Marine Marchande
Exercice maritime : Le Fromveur évacué ce mardi

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Exercice maritime : Le Fromveur évacué ce mardi

Marine Marchande

Le prochain exercice majeur de sauvetage maritime (Orsec) sur la façade atlantique est programmé ce mardi, dans le secteur d'Ouessant. Le navire à passagers Fromveur II, qui assure la liaison entre les îles du Ponant et le continent, servira de navire à évacuer.

Quel intérêt de reproduire l'évacuation d'un navire qui a déjà connu ça, dans le secteur, il y a deux ans ?

Louis-Xavier Renaux, porte-parole du préfet maritime de l'Atlantique : « L'accident d'il y a deux ans montre que ce scénario est tout à fait réaliste. Il fallait trouver à Brest un bateau et un programme qui correspondent à la réalité ».

Si l'on reproduit ce genre d'exercice, faut-il en déduire que le risque est bien plus important pour les navires de transport côtier ?

« Effectivement, les statistiques sont sans appel. Les accidents de  mer sont bien plus fréquents sur les liaisons interîles. Les risques sont plus importants, les bateaux sont bien plus vulnérables en raison de leur taille ».

Est-ce intéressant de rejouer l'évacuation de 130 personnes contre 361 en septembre 2013, à bord de ce même navire ?

« Pour l'exercice de mardi, ce n'est pas le nombre de passagers à évacuer qui importe mais bien la  chaîne de secours et l'organisation complexe qui en découlent. Nous allons activer un plan Orsec qui a été refondu cette année. Il ne faut pas oublier non plus que les acteurs du secours et du sauvetage changent régulièrement ».

 



Tant qu'à déployer autant de moyens (15 navires) et de personnes (400), pourquoi ne pas faire appel à une unité de plus grosse capacité ?

« C'est une question de coût d'immobilisation du navire et de la difficulté de trouver une compagnie qui accepte de mettre à disposition gracieusement un de ses navires ainsi que son équipage ».

Quel est le coût d'un tel exercice en mer ?

« Il n'est pas si élevé que cela. Les dépenses entrent dans le fonctionnement classique d'entraînement. Que la SNSM, la Marine ou le Samu s'entraîne dans son coin ou sur ce genre d'opération, cela ne change rien aux frais d'emploi d'entraînements programmés ».

On peut tout même chiffrer la mise à disposition des navires, des hélicos et la remise en condition des radeaux qui seront percutés...

« De toute façon, les équipages ont besoin de s'entraîner. Et ce ne sont pas les frais de remise en condition du ou des radeaux percutés ce jour-là qui mettront en danger les finances des intervenants ».

La météo ne s'annonce pas favorable demain. Jusqu'à quelle force de vent pouvez-vous prendre le risque de maintenir une telle évacuation en mer ?

« L'organisateur se fixera une limite de vent. Cela ne sert à rien de prendre des risques et de mettre en dangers des vies humaines pour ce qui reste un exercice. On nous reproche parfois de faire ces exercices dans les meilleures conditions. Mais comment pourrait-il en être autrement ? ».

L'une des préoccupations du préfet maritime concerne la prise en charge des milliers de passagers à bord des paquebots et ferries de grande capacité. Que fait-il pour tenter de résoudre cette difficile équation ?

« Il s'agit d'une tout autre problématique avec une autre chaîne d'intervention. En cas de problème majeur sur un gros ferry ou paquebot, il mettrait tout en oeuvre pour ramener le navire au port ou le plus près de la côte, avant d'engager  d'éventuelles opérations d'évacuation. D'autres moyens de secours nationaux et européens seraient déployés autour de ce navire ».

À quand un exercice de cette dimension ?

« Il faut trouver la compagnie qui accepte ou trouver les moyens de financer un tel exercice, ce qui, dans le contexte actuel, n'est pas exactement à l'ordre du jour ».


Interview réalisée par la rédaction du Télégramme

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