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Étel : Une hydrolienne à l'essai

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Étel : Une hydrolienne à l'essai

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Depuis quelques semaines, les usagers de la ria d'Étel observent les allers et venues d'une barge ostréicole qui sonde les fonds à 200 mètres de la nef du Chantier de Bretagne Sud. Il s'agit des tests d'une hydrolienne qui devrait être immergée en 2017. Un démonstrateur répondant au doux nom de MegaWattBlue et qui a été présenté hier soir aux usagers de la ria, par le porteur du projet.

« On en apprend des choses avec notre toute petite hydrolienne, depuis un an que nous avons commencé les tests ». Vincent Mariette est le directeur général de l'entreprise Guinard Énergies, basée à Brest. Des berges du Chantier de Bretagne Sud, situé sur les bords de la rivière d'Étel, sur la commune de Belz, il surveille les allers et venues d'une barge ostréicole sur laquelle ont pris place les techniciens du projet MegaWattBlue. Un projet d'hydrolienne accélératrice de courant, qui sera immergée dans les fonds de la ria d'Étel, à 200 mètres de la nef du Chantier de Bretagne Sud, dirigé par Yannick Bian.

Développement depuis 2008

« Depuis 2008, nous travaillons sur la conception d'une hydrolienne de deuxième génération, explique Vincent Mariette. Une hydrolienne qui serait immergée, non pas en pleine mer, mais dans des sites protégés, où il y a de forts courants, comme la ria d'Étel. Nous avons une approche pragmatique. Comme nous ne voulons pas commencer avec une grosse hydrolienne, nous en avons développé une toute petite, qui nous apprend beaucoup de choses sur les courants ».

Respect de l'environnement

Le projet MegaWattBlue a été présenté hier soir aux usagers de la ria. Pas question pour l'équipe de Guinard Énergies de se mettre à dos la population locale. « Notre priorité et la philosophie du projet sont d'avoir, avec notre hydrolienne, un prix de revient du kilowatt dans les prix du marché et de respecter l'environnement ». MegaWattBlue se veut une hydrolienne de deuxième génération, en opposition aux projets plus avancés comme celui de Sabella devant Ouessant et d'OpenHydro de DCNS à Paimpol qui, selon l'expression de Vincent Mariette, sont des « éoliennes marinisées ». « Nous avons développé pour notre hydrolienne le principe de la tuyère, explique-t-il. Un cône qui a nécessité plusieurs années d'études, et qui est un accélérateur de courant. Quand on a un courant de 1, ces tuyères accélèrent de 30 % au droit de l'hélice. Ce qui double la puissance par rapport à une hydrolienne classique », ajoute-t-il.

Plus léger, moins cher

L'intérêt de cette technologie est d'être beaucoup plus légère qu'une hydrolienne classique, que pour une même puissance, les dimensions sont réduites, et que les coûts des opérations maritimes pour l'installation et la maintenance sont réduits. Pas besoin d'un gros navire pour soulever une hydrolienne de 135 tonnes, contre 500 pour une plus classique. Autre avantage de l'utilisation d'une tuyère : elle s'oriente dans l'axe du courant, qui peut varier selon la marée montante et descendante. Guinard Énergie a obtenu une concession de 100 x 200 mètres devant le chantier de Bretagne Sud. Le site est idéal pour les essais. À marée haute, il y a quinze mètres de profondeur et les tourbillons, toujours visibles en surface, laissent voir la puissance du courant.

2,6 M€ d'investissement

Le projet est mené en lien avec plusieurs entreprises bretonnes et d'État. La partie recherche et développement sur la tuyère a été validée dans le bassin de carène de la DGA, les modèles numériques des courants de marée ont été réalisés grâce aux relevés effectués par Ifremer. Le cabinet d'architecture navale Ship-St de Lorient, Actimar et Navtis de Brest, Turbiwatt à Caudan, le chantier Multiplast de Vannes et le bureau d'études en environnement TBM à Auray ont planché sur l'hydrolienne. Coût du projet : 2,6 M€, dont 45 % sont financés par l'Europe, via le Feder. Les tests sur l'hydrolienne miniature vont se poursuivre dans les semaines qui viennent. Le démonstrateur sera lui monté par les techniciens du Chantier de Bretagne, avant d'être immergé dans le courant de l'année 2017.

Un article de la rédaction du Télégramme

 

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