Défense
Face aux menaces, la Marine relève son niveau d’entrainement

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Face aux menaces, la Marine relève son niveau d’entrainement

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En décembre, la marine française a organisé pendant deux semaines un nouvel exercice multi-luttes de haut niveau dans un cadre interarmées et avec la participation de moyens étrangers. « ZEST », c’est son nom, illustre l’évolution des entrainements de Marine nationale vers un modèle plus musclé, pour tenir compte d’un accroissement sensible des menaces dans le milieu maritime. Objectif : mieux préparer les forces à des interventions dans des zones de plus en plus « contestées », soumises à différentes formes de brouillage, voire de cyber-attaques, et globalement, en toile de fond, un retour possible à des conflits de haute intensité dans les années qui viennent. Car une longue période de relative sécurité sur les océans après la chute de l’URSS, les océans sont redevenus un espace de dangers. « Ce qui change radicalement pour nous, c’est le grand retour de l’usage stratégique de la mer. Nous nous trouvons dans un nouveau cycle géopolitique qui fait de la mer une zone de frictions, de démonstrations de puissance et demain, sans doute, d’affrontements », a redit le 14 octobre dernier, aux députés de la commission de la Défense et des forces armées de l’Assemblée nationale, l’amiral Pierre Vandier, chef d’état-major de la Marine nationale. Et la menace est aujourd’hui polymorphe, allant des attaques terroristes contre des bâtiments militaires ou navires de commerce, à la militarisation galopante des océans et des littoraux, soutenue par le développement et la dissémination de nouvelles technologies qui remettent en cause la supériorité traditionnelle des flottes occidentales.

« Tester notre capacité de résilience face à des scénarios très avancés »

Répondre à ces menaces passe par le renouvellement des marines avec des équipements modernes et adaptés à ce nouveau contexte. Mais aussi par un entrainement accru des hommes et femmes qui les mettent en œuvre. « Déployées sur toutes les mers du globe, les unités de la Marine nationale sont amenées à faire face à un large et évolutif spectre de menaces. Dans ce contexte, ZEST est constitué d’entraînements multi-luttes, complexes, intenses et réalistes, visant à entraîner les forces à opérer sur tous les théâtres où elles sont déployées, quelles que soient les menaces qui y pèsent. Ce type d’exercice permet de maintenir au plus haut niveau l’entraînement des équipages, de préparer les unités au combat de haute intensité et de contribuer à la réflexion doctrinale. Inter-organique, interarmées et interallié, il contribue à l’interopérabilité et permet l’échange de pratiques et le partage de savoir-faire », explique le ministère des Armées.

Du côté des marins, qui vivent ces dernières années, au fil des déploiements, la dégradation de la situation sécuritaire en mer, la mise en place de ces nouvelles manœuvres était très attendue : « ZEST préfigure les gros exercices que nous devrions avoir à l’avenir. On se rend bien compte que la situation internationale devient de plus en plus conflictuelle et que nous nous devons d’être au rendez-vous si nécessaire. Avec des entrainements multi-domaines mobilisant d’importants moyens et mêlant de la lutte anti-aérienne, antinavire et anti-sous-marine, de la guerre électronique et du cyber, on peut jouer des situations plus complexes permettant de tester notre capacité de résilience face à des scénarios très avancés. Mettre par exemple en œuvre les domaines traditionnels de lutte dans un environnement GE avec du brouillage large spectre, et une menace cyber qui empêche d’utiliser certains systèmes informatiques, c’est ce que l’on anticipe comme entrainement de demain pour la guerre de demain », explique à Mer et Marine le capitaine de vaisseau Marc Bourdilleau, chef de la division Entrainement/Préparation opérationnelle de la force de l’aéronautique

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