Vie Portuaire
Eurofos achève le démantèlement de ses vieux portiques

Reportage

Eurofos achève le démantèlement de ses vieux portiques

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Alors que deux nouveaux géants de type Malacamax sont attendus au printemps 2020, le terminal conteneurs PortSynergy de Fos-sur-Mer vient d’achever le démantèlement de ses vieux portiques. Mis en service en 1980, le Paceco 5, dernier Panamax présent sur la darse 2, a été démoli entre le 24 juin et le 13 juillet. C’est la société Daddi SRI qui a été chargée de l’opération, avec les moyens de levage de Mediaco-Maxilift. Celle-ci a mis en œuvre une grue chenillée Liebherr LR1600-2 de 600 tonnes de capacité. A ce jour le portique n’existe plus, seule la découpe au sol et l'évacuation des derniers morceaux n’étant pas encore terminée.

 

Le Paceco 5 avant sa démolition (

Le Paceco 5 avant sa démolition (© EMMANUEL BONICI)

Démontage du P5 en juillet (

Démontage du P5 en juillet (© EMMANUEL BONICI)

 

 

 

Démontage du P5 en juillet (

Démontage du P5 en juillet (© EMMANUEL BONICI)

Démontage du P5 en juillet (

Démontage du P5 en juillet (© EMMANUEL BONICI)

Démontage du P5 en juillet (

Démontage du P5 en juillet (© EMMANUEL BONICI)

Démontage du P5 en juillet (

Démontage du P5 en juillet (© EMMANUEL BONICI)

Démontage du P5 en juillet (

Démontage du P5 en juillet (© EMMANUEL BONICI)

 

En janvier et février 2018, trois portiques avaient déjà été découpés (les Panamax Paceco 2 et Paceco 4 et le Post-panamax Kone P6). Le Paceco 3 lui, fut démantelé en avril 2015 sur le quai de la darse 3, et le P1 le fut dès 2004, suite à une grave avarie sur sa flèche, consécutive à un choc avec une grue de bord du porte-conteneurs Pembroke Senator.

 

L'ancien Kone quand il était encore en service (

L'ancien Kone quand il était encore en service (© EMMANUEL BONICI)

 

 

Les P2, P4 et P6 avant démolition (

Les P2, P4 et P6 avant démolition (© EMMANUEL BONICI)

Les derniers Paceco vant démolition au fond de la darse 2 il y a quelques mois (

Les derniers Paceco vant démolition au fond de la darse 2 il y a quelques mois (© EMMANUEL BONICI)

 

Ultime survivant de cette époque, le Paceco 5, qui vient donc de disparaitre, était le dernier d’une série de cinq, construits sur les quais de Fos entre 1972 (Paceco 1) et 1979 (Paceco 5). Ces outillages avaient été respectivement mis en service en 1973, 1975, 1977, 1979 et 1980.

 

Montage du château et du bec du P5 en 1979 (

Montage du château et du bec du P5 en 1979 (© EMMANUEL BONICI)

 

 

Le Paceco 5 (

Le Paceco 5 (© EMMANUEL BONICI)

 

Deux Paceco surélevés dans les années 80

Sur ces cinq unités, deux furent surélevées lors de la venue à Fos d’US Lines, entre 1984 et 1986. Car à l’époque la compagnie américaine armait les plus gros porte-conteneurs au monde (des 4260 EVP), ce qui n’était pas sans poser problème lors de l’exploitation, sachant que les portiques Paceco, conçus au début des années 70, ne prenaient pas en compte une telle évolution de taille des navires. Les Paceco 3 et 5 furent donc surélevés, par adjonction à la base de leurs jambages d’un tronçon de 6 mètres, faisant passer ainsi leur capacité sous spreader de 25 à 31 mètres.

 

 

Il est intéressant de noter que les décennies passant, les problématiques de dimensions, et notamment la hauteur sous spreader restent les mêmes, puisque PortSynergy - GMP au Havre vient de faire rigoureusement la même chose en surélevant de 9 mètres ses portiques ZPMC.

On mesure également la course au gigantisme engagée sur les porte-conteneurs, les US Lines en 1984 avec 4260 EVP détenaient le record, alors que des unités de plus de 23.000 EVP sortent désormais des chantiers asiatiques.

