mer des câbles, des fondations et des éoliennes. Enfin, on rappellera qu'Iberdrola avait signé l'an dernier des accords avec les chantiers STX France de Saint-Nazaire et le groupe Eiffage (au moment où celui-ci était candidat à la reprise du chantier brestois Sobrena) pour la réalisation de fondations d'éoliennes.

 (© : BRETAGNE DEVELOPPEMENT)
(© : BRETAGNE DEVELOPPEMENT)

Un objectif de 6 GW installés d'ici 2020

Dans une période économiquement difficile, l'éolien offshore offre donc une opportunité unique pour bassins d'emplois normands, bretons et ligériens. Evidemment, les projets annoncés aujourd'hui devront voir, dans les 18 prochains mois, leur faisabilité confirmée. Mais les industriels se veulent confiants. Pour mémoire, les premiers parcs devraient entrer en service vers 2018, année où RTE doit avoir achevé le raccordement des champs offshores au réseau électrique terrestre. Après le premier appel d'offres, qui portait sur cinq sites et dont un a été déclaré infructueux (Le Tréport), un second appel d'offres doit être lancé au cours du second semestre. Le champ vendéen des Deux îles, entre Noirmoutier et l'île d'Yeu, devrait y figurer. L'objectif de la France est de se doter de 6 GW d'éoliennes offshores d'ici 2020, soit 3.5% de la consommation nationale d'énergie. Les quatre sites retenus à l'occasion du premier appel d'offres doivent offrir jusqu'à 2 GW.

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