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Et si on remplaçait les La Fayette par des FREMM ?

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C'est entendu, les 11 frégates anti-sous-marines et antiaériennes des types F67 et F70 (AA et ASM) seront remplacées, entre 2012 et 2022, par autant de frégates multi-missions (9 FREMM et 2 FREDA). A la fin de ce programme, la France disposera, avec les deux bâtiments de défense aérienne du type Horizon, de 13 frégates de premier rang récentes. Mais il faudra, alors, songer au renouvellement des cinq frégates légères furtives de la classe La Fayette. En 2022, ces navires auront, en effet, entre 21 et 26 ans d'âge. D'où l'idée, défendue par certains, de prolonger la série des frégates européennes multi-missions afin de succéder aux FLF, que le dernier Livre Blanc a reclassé en « frégates de premier rang ». La solution, si elle est adoptée, offrirait à la marine un parc très homogène, laissant espérer des gains appréciables sur la maintenance. Elle permettrait, en outre, de bénéficier d'un meilleur effet de série sur les FREMM, avec des équipements achetés en plus grand nombre. Il ne serait, par ailleurs, pas obligatoire de doter des frégates supplémentaires d'un armement aussi conséquent que celui prévu sur les premières unités. Cette option éviterait, de plus, les coûts de développement inhérents à une nouvelle classe de bateaux. Enfin, en remplaçant les FLF avant qu'elles ne soient « usées jusqu'à la corde », il y aurait peut être un potentiel de vente de ces navires sur le marché de l'occasion.


Vue d'une FREMM (© : DCNS)

Le projet NCF

La question, qui mérite d'être posée, n'a pour l'heure pas de réponse. Actuellement, le remplacement du La Fayette est prévu lorsque le bâtiment aura 30 ans, c'est-à-dire en 2026. « Cela laisse le temps de voir venir en s'appuyant sur plusieurs études amont. Les différentes options seront étudiées dans les années qui viennent », explique-t-on à l'état-major de la marine. Ces différentes études sont regroupées dans un projet dénommé Navire de Combat Futur (NCF). Le prolongement de la série FREMM, un fait bien partie de ces options mais, en pareil cas, la plateforme et ses équipements seraient remis « au goût du jour ». En effet, en 2026, la conception des frégates multi-missions aura déjà plus de 20 ans. Pour l'heure, une FREMM « up to date » est considérée, à l'EMM, comme un « candidat crédible » pour remplacer les FLF. Mais il conviendra, dans les prochaines années, de voir l'évolution des technologies et des menaces, qui peuvent évoluer significativement. C'est pourquoi « une autre option consiste à développer un navire entièrement nouveau pour tenir compte du décalage d'une quinzaine d'années entre l'arrivée de la première FREMM et celle du premier successeur des La Fayette ».


La FLF Guépratte (© : JEAN-LOUIS VENNE)

Le flot des priorités

La succession des FLF entre, par ailleurs, dans le cadre global du renouvellement, incessant, de la flotte. Pour la marine, qui a obtenu le renouvellement de ses six sous-marins nucléaires d'attaque (SNA) et la notification de 11 FREMM, il y a, pour le moment, d'autres urgences. Les marins, en lien avec les industriels, doivent d'abord préparer la décision du président de la République concernant la construction, ou non, d'un second porte-avions. Le choix devra être fait en 2011/2012. Ensuite, il convient de travailler sur la succession des pétroliers-ravitailleurs (mis en service entre 1980 et 1990), qui doivent être impérativement remplacés au cours de la prochaine décennie (faute de quoi la capacité de projection d'un groupe aéronaval ou amphibie sera compromise). Les premières études concernant ce projet seront notifiées l'an prochain dans le cadre du programme « Flotte Logistique », prévoyant la réalisation de quatre bâtiments entre 2015 et 2020. Dans le même temps, il faut aussi préparer le remplacement des 9 avisos du type A69 (mis en service entre 1980 et 1986). Ces bâtiments devaient, initialement, être remplacés par des FREMM, mais cette solution a été abandonnée. A voir, aussi, le renouvellement de la flotte de patrouilleurs, dont le gros des effectifs arrive en fin de vie. A cela s'ajoutera, dans les années 2010, la constitution d'une nouvelle force de guerre des mines et, car le temps passe vite, il va également falloir songer à la future génération de sous-marins nucléaires lanceurs d'engins. Cela fait, en effet, 20 ans que Le Triomphant a été « mis sur cale » à Cherbourg...

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