 

Pupitre de contrôle d'origine d'un Paceco (

Pupitre de contrôle d'origine d'un Paceco (© EMMANUEL BONICI)

 

Augmentation de la hauteur sous spreader et évolutions technologiques

La hauteur libre sous spreader est ainsi passée de 25 à 54 mètres. Quand on sait que la précision nécessaire pour placer une boite à bord d’un porte-conteneurs est toujours la même (sur twist lock), on imagine la difficulté que cela représente, même si en parallèle l’ergonomie des postes de conduite des portiques s’est améliorée de façon notable et que les outillages bénéficient de systèmes plus modernes et performants. Les spreaders ont notamment évolué, et c’est d’ailleurs là que réside la plus importante amélioration dans la facilité de conduite.

 

Ancien spreader à cadre fixe (

Ancien spreader à cadre fixe (© EMMANUEL BONICI)

 

En passant des spreaders à cadres fixes 20-35-40 pieds aux spreaders télescopiques Single de première génération (20-30-40 pieds) le gain avait déjà été significatif, mais essentiellement en termes de temps (perte due au changement permanent de spreaders). C’est la génération suivante qui changera vraiment la donne, avec les spreaders télescopiques Twins (20-40-45 pieds). Fini les 20 pieds manutentionnés à l’unité, obligeant le portiqueur à translater à chaque fois, puis à se serrer contre la glissière verticale de la cale pour essayer de ne pas en sortir. Une manœuvre facile du moment que la gîte du navire ne dépasse pas un certain niveau, ce qui dans le cas des US Line était un problème récurrent, provoquant d’importants arrêts d’exploitation pour ballastage du navire.

 

Spreader télescopique Single (

Spreader télescopique Single (© EMMANUEL BONICI)

 

 

Manutention de deux EVP avec un spreader télescopique Twins (

Manutention de deux EVP avec un spreader télescopique Twins (© EMMANUEL BONICI)

 

Au final, le travail a gagné d’un côté ce qu’il a perdu de l’autre. Certes le métier de portiqueur n’est pas un travail facile, mais la technologie évoluant avec la difficulté, celle-ci se trouve sensiblement toujours au même niveau. Les vieux cargos avec mâts de charge ont ainsi disparu du paysage portuaire au profit de géants spécialement conçus pour traiter au plus vite des milliers de boites sur des porte-conteneurs aux dimensions inédites, dont la croissance accompagne l’essor de la mondialisation des échanges commerciaux et la conteneurisation de nombreuses marchandises.

Six portiques en service et deux nouveaux Malacamax attendus en 2020

Le terminal PortSynergy Eurofos compte désormais six portiques. Il y a là deux Reggiane Post-panamax de 47 mètres de portée pour 37 mètres sous spreader, deux ZPMC Super post-panamax de 60 mètres de portée pour 40 mètres sous spreader et deux Paceco Malacamax de 72 mètres de portée pour 54 mètres sous spreader. Ces derniers étaient les plus grands portiques existant lors de leur récente mis en service.

 

Le terminal PortSynergY - Eurofos (

Le terminal PortSynergY - Eurofos (© EMMANUEL BONICI)

 

Pour faire face à la croissance du trafic et d’adapter à la mise en service de porte-conteneurs toujours plus grands, deux nouveaux ZPMC Malacamax vont être installés l’année prochaine sur le terminal provençal. Ils doivent arriver à Fos au printemps 2020, déjà montés comme tous les portiques livrés par le groupe chinois ZPMC. Livrés par un navire de transport de la famille Zen Hua, ils doivent être mis en service sur le nouveau tronçon de quai de plus de 300 mètres appelé « la Rotule », actuellement en travaux. Avec ce supplément, le linéaire de quai d’Eurofos passera alors à 1900 mètres. En plus des portiques, on notera que le terminal va également se doter de nouveaux cavaliers hybrides.

En 2018, PortSynergy – EuroFos a pour mémoire établi son cinquième record consécutif de trafic avec un total de 803.811 EVP manutentionnés. 755.375 EVP ont été chargés et débarqués sur des navires et 48.436 autres sur des barges fluviales.

Un article d'Emmanuel Bonici

 

Au terminal PortSynergY - Eurofos (

Au terminal PortSynergY - Eurofos (© EMMANUEL BONICI)

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