Science et Environnement
Etude de la banquise: Le satellite européen Cyosat s'abîme en mer

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Etude de la banquise: Le satellite européen Cyosat s'abîme en mer

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Le lanceur qui devait mettre en orbite Cryosat a été victime d’un dysfonctionnement et s’est écrasé samedi dans l’océan arctique, seulement 6 minutes après son lancement de la base russe de Plessetsk. Le satellite européen devait mesurer avec précision l’étendue et l’épaisseur des glaces polaires. Selon l’Agence spatiale européenne, l’un des étages de la fusée porteuse (une Rockot, conçue sur la base d’un missile balistique) serait responsable de l’échec du tir. L'analyse préliminaire des données de télémétrie indique que le premier étage du lanceur a fonctionné de façon nominale. Le deuxième étage également jusqu'à la phase d'arrêt du moteur principal. En raison de l'absence d'une commande du système de contrôle de vol embarqué, le moteur principal a continué à fonctionner jusqu'à l'épuisement de son carburant. En conséquence, la séparation du deuxième étage et de l'étage supérieur n'a pas eu lieu. Ainsi, l'ensemble constitué par les deux étages et le satellite Cryosat est retombé en mer de Lincol, près du pôle Nord. Une commission d'enquête russo-européenne devra déterminer les raisons précises de ce crash. Fruit de six années d'études, Cryosat devait être placé sur une orbite polaire à 717 km d'altitude afin d'effectuer des analyses et mesures des glaces polaires avec une précision jusqu'ici inégalée. Le satellite avait été équipé de deux antennes radar qui devait, en outre, contribuer à expliquer le lien entre fonte des glaces polaires et élévation du niveau des mers.

La banquise comme neige au soleil

Scientifiquement, l’échec de la mission Cryosat est d’autant plus grave que les chercheurs ont relevé cet été des chiffres particulièrement inquiétants. Dans une étude publiée il y a deux semaines, la Nasa, le centre américain de données sur la neige et les glaces (NSIDC) ainsi que l’université de Boulder affirment que la disparition des glaces a atteint un nouveau record. Fin septembre, l’océan arctique ne comptait plus que 5,3 millions de Km² de glace contre 7,5 millions en 1978. Ce quatrième record consécutif vient conforter la thèse d’un phénomène à long terme. La température moyenne se serait d’ailleurs élevée de 2 à 3°C. L’impensable pourrait même se produire très rapidement. Selon les scientifiques, la banquise aura totalement disparue en été avant la fin du siècle, ouvrant des nouvelles voies de communication dans le nord du Canada et de la Sibérie.
L’intérêt du satellite européen aurait été de mesurer l’épaisseur de la couche de glace, seule manière de prouver de manière irréfutable que les glaces sont en train de disparaître.

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