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Fabienne, femme pêcheur depuis 12 ans

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Fabienne, femme pêcheur depuis 12 ans

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« La première fois qu'ils m'ont vue arriver, les pêcheurs du port ont dû se dire : " On verra combien de temps elle tiendra... " ». Douze ans plus tard, Fabienne Postic, 54 ans, est toujours là, tous les matins, à 5 h 15, au port du Diben (Finistère), prête à embarquer sur l'Océanide avec son mari, Serge, 55 ans.

« Chacun son rôle »

À bord, leur organisation est bien huilée. Serge est à la barre et sort les casiers de l'eau. Fabienne récupère les homards ou les crabes et, munie de sa règle, fait le tri entre ce qu'ils peuvent garder ou non. « Sous 87 mm, on les remet systématiquement à l'eau. C'est important pour la gestion de la ressource. En faisant ça, on assure la survie de ce que l'on pêche et, donc, de notre métier ». Dans la foulée, elle réinstalle les appâts dans des casiers qu'elle remet à l'eau, au signal de Serge. Ces gestes, ils les répéteront des dizaines de fois, jusqu'à midi environ. Les produits rejoindront ensuite les criées de la région. « Chacun a son rôle. On sait ce qu'on doit faire et à quel moment. D'ailleurs, on se parle très peu pendant les manoeuvres. Il faut rester concentré pour éviter l'accident », raconte Fabienne qui a décidé de devenir pêcheur alors qu'elle était au chômage, après plusieurs autres boulots, mais pas dans le milieu.

Diplômée

Elle avait alors 42 ans, leurs trois enfants étaient grands. « C'est Serge qui m'a convaincue. Même si je ne viens pas d'une famille de marins, comme lui, je l'accompagnais déjà un peu en mer. Mais j'ai voulu officialiser en passant les diplômes. » En 2003, la première étape a été l'obtention du CIN (Certificat d'initiation nautique) qui permet de devenir matelot à bord d'un navire de pêche. Puis, ce sera le lycée maritime de Paimpol. Le couple a également suivi une formation de plongée, pour les ormeaux, dont ils ont une licence de pêche. « Travailler avec mon mari, c'est idéal. J'avoue que je n'aurais pas pu aller sur un gros caseyeur avec cinq autres gars à bord... », confie Fabienne.

« Nous sommes libres ! »

« Je ne regrette absolument pas mon choix ! On est dehors, à l'air libre. Avec des paysages magnifiques dont je ne me lasse pas », confie-t-elle en s'émerveillant encore de l'apparition du soleil, au petit matin. « L'hiver, quand on sort moins en mer, je fais de la zumba. Mais, à la grosse saison, entre février et juillet, je dis à mes copines que c'est sur le bateau que je fais du sport ! », rigole celle qui n'a pas laissé sa féminité à quai. « Il y a des matins, quand le temps n'est pas terrible, on se retrouve, tous les pêcheurs, au port, à se demander si on va y aller. Je leur rappelle souvent qu'on a de la chance. Certes, le métier est dur mais c'est nous qui décidons. Nous sommes libres », lance celle qui est l'une des seules femmes pêcheurs de la région de Morlaix.

« Je reste une femme ! »

Et le gros temps, justement, ça ne lui fait pas trop peur ? « Peur ? Non ! Mais il y a certains jours où, il faut l'avouer, ce n'est pas facile. Serge, lui, ça ne lui fait rien. Moi, parfois, ça me remue un peu. Je reste une femme ! Mais je prends sur moi. Et Serge reste toujours très attentif ».

Un article de la rédaction du Télégramme

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