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Belharra : La nouvelle frégate de 4000 tonnes de DCNS

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Un nom et un design des plus originaux. C’est en référence à la fameuse vague basque Belharra, la plus grande d’Europe, que DCNS a décidé de baptiser sa nouvelle frégate, que nous vous présentons dès ce midi en détail et en exclusivité. Un modèle qui servira de base aux futures FTI de la Marine nationale, devant remplacer les cinq La Fayette à partir de 2023. Mais il s’agit aussi, et peut être surtout, d’enrichir l’offre du groupe naval à l’export avec un bâtiment plus adapté aux besoins du marché international, très dynamique actuellement sur le segment des bâtiments de taille intermédiaire entre la corvette et la frégate lourde, et intégrant dès l’origine une architecture adaptée à l’émergence de nouvelles technologies, comme la numérisation des bâtiments de combat.

Puissante dans tous les domaines de lutte

Très polyvalente, la nouvelle frégate de DCNS est une unité de premier rang compacte mais intégrant d’importantes capacités dans tous les domaines de lutte. Elle pourra notamment mettre en œuvre des missiles surface-air (Aster, VL Mica), de croisière (à l'export) et antinavire (Exocet MM40 Block3), de l’artillerie de 76 à 127mm, des affûts de petit calibre télé-opérés ou un système CIWS offrant une protection à 360 degrés contre les attaques asymétriques (il y aura d'ailleurs à bord un centre de défense à vue innovant chargé de gérer les menaces de proximité), des torpilles, un hélicoptère de 10 tonnes et des drones organiques à voilure fixe ou tournante. Ses moyens de lutte anti-sous-marine sont très développés. Ils comprennent notamment un sonar de coque et une antenne remorquée, avec au choix le Captas 2 ou la nouvelle version compacte du Captas 4. 

 

Le nouveau Captas 4 compact (© : THALES)

 

Dotée d’une propulsion de type CODAD, avec une puissance de 40 MW, la Belh@rra (le nom commercial comporte l'arobase) pourra offrir des vitesses maximales de 27 à 29 nœuds selon les modèles et disposera d’une autonomie de l’ordre de 5000 milles à 15 nœuds.

Une plateforme modulaire de 118 à 137 mètres

Déclinable en différentes versions de plateformes et d’équipements selon les besoins des clients, avec des modèles allant de 118 à 125 mètres pour les versions courtes et de 127 à 137 mètres pour la variantes longues, cette frégate modulaire pourra embarquer des modules de mission sous forme conteneurisée et intégrera de nombreuses innovations, comme un Central Opérations de nouvelle génération avec table tactique multi-missions, des capacités de mise en œuvre de plusieurs drones, une architecture informatique adaptée à la massification des données numériques, une maintenance connectée… 

Topside intégré avec antennes fixes

Si elle peut être proposée avec un radar tournant 3D, il s’agit également de la première frégate française conçue dès l’origine pour embarquer un topside intégré comprenant un radar à panneaux fixes et antennes actives, comme le Sea Fire de Thales. L’ensemble est intégré dans le Panoramic Surveillance Intelligence Module (PSIM), développé par DCNS et qui regroupe dans une même structure le mât avec l’essentiel des senseurs, ainsi que le Central Opération et les locaux techniques associés. Réalisé et intégré indépendamment de la construction de la plateforme, le PSIM pourra être connecté avant son embarquement à une Shore Integration Facility (SIF) afin de tester le système de combat et les senseurs. Ce concept, mis en œuvre sur les corvettes du type Gowind 2500, rend la réalisation et l’intégration des navires plus souple et offre d’appréciables gains de temps.

 

 

Intelligence embarquée

Nouvelle pièce centrale du portefeuille produits de DCNS, cette frégate présente selon ses concepteurs les atouts d’une solution modulaire, robuste, simple à l’usage et dotée d’une intelligence opérationnelle présentée comme inégalée sur le marché. De quoi, espère le groupe français, symboliser comme son nom le suggère une nouvelle vague sur la prochaine génération de bâtiments de surface.  

La Belh@rra intègre notamment les derniers développements de DCNS en termes de nouvelles architectures informatiques embarquées, d’où l’emploi de l’arobase dans son nom, symbole de l’ère numérique. Automatisation très poussée, réalité augmentée, écrans tactiles sans clavier…  Les navires de demain, opérés par la « génération Z », seront extrêmement numérisés, avec une omniprésence de systèmes connectés et interactifs, tant pour les opérations que pour la conduite de la plateforme et sa maintenance. Cela engendre de véritables défis dans l’intégration et l’évolutivité des nouvelles technologies, avec des cycles de mise à jour de plus en plus rapide, mais aussi en termes de gestion de l’énergie et d’augmentation significative des systèmes numériques embarqués et des flux de données. Dans cette perspective, DCNS a entrepris de regrouper toute l’informatique et les logiciels de systèmes aujourd’hui autonomes, comme le système de combat (CMS) et le système de management de plateforme (SMS), dans quelques « boites ». Celles-ci seront localisées à différents endroits du navire pour répondre aux impératifs de redondance et de résilience, tout en évitant une saturation de l’espace par la démultiplication des systèmes et réseaux.

Logées dans des locaux dédiés, physiquement sécurisés et étanches aux cyberattaques, ces « boites », qui permettront de rationaliser l’espace et les ressources, faciliteront aussi grandement l’intégration, la maintenance et les problématiques d’évolutivité des systèmes et plus globalement de plateformes sur tout leur cycle de vie.

 

 

I_maintenance

DCNS va d’ailleurs pouvoir déployer pleinement sur cette nouvelle plateforme son concept d’i_maintenance. Intégrée dès la phase de conception, la maintenance des futurs bâtiments sera basée sur des systèmes intelligents et des outils connectés, permettant à l’équipage de mieux gérer les pannes et effectuer facilement les mises à jour, avec comme objectif une disponibilité accrue. En plus d’une assistance à distance, une documentation interactive, des outils de réalité augmentée et des ateliers comprenant des imprimantes 3D pour la fabrication additive de pièces de rechange pourront être disponibles à bord. 

Simple à construire

Bien que conçue aux normes militaires, avec un niveau de survivabilité très élevé, on notera cette frégate, si elle se veut high-tech, a été pensée dès l’origine pour être facile à construire, dans la perspective de réalisations locales en transfert de technologie.

Sa capacité en personnel sera par ailleurs plus importante que sur les FREMM, afin de répondre au souhait de certaines marines pour lesquelles les équipages très réduits ne sont pas une priorité. Ainsi, la Belh@rra pourra accueillir de 130 à 145 personnes.

Ci-dessous la version française de la Belharra, connue sous le nom de FTI, avec seulement 16 cellules de lancement vertical pour missiles surface-air. 

 

La version française, future FTI (© : DCNS)

 

Naval Group (ex-DCNS) Marine nationale