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Euronaval : le GICAN prend le risque, et l’assume, de maintenir le salon en octobre

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Euronaval : le GICAN prend le risque, et l’assume, de maintenir le salon en octobre

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Malgré l’incertitude liée à la crise sanitaire et le report de la plupart des grands salons internationaux à 2021, le conseil d’administration du Groupement des Industries de Construction et activités Navales (GICAN) a décidé, le 30 juin, de maintenir Euronaval 2020. La 27ème édition du plus grand salon international dédié au naval de défense et à la sécurité maritime se tiendra comme prévu du 20 au 23 octobre au parc des expositions du Bourget, près de Paris. « Avec le déconfinement et la reprise de l’activité économique, nous avons estimé que nous pouvions le faire et je pense que cela peut-être une belle édition, un moment marquant pour faire d’Euronaval le premier grand salon de défense post-Covid, dans une dynamique de reprise et dans la logique des plans de relance. Nous avons le plein soutien du ministère des Armées et le secteur est en attente d’un tel évènement car il y a besoin des rencontres et des opportunités qu’offrent un tel salon pour relancer les échanges et le business », explique à Mer et Marine Hugues d’Argentré, directeur de la Sogena, société organisatrice d’Euronaval dépendant du GICAN. 

« Evidemment cette édition sera probablement différente »

Personne ne se voile la face, le risque d’une « seconde vague » après l’été, comme la capacité des délégations et visiteurs internationaux à être présents selon les régions du monde encore touchées, constituent de vraies interrogations. Auxquelles il n’est aujourd’hui pas possible de répondre puisque cela dépend de l’évolution de la situation sanitaire dans chaque pays. Ce nouveau cru d’Euronaval ne sera donc sans doute pas le même que d’habitude. « Evidemment cette édition sera probablement différente de celle de 2018 et de la prochaine en 2022. Ce sera un salon plus européen du fait des difficultés liées aux voyages dans certaines régions du monde qui seront peut-être encore touchées. Nous avons par exemple le sentiment que ce sera compliqué pour les Amériques, même si à cette heure, les exposants de cette région sont toujours inscrits dont notamment le pavillon américain. Mais nous avons aussi choisi de mettre l’accent sur l’Europe cette année et nous aurons d’ailleurs pour la première fois la présence de certaines agences européennes », explique Hugues d’Argentré, qui souligne qu’à ce jour, le nombre d’exposants inscrits est élevé. « La commercialisation du salon se passe bien et elle est même supérieure à ce que nous enregistrions à la même époque en 2018. Et maintenant que nous avons confirmé formellement la tenue du salon, nous pensons que nous allons avoir une recrudescence des inscriptions, notamment françaises et européennes ».

Mesures sanitaires à affiner

Sur le plan sanitaire, les organisateurs travaillent « pour assurer un accueil de nos visiteurs et exposants dans les meilleures conditions et dans le respect des nouvelles règles sanitaires ». Différentes mesures sont à l’étude, leur mise en œuvre allant bien sûr dépendre de la situation sanitaire au moment où le salon se déroulera. « Nous demanderons aux visiteurs de se munir d’un masque mais, pour l’heure, la grande règle, c’est la distanciation d’1 mètre et le port du masque ne sera recommandé que lorsque cette distance ne pourra être respectée. Nous travaillons dans cette perspective sur la réorganisation des flux, la restauration sur place et bien d’autres sujets ».

La piste d'un salon virtuel et celle d'un report écartées

Des règles qui restent donc à définir d’ici le mois d’octobre et qui, bien qu'impératives dans le contexte actuel, constituent aussi des contraintes susceptibles de refroidir un certain nombre de visiteurs. Dans cette optique, comme pour la problématique des voyages internationaux, la possibilité de mettre en place un salon numérique axé sur des visio-conférences, rendez-vous BtoB en ligne et autres présentations vidéo a été étudiée. « Pour ce qui est des pitch, workshop et conférences nous allons sans doute les mettre en ligne pour ceux qui ne peuvent pas venir. Mais on ne peut pas faire un salon virtuel. Car un salon, c’est d’abord du présentiel, que le numérique ne peut pas remplacer. Et puis nous avons dans un évènement comme Euronaval un aspect étatique très fort. Nous y avons bien réfléchi et avons lancé une étude sur le sujet. Il en ressort que les exposants n’y sont pas favorables. Pour des questions de confidentialité notamment, mais aussi parceque ce n’est pas possible car certains sujets nécessitent de se voir et discuter en face à face. Donc si nous devions faire un salon virtuel, ce serait uniquement réservé aux pays pour lesquels il ne sera pas possible de venir en France ».

Quant à la date, les organisateurs avaient la possibilité d’utiliser les halls du Bourget en mars 2021. Une option éventuelle qui demeure possible si, dans le pire des cas, le salon ne pouvait pas se tenir à cause d'un retour de la pandémie. Mais la solution du report, qui a été étudiée, pose d’autres problèmes et n'a donc pas été retenue : « Nous avons fait un sondage qui nous a montré que cette solution n’était pas meilleure. En fait, cela ne passe pas avec les salons déjà existants ou reportés à l’année prochaine, pour lesquels les exposants sont déjà très sollicités, sans parler du fait que les budgets qu’ils ont engagés pour Euronaval 2020 ne sont évidemment pas prévus pour 2021. Et puis nous ne voulions pas nous dérober et nous mettre dans la roue de tous les salons qui ont été reportés, le choix est plutôt de s’inscrire comme le premier salon de la reprise », explique Hugues d’Argentré. 

une grosse prise de risque pour le GICAN et la Sogena

Ce qui, reconnait le directeur de la Sogena, constitue un très gros pari. « C’est une vraie prise de risque de maintenir le salon et le Conseil d’administration a pris cette décision courageuse en connaissance de cause. Le risque financier est important, mais plus que pour les exposants, il l’est surtout pour l’organisateur car, si le salon devait être annulé à la dernière minute, les conséquences seraient pour nous très lourdes, nous laissant dans une situation financière très difficile. Alors si le GICAN et la Sogena ont décidé de maintenir Euronaval, c’est qu'il le faut, pour l’industrie navale, parce que nous considérons que ce salon est utile et important pour la reprise du secteur, et que c’est notre rôle et notre mission ».

Parmi les nouveautés annoncées cette année, Euronaval disposera d’un pavillon dédié à la cyber-sécurité en partenariat avec CEIS, entreprise spécialisée dans le conseil en cyberdéfense et co-organisateur du Forum International de la Cybersécurité (FIC).

Par ailleurs, depuis le lancement de l’appel à candidatures le 2 avril, l’espace SEAnnovation dédié aux start-up a déjà enregistré plus de 60 candidatures. Un engouement qui confirme le succès du dispositif lancé lors du dernier salon.

En 2018, Euronaval avait réuni 480 exposants (dont 60% étrangers) de 34 nationalités, et avait accueilli 142 délégations officielles, dont 101 étrangères, ainsi que 25.000 visiteurs professionnels.

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