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Ex-BATSIMAR : Des patrouilleurs et peut-être quelque chose de plus gros…
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Ex-BATSIMAR : Des patrouilleurs et peut-être quelque chose de plus gros…

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Le défunt projet des bâtiments de surveillance et d’intervention maritime (BATSIMAR) qui visait à remplacer par une plateforme unique l’ensemble des patrouilleurs et anciens avisos de la Marine nationale, a été pour le moment scindé en deux programmes distincts.

Le premier à voir le jour sera celui des six patrouilleurs d’Outre-mer (POM), qui doivent être livrés entre 2022 et 2024 et seront comme leur nom l’indique basés dans les territoires ultramarins, à raison de deux exemplaires en Nouvelle-Calédonie, deux autres en Polynésie française et les deux derniers à La Réunion. Ils permettront notamment de remplacer les derniers P400, Le Malin et L’Arago. Les POM devraient être dérivés des trois patrouilleurs légers guyanais (PLG), bâtiments de 61 mètres et 750 tonnes réalisés par Socarenam. Les deux premières unités (La Confiance et La Résolue) sont entrées en service en 2017 en Guyane, le troisième PLG allant être livré en 2019 pour renforcer les moyens navals aux Antilles.

Il est ensuite prévu de commander une série de patrouilleurs hauturiers métropolitains, qui ont vocation à succéder aux 9 anciens avisos du type A69 basés à Brest et Toulon, ainsi qu’aux 3 patrouilleurs de service public (PSP) stationnés à Cherbourg. La Loi de Programmation Militaire prévoit la construction de 10 nouveaux navires, dont les deux premiers doivent être livrés en 2024/2025, les autres avant 2030 (les derniers avisos doivent si possible tenir jusqu’en 2027). Plus gros que les POM, ces PHM devraient avoir une longueur de 80 à 90 mètres pour un déplacement compris entre 1000 et 1500 tonnes.

Jusqu’ici, il était question de réaliser une série homogène de 10 nouveaux patrouilleurs. Toutefois, apprend-t-on dans les coursives parisiennes, il est possible que cela change. Des réflexions seraient en effet en cours pour voir si ce second volet de l’ex-programme BATSIMAR ne pourrait finalement pas être lui-même scindé en deux.  Avec d’un côté une demi-douzaine de PHM tels que prévus, et de l’autre des bâtiments plus gros et plus armés, de la catégorie corvette, voire frégate légère, à l’image d’une « FTI light ».

Une option qui pourrait évidemment intéresser Naval Group sur le plan industriel, mais qui répondrait aussi à un vrai besoin opérationnel. Certains militaires souhaiteraient en effet disposer d’un nombre plus conséquent d’unités de combat, en particulier dans le domaine de la lutte anti-sous-marine. Alors que les PHM ne doivent pas être équipés de sonar, il apparait en effet que la flotte risque de manquer de plateformes dotées de ce type de systèmes, en particulier à Brest, où les vieux avisos ont conservé leur antenne de coque et contribuent toujours à la sûreté des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) aux côtés des frégates.  

L’idée de transformer une partie des PHM prévus en unités plus importantes peut aussi coïncider, avec l’adoption d’une plateforme modulaire plus ou moins équipée, avec le renouvellement, qui interviendra juste après, des six frégates de surveillance basées Outre-mer. Les Floréal doivent en effet être retirées du service à partir de 2030.

 

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