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Eolien offshore : Sur le chantier du parc allemand Arkona
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Reportage

Eolien offshore : Sur le chantier du parc allemand Arkona

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C’est sur ce parc, en cours de construction en mer Baltique, que sera installé l’an prochain le « P34 », imposante sous-station électrique réalisée par les chantiers de Saint-Nazaire.

Nous sommes sur l’île de Rügen, au nord-est de Rostock, au coeur de l’ex-République Démocratique Allemande (RDA). Depuis deux ans, Mukran, le port de Sassnitz, est en pleine transformation sous l’impulsion d’une nouvelle activité. Construit en 1987 à côté de la station balnéaire de Bintz, qui a gardé une architecture typique de l’époque de l’ancienne RDA, ce port a été édifié lorsque l’URSS, alors moribonde, voulait créer dans cette zone une alternative portuaire à la Pologne, où Lech Valesa et Solidarnosc conduisaient l’émancipation du pays. Pendant plus de deux décennies, Mukran a vécu du trafic commercial et d’une ligne de ferries avec la Suède.

 

Eléments du futur gazoduc Nord Stream 2 à Port Mukran (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Eléments du futur gazoduc Nord Stream 2 à Port Mukran (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Nord Stream 2 et un second parc éolien

S’y ajoute désormais l’offshore. C’est en effet ici que sont stockés les 40.000 éléments du futur gazoduc Nord Stream 2, qui va relier la Russie et l’Allemagne à travers la Baltique sur 1200 kilomètres et dont la mise en service est prévue fin 2019. Mais le port vit surtout, désormais, au rythme de l’éolien offshore, dont il est devenu une grande base logistique. Après la construction du parc Vikinger (70 machines Adwen de 5 MW) exploité par Iberdrola, c’est au tour d’Arkona de voir le jour.

 

Port Mukran (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Port Mukran (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Pièces de transition des éoliennes d'Arkona à Port Mukran (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Pièces de transition des éoliennes d'Arkona à Port Mukran (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

E-ON et Statoil à la barre d’un projet à 1.2 milliard d’euros

Représentant un investissement de 1.2 milliard d’euros, ce projet est porté par l’énergéticien allemand E.ON, allié au groupe norvégien Statoil, chacun en détenant 50%. Opérateur du champ et responsable de sa construction, E.ON, qui a déjà réalisé 8 parcs dans l’éolien offshore, travaille également avec le gestionnaire de réseau 50 Hertz, qui assurera la connexion électrique terrestre à Lubmin, où arrivent déjà les câbles de Vikinger.

De 80 machines de 3.6 MW à 60 turbines de 6 MW

Arkona sera pleinement opérationnel en 2019 et affichera une puissance de 385 MW, de quoi fournir en électricité 400.000 foyers allemands. « Initialement, le parc devait être équipé avec 80 machines Siemens de 3.6 MW mais nous sommes passés à des turbines de 6 MW, ce qui permet pour la même puissance de réduire le nombre d’éoliennes et donc les coûts, notamment en matière de raccordement », explique Holger Mathiessen, directeur du projet Arkona. Les nouvelle machines sont des Siemens D7 6.0–154 PB de 6 MW, dont les turbines culmineront à 102 mètres au-dessus du niveau de la mer, avec des rotors de 154 mètres de diamètre chacune. Chacune des trois pales de chaque éolienne aura une longueur équivalente à l’envergure d’un avion gros porteur A380.

 

 

Il y en aura 60, soit donc un quart de moins que le projet original. On notera que la puissance pourra être augmentée puisque Siemens, via un travail sur les composants, prévoit de pouvoir upgrader ces éoliennes pour les porter à 6.4 MW. Le changement de machine a évidemment entrainé un redimensionnement du parc et une révision de l’ensemble du process industriel et logistique. Avec des éoliennes nettement plus grosses, il a aussi fallu réétudier les fonds marins. « C’est important en Baltique car la nature des sols est très variable. Cependant, nous n’avons pas été obligés de refaire des carottages à chaque emplacement d’éolienne. Nous avons conduit uniquement trois nouveaux forages, le reste étant modélisé via une étude sismique. C’est la première fois que cela se fait, grâce à des technologies provenant de l’Oil & Gas qui nous permettent là aussi d’optimiser les coûts ».

 

Holger Mathiessen (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Holger Mathiessen (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Le champ est installé dans la zone économique exclusive allemande, à environ 35 kilomètres de la côte, à mi-chemin environ entre Sassnitz et le port danois de Rönne. Les profondeurs d’eau sur le site vont de 23 à 37 mètres. Après la décision finale d’investissement, en avril 2016, puis les études de survey la même année, les travaux de construction ont commencé au second trimestre de cette année.

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