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Eolien offshore : Saint-Nazaire lance la construction d’une sous-station électrique

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Eolien offshore : Saint-Nazaire lance la construction d’une sous-station électrique

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Construction Navale

Après un an d’études, le chantier STX France de Saint-Nazaire a annoncé hier avoir débuté la construction du « P34 ». Il s’agit de l’énorme sous-station électrique destinée au champ éolien offshore Arkona. Développé par l’énergéticien allemand E.ON et le groupe norvégien Statoil, ce parc, qui représente un investissement de plus d’1.2 milliard d’euros, est construit dans les eaux allemandes de la mer Baltique. Doté de 60 éoliennes Siemens de 6 MW chacune, il doit être pleinement opérationnel en 2019.

Elément crucial du champ, car chargée de transformer le courant produit par les turbines au bon voltage avant de l’expédier vers le réseau terrestre, la sous-station qui va naître à Saint-Nazaire sera gigantesque. Avec sa capacité de 385 MW, elle sera l’une des plus puissantes réalisées jusqu’ici dans le monde. Son topside (partie supérieure reposant sur la fondation), à lui seul, pèsera environ 4000 tonnes. Une masse à comparer aux 1400 tonnes du topside de la première sous-station réalisée à Saint-Nazaire, celle de 218 MW livrée en 2014 à l’énergéticien Dong pour le champ britannique Westermost Rought.

 

La fondation jacket et le topside de la station livrée à Dong en 2014 (© STX FRANCE - BERNARD BIGER)

La fondation jacket et le topside de la station livrée à Dong en 2014 (© STX FRANCE - BERNARD BIGER)

 

C’est donc à un équipement d’une toute autre ampleur que le chantier nazairien s’est attaqué. Et cette fois, il s’agit en plus d’un contrat EPCI, c’est-à-dire « clés en main », STX France étant responsable de l’ensemble des études, de la fabrication, du transport et de l’installation en mer. En plus du topside, STX France va aussi réalisation la fondation, de type jacket, ainsi que les piles de maintien.

Réalisée dans la nouvelle usine Anemos, dédiée aux énergies marines, la structure du P34 sera achevée d’ici la fin de l’année, ouvrant la voie aux travaux de peinture et au montage des équipements qui commenceront début 2017. L’installation finale au large des côtes allemandes est prévue à l’été 2018.

 

L'usine Anemos (© STX FRANCE - BERNARD BIGER)

L'usine Anemos (© STX FRANCE - BERNARD BIGER)

 

Signée en juillet 2015, cette commande, qui va mobiliser une centaine de personnes, est un projet à très forte valeur ajoutée pour le chantier : «  La station est équipée des technologies les plus sophistiquées pour garantir un haut niveau de fiabilité et pour optimiser les travaux d’opérations et de maintenance », souligne STX France, dont les principaux partenaires seront Schneider Electric pour le package électrique et ABB pour les transformateurs. SHL sera quant à lui responsable des opérations de transport et d’installation. « Le topside d’une masse d’environ 4000 tonnes sera installé en une seule opération, ce qui constitue un record dans le domaine des station électrique HVAC (high voltage alternating current) : une référence sur le marché de l’éolien offshore », explique avec fierté le directeur de la Business Unit Energies Marines de STX France. Pour Frédéric Grizaud : « Cette commande montre que nous sommes un acteur reconnu sur le marché de l’éolien offshore, possédant les compétences nécessaires. La phase d’études a été réalisée suivant nos objectifs ; nous sommes prêts pour la phase de fabrication, avec des ateliers modernes et une équipe en ordre de marche ».

 

Vue du topside de la future sous-station Q34 (© STX FRANCE)

Vue du topside de la future sous-station Q34 (© STX FRANCE)

 

D’autant que ce n’est pas la seule sous-station que le constructeur nazairien doit livrer en 2018. Un autre équipement de ce type a été commandé en mars dernier. Encore un contrat EPCI, cette fois signé avec le consortium Otary, chargé de développer le champ éolien offshore Rentel, en Belgique. La station, d’une puissance de 280 MW et dotée d’un topside d’environ 1200 tonnes, transformera l’électricité produite par 42 éoliennes Siemens de 7 MW. Le Q34, comme on l’appelle à Saint-Nazaire, doit être livré début 2018, c’est-à-dire qu’il sera réalisé en parallèle du P34 et livré avant. Sa fabrication débutera plus tardivement, normalement en fin d’année, car la phase d’armement du poste de transformation Rentel, moins grand que celui d’Arkona, sera plus courte. 

Ces deux contrats symbolisent la montée en puissance de STX France dans le domaine des énergies marines renouvelables. Même si le chantier nazairien, grand spécialiste des paquebots, bénéficie d'une visibilité sans précédent dans la croisière, avec 14 navires à réaliser d'ici 2026, il entend poursuivre ses efforts de diversification, en particulier dans les EMR. Pour cela, il s’est doté d’une ingénierie et d’une usine dédiée, Anemos, qui lui ont permis de remporter ses premières commandes. Que des marchés à l’export, dans un contexte de forte concurrence, qui représentent donc un beau tour de force. Et augurent espère-t-on dans l’estuaire de la Loire d’autres bonnes nouvelles. Alors que d’autres projets internationaux sont visés, STX France mise aussi sur les futurs parcs éoliens installés au large des côtes françaises. 

 

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