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Eolien offshore : un huitième champ français au large du Cotentin

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Eolien offshore : un huitième champ français au large du Cotentin

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L’Etat lance la procédure de mise en concurrence pour le développement d’un huitième parc éolien offshore au large des côtes françaises. D’une capacité de 1000 MW, soit le double des premiers parcs hexagonaux en cours de construction ou déjà attribués, le futur champ pourra produire l’énergie nécessaire aux besoins d’environ 800.000 foyers. Il sera implanté au large du Cotentin. A l’issue de la phase de mise en concurrence, le consortium pour développer ce nouveau projet devrait être désigné en 2022.

Cette décision, annoncée samedi 5 décembre par Barbara Pompili et Annick Girardin, ministres de la Transition Ecologique et de la Mer, fait suite au choix de la zone retenue à l’issue de la procédure de débat public. « De novembre 2019 à août 2020, un débat public a permis de recueillir les avis de plus de 2700 participants. Il a été conclu le 19 octobre 2020 par la publication du bilan par la Commission nationale du débat public. Ce débat a été le premier à se tenir selon les nouvelles modalités prévues par la loi ESSOC de 2018. Il a permis de consulter au plus tôt le public concerné par l’installation d’éoliennes en mer, sur un projet porté par l’Etat. Le débat a été innovant dans sa forme, avec une grande diversité d’outils et d’ateliers de travail pour toucher un large public, mieux l’informer et permettre le recueil de leurs argumentaires. La participation a été bien supérieure à celle observée lors des précédents débats publics sur l’éolien en mer, ce qui confirme la pertinence de ce format », déclarent les deux ministères. Ceux-ci précisent que « les zones situées en mer territoriale ont été exclues. La zone retenue se situe à plus de 32 km des côtes et 40 km des tours-observatoires Vauban de St-Vaast-La-Hougue. Sur l’ensemble de la zone portée au débat, celle-ci présente un niveau d’activité de pêche faible et des enjeux de biodiversité limités », ajoutant que « le périmètre de cette zone sera affiné au cours de la procédure de mise en concurrence ».

Dans sa décision, la ministre de la Transition écologique a pris différents engagements, notamment le fait que le cahier des charges de la procédure de mise en concurrence « tiendra compte des contributions des participants au débat public lorsque cela est possible et pertinent ; que le « le futur développeur du parc devra étudier les conditions de cohabitation avec la pêche au sein du parc éolien « , que des « des études environnementales seront lancées sur la zone de projet, en concertation avec les acteurs de la façade, et le suivi scientifique du projet » ; et qu’un site « site internet d’information du public sur l’ensemble des projets éoliens en mer sera mis en ligne courant 2021 ». De plus, « outre la mobilisation d’un garant pour s’assurer des suites données au débat public, une enquête publique aura lieu dans le cadre de la future procédure d’autorisation du parc. Enfin, une instance de concertation et de suivi sera mise en place pour constituer un lieu de dialogue privilégié entre les différentes parties prenantes durant l’ensemble de la vie du parc ».

Pour le moment, aucun parc éolien offshore n’est encore opérationnel en France. Sept projets ont cependant été actés. Trois ont pour le moment fait l’objet d’une décision finale d’investissement de la part des industriels retenus : Saint-Nazaire (80 éoliennes totalisant 480 MW) porté par EDF et Enbridge dont la mise en service est prévue en 2022, Fécamp avec EDF, Enbridge et Wpd Offshore pour l’ouverture en 2023 d’un parc de 71 machines totalisant 497 MW) et Saint-Brieuc, porté par Iberdrola (62 machines pour 496 MW) et qui doit être opérationnel en 2023. Les autres projets de parcs éoliens offshore français sont ceux de Courseulles-sur-Mer (450 MW), Le Tréport (496 MW), Noirmoutier-Yeu (496 MW) et Dunkerque (600 MW).

Le 28 novembre, la ministre de la Mer, dans une tribune publiée dans le Journal du Dimanche, avait appelé à accélérer le développement de l’éolien offshore et flottant, ainsi que d’autres énergies marines. Annick Girardin estime que d’ici 2050, 25% de l’électricité française pourrait être produite en mer.

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