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Et ce qui pourrait remplacer les avisos

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Et ce qui pourrait remplacer les avisos

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La flotte de surface française sera donc limitée, en ce qui concerne les frégates, à 18 navires de premier rang, y compris les frégates légères furtives du type La Fayette. La série des Frégates Européennes Multi-Missions (FREMM) sera réduite à 11 exemplaires au maximum, dont deux à vocation antiaérienne. Initialement, la marine souhaitait profiter de ce programme pour remplacer l'ensemble de ses 18 frégates et avisos par une nouvelle série homogène de bâtiments. La flotte aurait vu son tonnage augmenté mais l'effet de série et un rythme de production rapide devaient réduire considérablement le coût d'acquisition. Avec l'abandon d'un gros tiers du programme et un probable étalement dans le temps de la cadence de livraison des bateaux commandés, il reste maintenant à voir qui, des économies ou des surcoûts, sera finalement au rendez-vous.
La réduction du nombre de FREMM pose, désormais, le problème du remplacement des 9 avisos actuels, types de bâtiments qu'on appellerait corvettes ou même frégates dans d'autres marines. Longs de 80 mètres pour un déplacement de 1400 tonnes en charge (contre 142 mètres et 6000 tonnes pour FREMM), ces navires commencent à vieillir sérieusement. Les plus anciens affichent un âge de 28 ans et les plus récents de 24 ans. S'il n'est pas possible d'inscrire leurs remplaçants dans la loi de programmation militaire qui sera votée à l'automne, il faudra impérativement le faire sur la prochaine LPM, c'est-à-dire en 2014.
Pour succéder aux « A69 », la piste des corvettes Gowind de DCNS serait d'ores et déjà exclue, ces navires étant considérés comme trop onéreux. On imagine qu'il en sera de même pour la nouvelle frégate de l'industriel, la FM400, bâtiment de 4000 tonnes destiné à renouveler la famille La Fayette.
Les marins seraient donc à la recherche d'un bâtiment « hauturier, robuste, rustique et pas cher ». La possibilité présentée par certains constructeurs d'adapter une coque dérivée des navires offshores ne suscite guère d'enthousiasme. « Ce qu'il faut c'est un navire de guerre, avec des capacités modestes certes, mais un navire de guerre quand même », explique un officier. Sans que le concept soit encore très poussé, les esprits s'orienteraient plutôt vers ce qu'on commence à appeler la « super Floréal », en référence aux six frégates de surveillance construites aux Chantiers de l'Atlantique entre 1992 et 1994. Longs de 93.5 mètres pour un déplacement de 3000 tonnes, ces bâtiments construits suivant les normes civiles présentent une grande autonomie à la mer. Ils disposent d'un armement léger mais suffisant (missiles Exocet, système surface-air Simbad, canons de 100 mm et 20 mm) et peuvent embarquer un hélicoptère.
Le remplacement des avisos n'en est, toutefois, qu'au stade de la réflexion. Avec la réforme du ministère de la Défense et la nouvelle stratégie détaillée dans le Livre Blanc, la marine a déjà, comme les autres armées, du pain sur la planche.

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