Marine Marchande
Etats-Unis : l’administration Trump ravive le projet d’acquisition de brise-glaces

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Etats-Unis : l’administration Trump ravive le projet d’acquisition de brise-glaces

Marine Marchande

Est-ce l’approche des élections ? L’administration Trump vient de remettre sur le devant de la scène le programme de construction d’une flotte de brise-glaces. Dans un memorandum pour la « sauvegarde des intérêts nationaux des Etats-Unis dans les régions Arctiques et Antarctiques », la Maison Blanche annonce attendre que lui soit présenté d’ici deux mois un programme d’acquisition d’une flotte comptant au moins trois brise-glaces lourds (PSC, polar secruty cutters) pour 2029, ainsi que des recommandations pour l’installation d'au moins deux bases support sur son sol et au moins deux autres à l’étranger. Ces PSC (Polar security cutters) devront pouvoir mener des missions de sécurité nationale et économique (dont l'exploration des fonds, l'exploitation de ressources et la pose et maintenance de câbles) aussi bien dans l’Arctique que l’Antarctique, indique le memo. 

Ce projet de développer une flotte de brise-glaces n’est pas nouveau. En 2015, Barack Obama avait proposé lors d’un déplacement en Alaska, d’accélérer le renouvellement de la flotte vieillissante de l’US Coast Guard, la flotte actuelle ne comptant que le brise-glace lourd USCGC Polar Star et le brise-glace moyen l’USCGC Healy. En comparaison, la Russie dispose de 40 brise-glaces à elle seule.

Le programme Polar Security Cutter avait donc été initié pour remplacer cette flotte par trois brise glaces lourds et trois autres de taille moyenne. L’an dernier, le marché des nouveaux brise-glaces lourds de l’US Coast Guard a été attribué au chantier VT Halter Marine de Pascagoula, dans le Mississipi, pour 746 millions de dollars. Long de 140 mètres et large de 26.8, ce brise-glace diesel-électrique capable de briser une glace de plus de 2 mètres, devrait être livré en 2024 et non 2020, comme initialement prévu. Deux autres pourraient suivre en 2025 et 2027.

Néanmoins le memorandum semble redonner un caractère d'urgence à ce programme et évoque la possibilité d'avoir recours à du leasing en attendant que la flotte soit opérationnelle. De plus, l'étude doit porter sur la possibilité de développer un brise-glace à propulsion nucléaire et d'un armement pour se défendre de « concurrents proches ».

Par ailleurs, au même moment, les Etats-Unis ont ouvert un consulat à Nuuk, capitale du Groenland. Il n’y en avait plus depuis 1953. On se souvient que Donald Trump avait proposé l’été dernier de racheter l’île, qui a le statut de nation indépendante du royaume du Danemark. Les Américains s’inquiètent des prétentions russes et chinoises dans l’Arctique. Le Groenland compte des ressources naturelles (pétrole, gaz, or, diamant, uranium, zinc, plomb) et il occupe une position stratégique pour les passage du Nord-Ouest et arctique central, ainsi que l’entrée dans l’Atlantique Nord pour les bâtiments militaires venant de l’Arctique.

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