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Euronaval : L’industrie française à la conquête de l’international

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Euronaval : L’industrie française à la conquête de l’international

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Leader mondial des salons spécialisés de la défense navale, de la sécurité et de la sûreté maritime, Euronaval se tiendra du 27 au 31 octobre au Parc des expositions de Paris Le Bourget. Plus de 350 exposants, dont plus de la moitié sont étrangers, sont attendus cette année. Etat des lieux avant un rendez-vous plus international que jamais.

« Nous sommes dans une époque de croissance bleue. La mer est au centre des enjeux stratégiques et économiques », assure Patrick Boissier, président du GICAN, qui présentait cette semaine à l’Hôtel de la marine, à Paris, la 24ème édition d’Euronaval. Cet évènement incontournable du secteur naval militaire est organisé par le Groupement des Industries Françaises de Construction et Activités Navales, qui fédère plus de 150 sociétés représentant 30.000 emplois directs en France pour un chiffre d’affaires de 6 milliards d’euros.

 

Face aux enjeux maritimes, les marines s’équipent

 

Lutte contre le terrorisme et la piraterie, surveillance des Zones Economiques Exclusives, protection des ressources, sécurité des activités économiques, sauvegarde de la vie humaine et défense des intérêts nationaux incitent l’ensemble des pays ayant accès à la mer « à se doter de marines réactives, puissantes, et polyvalentes » souligne le GICAN. Avec plus de 40 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel, la construction navale militaire est l’un des moteurs de l’économie mondiale. D’où l’importance d’Euronaval, qui réunit tous les acteurs du secteur. Euronaval est certes une vitrine, « une exposition exceptionnelle de matériels innovants » souligne Patrick Boissier. Mais c’est en fait beaucoup plus que cela : « c’est le rendez-vous des décideurs politiques, des chefs militaires et des industriels du monde entier qui se côtoient et échangent pour préparer les marines militaires de demain ».

 

352 exposants provenant de 28 pays et plus de 90 délégations attendues

 

Cette 24 ème édition sera inaugurée par le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian le mardi 28 octobre. 352 exposants sont attendus dont plus de 55% d’exposants étrangers, représentant 28 pays, sur plus de 15.000 mètres carrés détaille Jean-Marie Carnet, directeur général d’Euronaval. C’est la première fois que les Emirats Arabes Unis seront présents. La Belgique et la Turquie seront aussi du rendez-vous. Plus de 90 délégations officielles, en provenance de 65 pays feront le déplacement et trois organisations internationales (ONU, OTAN, UE) sont invitées cette année.

 

Le salon Euronaval se tient tous les deux ans au Bourget (© GICAN)

Le salon Euronaval se tient tous les deux ans au Bourget (© GICAN)

 

Un marché international en forte croissance

 

La demande internationale en équipements navals de défense explose selon le GICAN, et tout particulièrement en Asie et au Moyen-Orient. Dans le domaine des navires, le carnet de commandes mondial atteint 450 milliards de dollars, dont 150 pour le secteur militaire, qui représente 36 milliards de dollars en Europe (26% des commandes mondiales) soit autant que le civil, qui ne totalise plus que 12% des commandes mondiales. A elle seule, la France compte 15 milliards de dollars de contrats en portefeuille, dont 10 pour les navires militaires. L’Hexagone prend, selon les années, entre 5 et 15% du marché mondial. Dans ce secteur fortement concurrentiel, l’industrie navale française a « d’excellents arguments, notamment technologiques » comme le prouvent les contrats décrochés au Brésil, en Malaisie, en Inde, en Egypte, pour ne prendre que quelques exemples récents. Et à côté de ces contrats majeurs, bénéficiant aux grands groupes, comme DCNS, Thales et MBDA, les industriels français de plus petite taille ne sont pas en reste. CMN, Raidco Marine, Ocea, Socarenam, Couach ont eux aussi remporté de beaux succès à l’export. En fait, le secteur naval français a représenté au cours des cinq dernières années plus de 30% des exportations françaises d’armement.

 

Une technologie de pointe pour résister à la concurrence

 

La pression de la concurrence internationale est une réalité pour la France souligne le GICAN. Elle est principalement intra-européenne « même si la Chine, la Russie et la Corée du Sud dont les savoir-faire gagnent en qualité avec des coûts très compétitifs sont également de sérieux concurrents pour l’industrie navale française et européenne ». Pour résister, l’innovation demeure une carte maîtresse : « C’est le savoir-faire hautement technologique qui fait de l’industrie navale française un leader mondial dans le secteur des navires de combat ».

Euronaval est et sera cette année encore la place idéale pour apprécier le marché. Et les défis à relever dans un environnement en constante évolution, marqué ces dernières années par une accentuation des demandes de transfert de technologie des pays acheteurs, qui veulent sur les gros programmes des retombées de plus en plus importantes sur l’économie locale. Une tendance lourde que doivent gérer les industriels, en faisant en sorte de satisfaire leurs clients dans des contextes parfois compliqués et en évitant de se créer de futurs concurrents. D’où, une nouvelle fois, la nécessité d’investir dans la R&D pour développer des produits innovants et, ainsi, maintenir une longueur d’avance. Ce que Patrick Boissier résume ainsi : « Nous transférons la technologie d’aujourd’hui. Nous préparons la technologie de demain ».

 

Un partenariat gagnant-gagnant entre militaires et industriels

 

Pour la Marine nationale, Euronaval est aussi un rendez-vous capital. « Je veux parler non pas de modernité mais d’ultra- modernité! » lance le contre-amiral Hervé Bléjean, représentant du chef d’état-major de la marine à la présentation du salon. Selon lui, entre militaires et industriels, « c’est une association gagnant-gagnant ». « Chacun se nourrit de ses compétences. L’industriel utilise l’expertise de la marine. La marine bénéficie quant à elle de la compétence des industriels pour obtenir les meilleurs équipements ». L’amiral cite plusieurs programmes comme les BPC, les sous-marins nucléaires d’attaque du type Barracuda, les frégates FREMM « qui vont constituer la colonne vertébrale de la marine ». Il y a aussi les futurs programmes, comme les bâtiments de surveillance et d’intervention hauturiers, les BATSIMAR, appelés à remplacer une flotte patrouilleurs à bout de souffle.

Pour l’état-major de la marine française, Euronaval c’est un lieu de rencontres : le grand patron, l’amiral Rogel, y rencontrera 30 de ses homologues. Dans leur partenariat gagnant-gagnant avec l’industrie, les militaires s’impliquent aussi fortement dans le soutien à l’export. « La marine veut faire gagner l’équipe France! », insiste l’amiral Bléjean, qui pense notamment aux emplois que les contrats à l’international représentent dans l’Hexagone. Et puis, ajoute-t-il, « lorsqu’on exporte du matériel, cela veut dire aussi que l’on entre dans des effets de série, ce qui fait baisser les coûts ». Ce qui est bien précieux en période de rigueur budgétaire. Industriels, DGA, marine: tout le monde y trouve son compte.