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Exercice de survie sur un sous-marin nucléaire français

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Exercice de survie sur un sous-marin nucléaire français

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Posé sur le fond, sans possibilité de regagner la surface. C’est le scénario qui servira de trame, demain, à un exercice de survie en grandeur nature, réalisé dans la base navale de Toulon. Exercice international, Survivex 2006 permet d’utiliser réellement le matériel de survie destiné aux submersibles. Le sous-marin nucléaire d’attaque Améthyste jouera le rôle de navire en difficulté : « Aujourd’hui, la conception des SNA et l’entraînement des équipages à la sécurité-plongée rendent hautement improbable une fortune de mer conduisant à une situation de détresse avec le sous-marin posé sur le fond. Toutefois, la sécurité impose de faire l’hypothèse qu’une telle situation est possible, et qu’il faut donner aux équipages les moyens de réagir correctement, de durer et d’attendre les secours avant d’évacuer le sous-marin », souligne la préfecture maritime de la Méditerranée. En situation de détresse, d’interminables heures s’écoulent entre l’accident et l’arrivée des moyens de sauvetage. Ce délai, dans le concept OTAN, est fixé à 7 jours. C’est cette attente et sa gestion que Survivex doit faire vivre à l’équipage. Demain à 18 h 00, 63 sous-mariniers seront placés en condition de survie dans la zone avant de l’Améthyste. Les panneaux seront fermés, la ventilation arrêtée, l’éclairage et le courant coupés. Pendant les premières 48 heures, ils devront utiliser le matériel de survie pour conserver une atmosphère respirable, se nourrir, boire, et se protéger du froid.

Deux jours sans électricité ni accès à l'extérieur

Deux jours plus tard, soit vendredi soir, une unité de la marine, le CEPHISMER, spécialiste de la ventilation par l’extérieur des sous-marins en détresse, viendra brancher son installation de ventilation et débutera le renouvellement de l’air intérieur du SNA. Cette phase durera 18 heures. L’atmosphère à l’intérieur de l'Améthyste redeviendra progressivement identique à l’air extérieur. L’exercice doit s’achever samedi, avec le retour à l’air libre des marins. « En France, nos sous-mariniers reçoivent une formation théorique à la survie dispensée à chaque période d’entraînement. Il est important qu’ils puissent mettre en application la théorie. C’est déjà le cas lors d’exercices élémentaires à la mer, programmés en période de remise en condition, où l’on met en place l’organisation survie et les procédures. L’exercice Survivex 2006 représente, quant à lui, une opportunité exceptionnelle pour utiliser réellement le matériel de survie ». En France, le dernier exercice du genre remonte à 1991. Il avait été mené sur l’Agosta, qui faisait alors partie de l’escadrille des sous-marins de l’Atlantique (ESMAT), basée à Lorient. De nombreux pays participent à ce programme d’entraînement, mettant en commun leurs expériences, leurs matériels et leurs procédures de survie. C’est le cas des Etats-Unis, de l’Espagne et de l’Italie. Jusqu’ici, les USA disposaient des submersibles de sauvetage Avalon et Mystic (DSRV), mais ces engins ont été vendus à l’Inde et remplacés par le Submarine Rescue Diving and Recompressing System (SRDRS). Ce dispositif se compose, notamment, de caissons de décompression et d’engins sous-marins d’une capacité de douze personnes. A noter que l’OTAN développe également un véhicule de sauvetage, le Nato Submarine Rescue System (NSRS).
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Voir la fiche technique des SNA du type Rubis

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